Uru : Ages beyond Myst

26 janv. 2004
Testé par sur
3
  • Éditeur Ubisoft
  • Développeur Cyan
  • Sortie initiale 13 novembre 2003
  • Genres Massively Multiplayer Online, Rôle

Slideshow vaguement interactif pour les uns, dinosaure d'un genre (le jeu d'aventure, section énigmes) qui disparaît peu à peu pour d'autres, la série des Myst s'est pourtant vendue à près de 10 millions d'exemplaire de part le monde depuis près de 10 ans. Suite d'un Exile décevant, Uru tente d'innover sur quelques points et ainsi de relancer la machine D'ni.

Pas étonnant que le multi soit en retard si les développeurs font du tourisme

Uru, genèse d’un lancement chaotique

Au terme du développement de Riven, second tome de la série, son créateur Rand Miller a l'idée qui révolutionnera sa série sans toutefois bouleverser les fondations créées dans Myst. Exile se développera donc en grande partie sans lui, tandis qu'Uru intriguera dès son annonce, par son intention affichée d'être jouable en multi comme par la décision d'utiliser une véritable 3D. Aujourd'hui, Uru : Ages Beyond Myst est terminé et son mode multijoueur finalement annulé au terme de période de test devant le peu d'intérêt manifesté par les acheteurs pour la période d'essai pourtant gratuite. Heureusement, Uru dispose d'un mode solo, à la base véritable tutorial qui devrait permettre de se familiariser avec les nouveaux aspects de ce quatrième épisode, à l'arrivée véritable bouée de sauvetage du titre.

Ca c'est un chef, ça bouquine à l'ombre et vous envoie faire les corvées...

Ind'ni et la dernière croisade

L'aventure commence au pied d'un volcan en plein désert, dans une faille qui rappellera quelque chose aux fans de la série. Une fondation effectue des fouilles dans cette zone pour percer les secrets de la culture D'ni et lui rendre sa grandeur passée. Quelques petites énigmes basiques vous permettent d'entendre le message laissé à votre attention par Yeesha, fille d'Atrus et de Catherine (des personnages que les amateurs de la série reconnaîtront) et qui pose le but du jeu : découvrir sur chacun des mondes (les Ages) qui vous attendent des morceaux de tapisserie (des voyages en langue D'ni) qu'il vous faudra réunir. Chacun des mondes dans lequel le jeu vous plonge est complètement différent des autres, dans son fonctionnement comme dans ses énigmes. Ainsi Kadish Tolesa vous propose une succession d'énigmes basées sur l'observation et la compréhension des quelques indices réunis au début de l'Age alors que Eder Gira joue plus sur la physique et un bon contrôle de votre personnage.

Qui a dit qu'Uru ne savait pas être majestueux ?

Beau comme une image fixe

Le changement le plus visible est certainement l'utilisation d'un véritable moteur 3D. Si ce changement n'est pas exempt de défauts, il n'altère en rien la qualité graphique du jeu. Ciel magnifique dans le désert, jeux de lumière très convainquant, chaque âge traversé se révèle un plaisir pour les yeux, chacun possédant sa propre patte graphique. Le joueur se trouve ainsi assez vite absorbé par certains décors reflétant à merveille la grandeur de la civilisation disparue de D'ni. Toutefois, cette beauté cache parfois assez mal l'aspect statique de plusieurs environnements. Certes, on aperçoit parfois des oiseaux dans le ciel, certes des jets de vapeur s'élève parfois du sol mais l'ensemble reste souvent désert, attendant que le joueur apporte un peu d'animation dans ce monde endormi. Ce changement graphique s'accompagne d'un moteur physique de qualité dont le principal défaut est d'être ici affreusement sous exploité puisqu'il n'est réellement utile que dans un seul des âges pour l'instant disponible.

En vue de dos, la caméra se place parfois dans un angle plutôt réduit

Mais maniable comme une baignoire

La délicate question de la maniabilité d'un jeu d'aventure lors du passage de la deuxième à la troisième dimension se fait à nouveau sentir dans Uru. Et malheureusement pour celui-ci, le résultat est loin d'être à la hauteur, surtout si l'on s'imagine des déplacements dans des mondes remplis d'autres joueurs. Malgré les deux vues proposées (première et troisième personne) et les modes de déplacement possibles (du peu précis contrôle à la souris au couple clavier/souris), on se retrouve devant une maniabilité hasardeuse accentué par les passages un peu plus plate-forme que l'on retrouve ici et là. Pas de panique, Uru n'est pas devenu un clone de Tomb Raider, les difficultés se résument souvent à des sauts ou des passages sur des chemins étroits, et la mort ne vous attend pas au détour d'une chute, l'instinct de survie de votre personnage le ramenant dans votre âge personnel. Au final, Uru se révèle plus un jeu d'exploration à énigmes qu'un jeu d'aventure dans le sens le plus classique du terme.

Un voyage, également point de sauvegarde fixe

Diverses autres contrariétés

Malheureusement pour lui, Uru aligne quelques autres défauts. L'un des plus important se situe du côté de la sauvegarde, qu'il vous sera impossible de faire quand bon vous semble. Officiellement, le jeu effectue une sauvegarde à chaque changement apporté au monde, et vous ramène dans votre âge lorsque vous revenez au jeu. Si le principe n'est à première vue pas trop gênant, il apparaît très lourd à l'usage lorsqu'on s'aperçoit que les voyages que l'on vous demande de retrouver sont parfois dissimulés derrière les portes. A vous donc de fermer chaque porte que vous ouvrirez, ce qui vous obligera parfois à recommencer une énigme déjà résolue dans le seul but de rouvrir la porte. Charmant et vite lassant, surtout lorsque l'énigme demande de grands déplacements. La musique (d'excellente facture, les amateurs apprécieront la participation de Peter Gabriel) souffre elle aussi de quelques bugs, comme l'absence totale de son suivi par une musique parfaitement audible alors que vous n'avez fait qu'un pas et qu'aucun obstacle ne se trouvait sur votre route.
Les Plus
  • Les graphismes et le travail visuel sur les mondes
  • Les 4 Ages accessibles librement
Les Moins
  • L'ergonomie dans les déplacements
  • La sauvegarde automatique et uniquement automatique
Résultat

Devant l'impossibilité de tester le mode multijoueur, il est plus que compliqué de déterminer si Uru : Ages Beyond Myst atteint ses objectifs et tient ses promesses. Le jeu solo se révèle finalement fort court et les plus assidus (ou ceux à qui Riven avait donné de nombreux maux de tête) le finiront en moins d'une semaine pour autant que l'ergonomie délicate du jeu ne les décourage pas plus tôt. Les autres retrouveront des énigmes globalement plus simples (quoique pas toujours d'une logique à toutes épreuves), variées et un monde enchanteur auquel il faudra accorder beaucoup de temps pour l'exploration et la lecture pour une immersion vraiment réussie.