Split/Second : à peine véloce

28 juil. 2010
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La force de Split/Second Velocity réside sans conteste dans son concept. Ce n'est pas tous les jours qu'on nous propose des courses mâtinées d'explosions de buildings et d'interactions en tout genre. Cependant, si l'idée est excellente, le jeu est loin d'être exempt de défauts, les principaux étant l'intelligence artificielle de l'ordinateur et un coté répétitif dû à des scripts finalement prévisibles. Des environnements supplémentaires auraient également été les bienvenues. Comme Pure, Split/Second Velocity pose des bases enthousiasmantes mais montre vite ses limites, notamment en matière de contenu et de fun. Un certain nombre d'améliorations seraient donc nécessaires pour faire d'une éventuelle suite un vrai hit incontournable. Un titre qui reste néanmoins sympathique.

Avec Split/Second Velocity, Black Rock Studio (Moto GP2, Pure) pousse le jeu de courses vers l'action à grands coups d'explosions. L'idée est alléchante mais nous sommes en droit de nous poser quelques questions, notamment en ce qui concerne son exploitation. Alors, simple concept ou jeu véritablement incontournable ?

Ce circuit de nuit constitue le seul véritable changement d'ambiance visuelle.

Split/Second : Miami

S’il n’a pas de scénario, le titre de Black Rock Studio a le mérite de poser un cadre explosif. Le jeu nous place dans la peau d’un pilote de Split/Second, un show télévisé proposant des épreuves spectaculaires à ses téléspectateurs. «Spectaculaires» n’est pas de trop puisqu'il y est question de courses aux explosions détruisant des bâtiments de plusieurs dizaines de mètres de haut. La technique mettant en avant cet aspect grandiloquent, avouons qu’il y a de quoi être emballé. A défaut d’être incroyable, Split/Second Velocity «fait le boulot» : le framerate tient la route et la bête est agréable à l’oeil, malgré un aliasing un peu trop présent et des effets pas toujours réussis (flammes, textures des voitures carbonisées, etc.). Bien que joli, le jeu impressionne surtout par sa mise en scène : voir une tour gigantesque s’effondrer au loin sur vos concurrents pour tracer une route vous donnera un air béa. A n’en pas douter, Split/Second Velocity fait partie des softs dont le concept a été taillé pour cette génération de consoles. Histoire de profiter de tout cela comme il se doit, les développeurs ont limité les informations présentes à l’écran au strict minimum, notre position et le nombre de tours effectués se situant avec la jauge d'énergie, sous notre bolide. A vrai dire, le seul gros reproche possible vis à vis des graphismes concerne la teinte chaude de l’image qui insuffle un manque de diversité certain aux environnements. Même si nous traversons des aéroports, des villes ou des centrales désaffectées, l’image garde toujours ce satané filtre jaune, nous donnant l’impression de toujours traverser des lieux industriels identiques.

Oups, ça s'annonce mal.

T’es bien beau avec tes explosions mais ça donne quoi concrètement ?

L’attraction principale reste les courses. Réunissant huit participants, ces dernières sont basées sur un principe assez simple : vous déclenchez des actions après avoir emmagasiné de l’énergie en dérapant, en prenant l’aspiration, en effectuant des sauts ou en évitant les explosions et leurs déflagrations. Le système d’attaques pyrotechniques est basique puisqu’il suffit d’appuyer sur une touche quand l’icône apparaît pour réaliser une interaction avec le décor. Attention à bien calculer votre coup car les explosions peuvent être esquivées et les «autodestructions» sont possibles. En remplissant trois jauges, vous pouvez également enclencher une «attaque de la mort qui tue» qui, pour le coup, vous en mettra véritablement plein la vue. Si le système d’action se révèle sympathique, on regrette sa trop grande simplicité et le fait de ne pouvoir en profiter en étant en première position. En effet, il est impossible de crasher les concurrents en regardant dans le rétroviseur, ce qui nous donne l'impression de ne rien pouvoir faire si ce n'est subir les attaques adverses et prendre un ou deux raccourcis (que nos poursuivants peuvent également emprunter). Une frustration digne d'un bon vieux Mario Kart. De même, on a rapidement fait le tour des scripts interactifs des niveaux, ce qui enlève de l'intérêt au titre en plus de donner un côté redondant. En ce qui concerne la conduite, les voitures collent étrangement à la route, comme si elles étaient sur une sorte de circuit électrique. Une sensation étrange mais à laquelle on finit par s’habituer. De Mario Kart, Split/Second Velocity semble aussi avoir pris l'intelligence artificielle aux réactions étranges. Alors que les courses comptent huit participants, notre rival sera toujours le même et arrivera toujours avec nous. Pareillement, vous avez parfois l’impression que l’ordinateur ralentit pour qu'il se fasse talonnee alors qu’il arrive à nous doubler en "moins de deux" dans d'autres cas. Bizarre, en particulier quand on a plus de six secondes de retard et que personne ne peut théoriquement l'atteindre.

Les bolides sont fictifs et arborent des lignes assez cubiques, donnant une impression de forte résistance.

Trois petits tours et puis s'en va

Outre les courses dites "classiques" divers modes sont disponibles. On ne va pas s'attarder sur les modes Détonateur (contre la montre sur un tour) et Elimination, présents dans tout jeu de courses qui se respecte, mais plutôt sur d'autres méritant plus d'attention, comme l'Attaque et la Revanche Aérienne. L'épreuve d'Attaque Aérienne consiste à esquiver des missiles d’hélicoptère le plus rapidement possible tandis que la seconde nous permet de lui renvoyer la pareil après avoir emmagasiné de l’énergie. Original, amusant et représentatif de l’esprit du soft. Le dernier mode sympathique, intitulé Survie, nous demande de dépasser des camions lâchant des barils explosifs bleus et rouges. Percuter les bleus nous déstabilise tandis que les rouges sont synonymes de crash assuré. Bien qu'il arrive que l’équilibre des courses soit énervant, il n’en est pas de même pour la progression, tout à fait aisée (du moins jusqu’aux dernières courses). Le jeu semble parfois étonnamment simple puisque la première place n’est pas obligatoire : en fonction de vos performances, vous remportez des crédits permettant de débloquer de nouvelles épreuves et de nouveaux véhicules aux caractéristiques variés. Le jeu est découpé en douze "épisodes" regroupant chacun six épreuves. Comptez trois soirées pour finir Split/Second Velocity en ligne droite. Les perfectionnistes peuvent toutefois finir chaque épreuve en première position afin de gonfler cette durée de vie et leur total de succès/trophées. Avec environ vingt-cinq bagnoles fictives et douze environnements, le contenu s’avère tout juste correct et ne brille pas vraiment. Evidemment, des modes multijoueurs en local (à deux) et en ligne vous permettent de savoir qui est le plus rapide/bourrin entre vous et vos potes. Une expérience sympathique même si on ne se voit pas y rester des heures et des heures, d'autant plus que seul les modes Courses, Elimination et Survie sont de la partie. Si en plus on prend en compte l'aspect bordélique de l'ensemble (les joueurs étant bien plus agressifs qu'un ordinateur amorphe), Split/Second Velocity n'est pas vraiment le jeu qui nous fera passer des mois devant notre console. Un dernier mot sur la partie sonore, digne des meilleurs films d'action "neuneus". Un côté caricatural correspondant bien à l'ambiance du jeu et qui est également présent dans la voix off présentant les épisodes déverrouillés au fur et à mesure.
Les Plus
  • Le concept
  • Joli
  • Certaines attaques pyrotechniques vraiment impressionnantes
  • Quelques modes assez amusants
  • Progression non frustrante
  • Multijoueur assez sympa
Les Moins
  • La teinte chaude de l'image qui rend le visuel monotone
  • L'intelligence artificielle
  • Le côté scripté donnant au titre un côté répétitif
  • Le gameplay manque tout de même de profondeur
  • L'impression de simplement subir lorsqu'on est en tête
  • On aurait aimé avoir plus de circuits