King Arthur : les Fallens Champions ne se relèveront pas

16 nov. 2011
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Si l'idée du mélange jeu de stratégie/jeu de rôle vintage pouvait sourire au vétérans de l'Amstrad, le résultat final est assez décevant. Les trailers laissaient entrevoir un jeu épique et très beau, au final c'est un peu soporifique, et ce ne sera beau que si vous disposez d'un PC d'au moins 3000 euros. L'avantage, c'est que tant qu'à dormir un peu, l'ambiance musicale, encore une fois intime et épique, vous bercera pendant des heures. Dommage, car avec tout le travail artistique - design des unités, des personnages, éléments de décor - King Arthur : Fallen Champions avait un potentiel intéressant qui restera inexploité. Encore un diamant resté à l'état de charbon.

Paradox Interactive nous sort le grand jeu en tentant de s’immiscer dans le marché des RTS d'envergure avec d'immenses cartes, des unités mythologiques, une légende semi-arthurienne et de la musique celtique. Le tout conduit par LA surprise de ces cinq dernières années : un jeu de rôle en mode texte, comme un bon vieux Necromancer à l'époque de l'Amstrad CPC 6128... Lifting réussi à la Raquel Welch ou plutôt la Baronne Brandstetter ?

Un aventure en mode texte, l'idée en 2011 parraissait culotée, mais pas ininterressante.

Les Champions se relèvent...

King Arthur : Fallen Champions met en scène le destin de trois héros, trois trame scénaristique et trois armées particulières, et propose de démêler leurs histoires personnelles jusqu'à la rouste finale où les trois se retrouveront. Parmi ces héros, un humain, genre héros de légende Arthurienne accompagné de ses soldats de pied, une espèce de valkyrie, guerrière mystique couplée à des êtres mythologiques, et une shaman, appuyé par des esprits et de la magie. Le plus frappant de ce titre, c'est la narration, à l'ancienne. Des modes textes, à la façon du livre dont vous êtes le héros. Retour 30 ans en arrière au moins. Ce petit clin d’œil aurait pu être une source de bonheur pour tous les petits nostalgiques des jeux à l'ancienne, à l'époque où tout était mieux. Mais pour cela, un petit lifting aurait quand même pu être de mise. Les textes auraient pu être lu par un acteur, les illustration à chaque paragraphe de texte mieux fait, et le travail sur le réseau de choix multiples plus complexe. Car là, de livre dont vous êtes le héros, vous en serez plutôt le poireau. Les choix se présentent mais tournent en rond, reviennent en arrière jusqu'à ce que vous ayez choisi la bonne trame, celle vous vous conduit à la bataille prévue par le scénario. La possibilité de pouvoir déboucher sur différentes possibilités aurait ajouter grandement à la durée de vie, obligeant à refaire le jeu pour voir les différents chemins possibles. Au lieu de cela, vous écumez les différents choix pour retomber en arrière dès que vous avez fait le mauvais. Très rétro, mais surtout très lourd comme mode de narration. Reste le plaisir des oreilles, car l'ambiance sonore est de manière générale très réussie et la musique pendant les phases de narration est de toute beauté.

Même en montant les options à fond, les soldats et autres archers sont loin d'être magnifiques.

... pour mieux retourner se coucher

Lorsque vous n'êtes pas en train de lire, souvent plusieurs fois, les mêmes paragraphes, vous dirigerez des unités contre d'autres unités sur des grandes cartes. A la manière d'un Total War ou d'un Kessen, vous contrôlez vos unités avec leurs caractéristiques propres, et votre héros, avec sa suite, qui disposera toujours de compétences spéciales pour faire pencher la balance de votre côté. La campagne elle-même est composée d'unité toutes faites, avec la possibilité d'équiper des compétences et des objets à votre héros, à adapter pour lui selon la mission. Les choix sont au final assez limité. Pour la bataille elle-même, de grandes cartes, des objectifs classiques : battre l'adversaire, tenir un point précis, etc. Bref, que du classique. Quelques paramètres un peu plus variés, comme tenir compte de la journée pour ne pas que vos fantômes de brûlent à la lumière du jour. Ces batailles, affichant aussi une certaine nostalgie pour les vieux RTS, pourraient être sympathiques si la réalisation était à la hauteur. Censé être beau, la gourmandise indue par la programmation du titre poussera votre carte graphique dans se derniers retranchements. Il est triste qu'un PC qui fait tourner Battlefield 3 ou The Elder Scrolls V : Skyrim presque à fond doive faire tourner King Arthur : Fallen Champions avec une résolution de 1200*800, options au minimum, pour obtenir un jeu qui affiche toujours un nombre de fps restreint. Juste dommage, car cela ferme le titre à de nombreux joueurs, et franchement, admettez que cela montre un manque de travail d'optimisation et de considération du joueur, surtout des plus modestes.
Les Plus
  • Des musiques envoûtantes
  • Un design général des unités et des personnages classe
  • Des bruitages plutôt bien faits
Les Moins
  • Très poussif, même sur une configuration correcte
  • Une quête en mode texte vintage mais finalement très dirigée et peu passionnante
  • Répétitif malgré les scénarios