Vanquish lorraine se dévore rapidement

04 nov. 2010
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  • Éditeur SEGA
  • Développeur PlatinumGames
  • Sortie initiale 22 octobre 2010
  • Genre Action

Vanquish aurait certainement gagné à être repoussé en 2011. Court, doté d'un level design qui se répète, le dernier Platinum Games a un gros potentiel mais il manque cette petite chose en plus qui en ferait un hit incontournable. Vous n'y retrouvez pas la rejouabilité d'un Bayonetta mais cela reste un bon TPS qui surpasse tout ce qui se fait dans le genre en terme de dynamisme pur. Le gameplay demeure plaisant et le moteur attrayant.

Réussir à donner un coup de pied dans la fourmilière du beat them all 3D, c'était un pari osé. Et pourtant, avec Bayonetta, l'équipe de Platinum Games y est parvenu haut la main. Alors, quand une partie des ex membres du studio Clover (Okami, Viewtiful Joe 2...) s'aventurent cette fois du côté du TPS ('Third Person Shooter' ou 'Jeu de Tir à la Troisième Personne'), cela donne forcément un titre attendu au tournant. Défi relevé avec Vanquish ?

Le regard de Elisabeth Winters, la présidente américaine, jette clairement un froid

Grâce à l'armement nucléaire, puisque nous sommes nés par erreur, peut-être mourrons-nous par erreur

Des ressources énergétiques inversement proportionnelles à la démographie mondiale, c'est peut-être ce qui guette notre planète. En l'occurrence, c'est l'univers dépeint dans ce concentré d'adrénaline édité par SEGA. Dans ce monde en proie aux conflits en tout genre, un coup d'état a permis de prendre le contrôle du gouvernement russe. L'Ordre de l'Etoile Russe, l'organisation à l'origine de la rébellion, s'en prend alors à une colonie spatiale spécialisée dans l'énergie solaire afin d'utiliser cette dernière en tant qu'arme de destruction massive. L'Ordre déclare d'emblée la guerre au Pays de l'Oncle Sam en rasant San Francisco et fait pression pour que le pays se rendre sous peine de détruire New-York. Le président américain Elisabeth Winters refuse et fait appel à des spécialistes chargés d'éradiquer la menace ennemie.

Il est possible d'interagir avec certains robots ennemis ou bien divers gros calibres comme ici

Meilleur que vingt quiches : Vanquish

Le dernier bébé de Mikami jouit donc d'un univers post-apocalyptique assez banal. Mais ne vous y trompez pas : la mise en avant de la guerre et de la robotique (vous incarnez Sam Gideon, un chercheur dont l'armure a la grande classe) sert surtout de prétexte à l'action. Et quelle action ! C'est évidemment le gros point fort du jeu qui base tout son intérêt sur son dynamisme. Le cœur de Vanquish emprunte sans grande surprise aux derniers modèles du genre que sont Gears of War 2 ou Uncharted 2. Autrement dit, il faut alterner phases rentre-dedans et séquences de cache-cache derrière les murs pour annihiler les salves de robots qui vous canardent. Le système de couverture est d'ailleurs très proche de la licence de Cliffy B. Une pression sur X pour se coller à un muret ; une autre en maintenant avant pour l'enjamber et repartir au combat. Les tueurs de Locustes ne seront guère dépaysés aux premiers abords. Et pourtant...

L'innovation majeure du gameplay de Vanquish réside dans l'utilisation des esquives et du dash. Ce dernier permet à votre personnage de foncer vers ses assaillants en glissant à l'aide des réacteurs de son armure. Couplée au bouton d'esquive, cette combine permet d'arrêter momentanément le temps afin de faire le plus de dégâts possibles. Alors oui, dans les faits cela évoque la technique similaire de Bayonetta, mais en pratique c'est un brin différent. Déjà parce que vous pouvez l'activer manuellement ; idéal quand vous apercevez trois cibles au loin, vous arrivez ainsi à leur portée à toute vitesse et les supprimez tranquillement grâce au bullet time enclenché. Notez aussi que ce dernier s'active quand vous êtes trop touché ; un moyen de revenir dans la partie en envoyant dans les bras de Morphée le plus de robots possible. Cet effet de ralenti rythme donc les affrontements musclés du jeu. Afin de ne pas trop en abuser, les créateurs de MadWorld ont mis une jauge de surchauffe sur votre armure. Ainsi, si cette dernière est trop utilisée, il faut attendre qu'elle se régénère avant de pouvoir l'utiliser à nouveau.

La glissade à l'oeuvre : le bonheur à l'état pur

Aussi rapide qu'une Aston Martin Vanquish

En parallèle de cette gestion des ralentis 'bayonettesque' et 'viewtiful joesque', Vanquish propose un système d'upgrades d'armes bien fichu. Si vous récupérez des munitions pour une arme ayant déjà atteinte son quota de balles maximum, vous améliorez alors celle-ci. Un principe simple et malin à la fois, qui incite à ne pas ramasser tout et n'importe quoi. Rajoutez à cela la présence d'énormes robots jouables, de deux types de grenades (dont une paralysante) et vous avez un gameplay vraiment grisant. Par ailleurs, les diverses (auto)références sont bien intégrées à l'histoire. Dead Space par ici (les salles en apesanteur), God Hand par là (les finishing moves à base de martèlements de boutons) : le joueur averti appréciera les clins d'œil. De surcroît, le jeu se montre carrément joli, ce qui ne gâche rien. Le moteur graphique en jette et les cinématiques, en dépit d'une synchronisation labiale très moyenne, en mettent plein les mirettes.

Enfin, quelques mots sur ce qui fâche. Si les situations étaient variées dans Bayonetta, difficile de ne pas crier au recyclage dans Vanquish. Aussi impressionnants qu'ils soient, les mêmes boss et gros ennemis sont resservis plusieurs fois au cours de l'aventure. La 'Vanquiche' lorraine a beau être bonne, il ne faut toutefois pas en abuser... D'autant plus que le level design technoïde n'évolue guère au fil de l'histoire. Mais au-delà de ça, le véritable souci du titre est sa durée de vie. S'il met du temps à démarrer (beaucoup de cinématiques dans le premier acte), vous enchaînez les missions de plus en plus rapidement, ce qui fait qu'en moins de 6 heures hors cinématiques le générique de fin (très amusant au passage) défile. C'est peu. Trop peu. Surtout quand votre sorcière bien aimée proposait en début d'année un challenge trois fois plus conséquent. Et comme il ne faut pas compter sur un mode multi pour étoffer la durée de vie maigrichonne, autant être prévenu avant de lâcher 70 euros. Les joueurs acharnés ont cependant de quoi faire avec la difficulté la plus élevée mais surtout des challenges post jeu qui s'avèrent vraiment corsés.
Les Plus
  • le dynamisme de l'action
  • le moteur graphique bien joli
  • le système d'upgrades d'armes appréciable
  • la combinaison esquive/ralenti : jouissive
Les Moins
  • la petite durée de vie
  • l'absence de mode multi
  • l'aspect répétitif des situations et du level design