Metal Gear Solid s'infiltre avec brio sur 3DS

19 mars 2012
Testé par sur
Disponible sur
4
  • Éditeur Konami
  • Développeur Konami
  • Sortie initiale 8 mars 2012
  • Genre Action

Metal Gear Solid 3 : Snake Eater 3D prouve que les chefs d'oeuvre sont intemporels. Près de sept ans après sa sortie sur PlayStation 3, le jeu de Konami reste une pépite. Certes, certaines choses ont vieilli (l'I.A. par exemple) mais ce n'est rien en comparaison du reste. Entre le scénario digne des meilleurs films et les ambitions si prononcées de ce volet, Metal Gear Solid 3 : Snake Eater 3D reste une expérience de grande classe. Et que dire de tous ces moments d'anthologies (à commencer par les boss tous plus réussis les uns que les autres) ou de cette 3D d'excellente facture ? Non, franchement, si vous n'avez pas encore eu l'occasion de vivre cette aventure aussi palpitante qu'intelligente, vous savez ce qu'il vous reste à faire.

Considéré par beaucoup comme le meilleur épisode de la série, Metal Gear Solid 3 : Snake Eater débarque sur 3DS. Il faut dire que le jeu d'Hideo Kojima était particulièrement ambitieux en son temps, en 2005, et bien des jeux actuels ont du mal à aligner les idées comme le "mangeur de serpent" l'a fait. Mais qu'en est-il réellement de cette version 3DS promettant une refonte graphique ainsi qu'une 3D digne de ce nom ?

Un scénario inoubliable

Metal Gear Solid 3 vous raconte l'histoire de Big Boss.
Derrière son nom digne d'un James Bond, Snake Eater cache un scénario tout bonnement mémorable. L'histoire se déroule en pleine Guerre Froide, plus précisément en 1964. Les États-Unis et l'U.R.S.S. poursuivent leur course à l'armement débutée après la Seconde Guerre mondiale. Le symbole de ce bras de fer ? Sokolov, un ingénieur russe particulièrement brillant. Conscient du danger que lui et ses recherches représentaient, le chercheur a négocié sa fuite vers les États-Unis quelques années plus tôt. Toutefois, la crise de Cuba a nécessité certaines concessions et c'est ainsi que, contre son grès, Sokolov a été livré à l'U.R.S.S. par le président Kennedy. Deux ans ont passé et la CIA décide d'envoyer un homme, Naked Snake, récupérer Sokolov. Hélas, cette tentative fût un cuisant échec : alors qu'il était près du but, Snake s'est vu trahi par The Boss, la femme qu'il considérait comme son mentor. Tournant le dos à sa patrie, The Boss livre Sokolov au colonel Volgin, rival du président Khrouchtchev. Snake appris néanmoins plusieurs choses importantes, comme le fait que Volgin développait une arme nucléaire du nom de Shagohod. Quelques jours plus tard, notre agent est renvoyé en Russie pour libérer le scientifique, détruire l'arme nucléaire et tuer celle qu'il compare encore à une mère : The Boss. L'histoire de Metal Gear Solid 3 est un pur bijoux. Dépeignant un monde où le nucléaire est au centre des enjeux et des peurs, le scénario multiplie les passages aussi justes que mémorables. C'est d'ailleurs grâce à la justesse de son propos que Snake Eater marque les esprits, le jeu ne tombant jamais dans le cliché injustifié. Du grand art.

Une utilisation de la 3D classe et intelligente

Certains plans semblent avoir été pensés pour la 3D.
La 3D était logiquement au centre de préoccupations concernant ce Metal Gear Solid 3 : Snake Eater 3D. Et on ne peut pas dire que nous soyons déçu. Ainsi, la mise en scène de Snake Eater se prête bien à l'utilisation de la 3D. Certaines scènes cinématiques (comme lorsque Snake jette son cigare sur l'écran ou lorsqu'Eva surgit en moto) sont parfaitement adaptées à l'artifice visuel. De même, des boss comme The Pain ou The Fear sont particulièrement impressionnants, l'un en raison de ses frelons et l'autre grâce à ses flammes destructrices. Mais la 3D ne se limite pas aux scènes cinématiques. De ce fait, les décors en extérieur sont particulièrement convaincants, l'herbe entourant Snake donnant vraiment la sensation d'être camouflé dans les feuillages. Si la 3D est excellente, il faut également noter une utilisation ingénieuse de la 2D. Cette dernière est présente dans les images "d'archive", mais aussi lorsque Snake vise à la première personne. Une idée très intéressante pour simuler la "mise au point" sur une cible. Enfin, disons quelques mots sur l'aspect général de cette version 3DS. Celle-ci se situe à mi-chemin entre les versions PS2 et HD. Un constat surtout visible sur les visages, plus détaillés. Bien sûr, la 3D étire les textures et le lifting effectué sur cette mouture s'avère logiquement moins percutant une fois celle-ci activée. Bien que certains se plaindront du prix en comparaison de la compilation HD sortie récemment, rappelons que cette version 3DS est à la hauteur des capacités de son support, ce qui d'office justifie son tarif.

Des mécaniques au sérum lift extrem

Le camouflage est l'un des points marquants de cet épisode.
Aussi réussie soit-elle, la technique ne fait pas tout. Datant de 2005, on pouvait se demander si le titre d'Hideo Kojima avait subit le poids des ans sur le plan ludique. Aussi étrange que cela puisse paraître, Metal Gear Solid 3 : Snake Eater 3D conserve l'amusement d'antan. Il faut dire qu'à l'inverse de Metal Gear Solid 4, ce troisième volet reste un modèle de compromis entre cinématiques et phases de jeu. Très soutenu, le rythme passe du gameplay à la narration avec brio. Reprenant le concept d'infiltration des précédents volets, Snake Eater a porté celui-ci à son paroxysme, et ce grâce à la notion de survie. En effet, Snake est obligé de chasser et manger ce qu'il trouve dans la jungle (oiseaux, crabes, serpents, etc.) sous peine de voir ses capacités physiques amoindries. Pour se dissimuler dans les environnements, notre héros a désormais la possibilité d'endosser des tenues de camouflages particulièrement variées. A ce sujet, la version 3DS permet de créer ses propres tenues en prenant des photos. Inutile de vous dire que, rien que par ces notions de survie et de camouflage, Snake Eater reste une expérience singulière. Ces ambitions de gameplay associées à celles d'ordre narratif permettent de se rendre compte que, même en 2012, il est rare de voir des jeux si ambitieux réussir leur pari.

Pad circulaire ou non ?

Le gyroscope permet de rester en équilibre sur certaines plates-formes.
L'ergonomie de la 3DS constituait l'autre grosse interrogation de cette adaptation. En réalité, on retrouve sans grande surprise la maniabilité des volets sortis sur PSP : vous dirigez Snake avec le stick analogique tandis que la caméra est contrôlée à l'aide des boutons. Une maniabilité qui demandera un petit temps d'adaptation aux néophytes mais qui se révèle loin d'être injouable (contrairement à ce que certains laissent croire). A ce sujet, et contrairement à ce qui avait pu être observé sur Resident Evil : Revelations, le pad circulaire 3DS est assez dispensable. Bien que l'apport d'un autre stick soit appréciable, les gâchettes du socle s'avèrent assez peu ergonomiques pour le titre que nous avons ici. Le gameplay au bouton n'étant qu'une question d'adaptation, on ne saurait que trop vous conseiller de conserver les 20 euros que coûte l'achat de l'accessoire. Un conseil d'autant plus avisé que l'intelligence artificielle des gardes reste au raz des pâquerettes, même si on peut légitimement voir là dedans l'un des plaisir ludique de la franchise (un peu comme les adversaires idiots de Dynasty Warriors). Finalement, le seul petit couac de ce Metal Gear Solid 3 : Snake Eater 3D, c'est l'absence des quelques bonus présents dans la version d'origine, comme le mode multijoueur et, surtout, le mode Theater permettant de revoir les cinématique.
Les Plus
  • Un des meilleurs scénarios conçus à ce jour
  • Un rythme maîtrisé de bout en bout
  • MGS 3 partout
  • De la 3D qui claque
  • Un jeu qui a finalement bien vieilli
  • Des moments d'anthologie, les boss en tête
  • Une maniabilité plutôt bonne compte tenu du support
  • Une aventure de 15 heures, ça se fait rare de nos jours
Les Moins
  • Il manque quelques bonus de la version d'origine
  • A moins d'avoir l'édition HD collection, rien d'autre