Vous auriez Thor de bouder Marvel VS Capcom 3

08 mars 2011
Testé par sur
Disponible sur
3
  • Éditeur Capcom
  • Développeur Capcom
  • Sortie initiale 18 février 2011
  • Genre Combat

Fidèle à la tradition de la licence, Marvel VS Capcom 3 est un immense défouloir visuel et sonore qui propose un gameplay à la fois très accessible et assez profond. Avec son casting appréciable, son dynamisme hors-pair et sa réalisation solide, le titre de Capcom promet de belles esclaffées en soirée. Dommage que le mode on-line souffre de nombreux soucis d'ergonomie et que la sempiternelle carotte des DLC soient de la partie sans quoi c'était presque un sans faute. Reste plus qu'à prier maintenant pour que le prochain revival de série soit celui de Darkstalkers...

Au royaume des jeux de combat faisant dans la démesure, Marvel vs Capcom (MvC) a toujours été roi. Annoncé pour la première fois au Capcom's Captivate à Hawaï en avril dernier, Marvel VS Capcom 3 est désormais bien réel pour les joueurs. Débauche graphique et sonore de tous les instants, gameplay accessible au plus grand nombre, combos démentiels : autant d'éléments qui ont su imposer la licence surtout aux États-Unis et en Occident. Onze ans après Marvel vs Capcom 2 : New Age of Heroes, est-il toujours aussi grisant de griffer Chun-Li avec Wolverine ?

Gouki (Akuma chez nous) fait partie des 4 personnages de Street Fighter présents.

Le pic de Dante

Marvel VS Capcom 3, c'est un peu l'aboutissement d'une série qui n'a pas commencé en tant que cross-over entre les deux grandes enseignes. En effet, fin 1996 le projet X-Men vs Street Fighter débarquait dans les salles enfumées japonaises, suivi l'année suivante par Marvel Super Heroes vs Street Fighter. Il faut attendre 1998 en arcade pour que Marvel vs Capcom premier du nom arrive. La licence n'a eu cesse d'étoffer son gameplay et d'enrichir son casting depuis. Et avec ce troisième épisode, c'est le Capcom de ces quinze dernières années qui est à l'honneur.

Pas moins de 36 personnages sont au rendez-vous, sachant que quatre d'entre eux se débloquent rapidement. Un nombre qui peut paraître ridicule comparé au roster extrêmement fourni de Marvel vs Capcom 2, mais le producteur/directeur Ryota Niitsuma et son équipe ont opté pour un meilleur équilibre de jeu, ce qui se traduit forcément par un casting plus réduit. Ce dernier s'avère relativement hétéroclite. Il y en aura toujours pour pleurer l'absence de leurs héros favoris, mais en l'état, difficile de faire la fine bouche tant les personnages sont variés aussi bien en terme d'origine qu'en terme visuel. Du côté de Capcom, les personnages les plus récents (la déesse louve d'Okami Amaterasu, C.Viper de Super Street Fighter 4 ou Dante de Devil May Cry) côtoient d'autres figures emblématiques de la marque comme Arthur de Ghost 'n Goblins ou Haggar du mythique Final Fight. Même politique dans le clan Marvel puisque des valeurs sûres comme Wolverine et Spiderman se partagent les rôles avec des nouveaux venus tels que Deadpool de X-Men, Super-Skrull de Fantastic Four, Dormammu de Doctor Strange ou bien encore l'imposant M.O.D.O.K. tiré de The Avengers.

Sur le plan graphique, le titre remplit pleinement son contrat. Les premières images du jeu paraissaient un brin kitsch, mais une fois le stick en main dur de ne pas jubiler face à ces explosions de couleurs permanentes. La démesure propre à Marvel vs Capcom prend alors tout son sens. Effets lumineux impressionnants, animations classes, mouvements fluides : l'aspect visuel rend le titre unique. C'est d'autant plus vrai si vous jetez un œil au travail effectué sur les ombres et les effets de volumes. En effet, l'ombrage appliqué sur les personnages donne une touche comic-book au jeu vraiment plaisante. Les bruitages dynamiques contribuent eux aussi à rendre le jeu agréable, et les musiques, à défaut d'être inoubliables, se marient bien à l'action frénétique.

Les effets visuels en mettent plein la rétine.

C'est de la "Trish"

Marvel VS Capcom 3 change pas mal la donne des précédents épisodes. Graphiquement d'une part, puisque les personnages et les décors sont désormais représentés en 3D. Et sur le plan de la maniabilité d'autre part, Ryota Niitsuma ayant ici décliné le gameplay de Tatsunoko Vs. Capcom : Ultimate All-Stars à la sauce super héros. Concrètement, vous n'avez plus de distinction entre les coups de poings et les coups de pieds. Trois boutons de puissance (faible/moyen/fort) les remplacent, auxquels il faut ajouter un coup spécial qui permet principalement d'envoyer l'adversaire dans les airs afin de continuer son combo. A ce propos, le principe des combos se montre enfantin. Il suffit de placer des coups dans un ordre croissant de puissance puis de terminer par le coup spécial. Le cas échéant, votre personnage a plusieurs choix une fois son combo aérien abouti : appuyer sur "spécial" et la direction "haut" ou "avant" pour changer de personnage et continuer ainsi le combo en cours, ou appuyer sur "spécial" et "bas" pour le renvoyer au sol. Les affrontements étant encore sous la forme du 3 vs 3, le schéma peut être répété autant de fois que vous avez de personnages. Pendant ce temps, le défenseur n'est pas laissé sur la touche puisqu'il peut balancer un counter à condition d'entrer la même commande que l'attaquant ("haut" + "spécial" par exemple).

Bien entendu, si vous souhaitez profiter du jeu sans prise de tête cela est possible également. Les furies des personnages peuvent d'ailleurs être simplifiées en terme d'exécution, comme Capcom vs SNK 2 l'avait sur Game Cube en son temps. Toutefois, elles ne sont guère compliquées à réaliser puisqu'un simple quart de tour avec deux boutons de coups de base permet d'envoyer la purée. Il est aussi simple de faire intervenir un membre de votre équipe (appui sur un des deux boutons partner) ou de changer de partenaire quand celui en cours n'a presque plus de vie (maintenir "bas" + un bouton partner).

La force du gameplay réside dans les petits à côté qui dynamisent et enrichissent les combats. Il convient ainsi de préciser la présence d'une garde avancée (deux boutons plus "arrière") afin de diminuer les dégâts de grattage, un snap back (quart avant + un bouton partner) pour obliger l'opposant à changer de personnage ou un cross-over counter (bouton partner + garde quand le coup a été bloqué). Autant d'éléments qui ne sont pas forcément visibles et essentiels si vous jouez avec votre grand-mère, mais qui s'avèrent déterminants quand vous affrontez des joueurs confirmés.

La belle Hsien-Ko est la nouvelle venue du clan Darkstalkers.

Langue de "Viper"

Après pas mal de combats, force est de constater que la balance du gameplay n'est peut-être pas optimale du fait du X-Factor. Cette technique que vous pouvez activer en appuyant sur les quatre boutons de base vous rend momentanément très (trop ?) fort, améliore votre vitesse d'exécution et permet à votre vie récupérable de se restaurer plus rapidement. Utilisable une fois par match, cette option facilite des renversements de situations parfois trop abruptes, surtout que moins il vous reste de personnages dans votre équipe et plus l'effet du X-Factor se montre dévastateur. De quoi avoir les boules si vous perdez, et ce encore davantage qu'après une Ultra piffée dans Super Street Fighter 4 !

Le reste des reproches concerne davantage l'ergonomie du jeu que le titre à proprement parler. Il faut dire que Capcom est un peu le roi pour à la fois ajouter et supprimer des caractéristiques sur ses jeux de vs fighting. C'était déjà le cas entre Street Fighter IV et Super Street Fighter 4 (abandon du dernier hit, impossibilité de choisir ses costumes/couleurs en random...). Marvel VS Capcom 3 est quant à lui bourré de petits détails agréables comme son mode training très complet qui inclus un simulateur de lag (une première d'ailleurs). Mais c'est aussi un jeu qui comprend plusieurs points noirs pouvant gaver sur le long terme si une mise à jour ne les corrige pas. L'impossibilité de voir la connexion adverse en ligne en fait par exemple partie. Les scènes d'intro et outro des personnages que vous ne pouvez passer on-line également. En réalité, la section on-line accumule les bourdes d'ergonomie comme le fait de devoir repasser par le menu de base après une recherche d'adversaire inaboutie, l'absence de replay pour les matchs mais surtout l'obligation d'attendre dans un salon sans pouvoir voir les matchs des copains. Une honte quand vous êtes habitués à Super Street Fighter 4 et Blazblue : Continuum Shift. Le pire est peut-être la fameuse politique de DLC payants chère à la boîte. A 400 points Microsoft / 5 euros le pack de costumes et le personnage supplémentaire (Jill et Shuma-Gorath en l'occurrence), il y a de quoi crier au scandale. Rien n'oblige à passer à la caisse certes, mais c'est toujours dommage de ne pas avoir le casting maximal dès le départ...
Les Plus
  • Les stages jolis et pleins de références...
  • Le casting hétéroclite
  • Les effets visuels éblouissants
  • Le mode mission bien vu
  • Le training et son simulateur de lag
  • Le choix des voix japonaises ou anglaises (pour le clan Capcom)
  • Le gameplay à la fois accessible et profond
Les Moins
  • …mais en petit nombre
  • L'équilibre pas encore optimal malgré le casting réduit
  • L'ergonomie du on-line à revoir
  • Le coup des personnages/costumes en DLC très onéreux
  • Le X-Factor et ses renversements de situations trop violents ?