F1 2009 ne passe pas la Q2

23 déc. 2009
Testé par sur
2

Malgré son statut de sport automobile le plus prestigieux et "bling-bling" de la planète, il n'est pas possible de dire que la F1 soit particulièrement gâtée en matière de jeux vidéo. Pire : voila un bon bout de temps qu'aucun soft la mettant en valeur n'était sorti. Il faut remonter à début 2007 pour trouver F1 Championship Edition, sorti sur PlayStation 3 et disposant d'une licence déjà vieillissante pour l'époque. Un laps de temps qui aura vu la licence de la FIA changer de mains, puisque c'est désormais Codemasters qui se charge d'éditer les jeux estampillés Formula One. Autant dire que F1 2009 suscite autant d'attente que d'inquiètude auprès des fans d'automobiles.

Oui, c'est moche. Et encore, vous n'avez pas les ralentissements.

Le Crashgate

Dès le jeu lancé, F1 2009 n'est pas très rassurant. Entre la présentation des menus, assez kitch, et la musique digne de Virtua Tennis le soft est loin de nous mettre en confiance. C'est une crainte justifiée puisqu'il sombre dès les premiers tours de piste. Le titre de Sumo Digital ne brille pas de part ses graphismes mais il faut admettre l'habitude d'être indulgent avec la console de Nintendo sur ce point est bien ancrée. Par conséquent il faut passer outre les décors dépouillés, la modélisation sommaire des bolides et les effets de lumières complètement ratés (et énervants). Les reliefs des tracés sont plutôt bien retranscrits même si quelques soucis de ci et delà apparaissent. Le vrai problème est donc tout autre : le jeu accuse des ralentissements insupportables. Et ces derniers n'ont pas seulement lieu durant les départs, ce qui aurait paru plus «logique», mais aussi lors des séances d'essais libres et autres qualifications. Il est ainsi particulièrement étonnant de voir un jeu comme celui-ci, très pauvre graphiquement, arriver à peiner de la sorte alors que vous êtes seul sur la piste. D'autant plus que certaines portions de circuits sont sans cesse touchées par ce couac technique. Autrement dit : il arrive qu'à chaque tour tel ou tel virage occasionne des ralentissements. Et nul besoin de préciser que le multi-joueurs (en écran splité uniquement) est également touché par ce fléau... Absolument impardonnable...

Vu les réactions bizarres de l'IA, mieux vaut faire la course en tête. Et avec quelques longueurs d'avance si possible.

Insert coin !

F1 2009 se veut à mi-chemin entre arcade et simulation, même si ce dernier mot paraît bien exagéré. Les gâchettes du combo wiimote/nunchuck n'étant pas analogiques la gestion du freinage et de l'accélération s'avère assez déroutante et simpliste. Malgré cela cette configuration est assez agréable et reste la plus pratique. Comme dans les vraies courses le jeu permet d'utiliser le KERS (Kinetic Energy Recovery System) afin d'apporter un peu de puissance à notre véhicule à la manière d'un boost. Notons toutefois qu'il est disponible pour toutes les voitures, ce qui n'est pas encore le cas dans la réalité. De même le principe est simplifié puisque la jauge se remplit à chaque tour alors que, normalement les engins emmagasinent l'énergie cinétique lors des freinages. Le jeu n'a pourtant pas besoin de cela pour nous donner l'impression de donner dans l'arcade. En effet, la lourdeur des véhicules et la gestion des collisions laissent aussi entrevoir un certain laisser-aller. Si les dégâts pris en compte sont assez nombreux, on regrette que leur modélisation passe inaperçue et que leur influence sur la conduite soit relative. De son côté l'intelligence artificielle n'hésite pas à vous refaire la carrosserie ou à freiner n'importe comment. Les plus observateurs remarquent que le jeu est vendu avec un volant au design similaire à ceux des monoplaces. L'éditeur n'a semble-t-il pas juger bon de nous envoyer le gadget en question. Votre serviteur a donc pris un équivalent pour voir ce qu'il en est. Voici donc une maniabilité assez approximative qui est loin d'atteindre l'efficacité de la configuration citée plus haut. Il est tout de même possible d'activer ou désactiver différentes aides de conduite, pour trouver un style qui convient.

La pluie peut être de la partie.

La taille ça compte

Le seul domaine dans lequel F1 2009 s'en sort véritablement bien est le contenu. Le titre propose de nombreux modes de jeu parmi lesquels on retiendra principalement les modes Défis et Carrière. Ce dernier reste assez conventionnel et la progression s'effectue par mail : vous devez lire les retours de la presse ou de votre écurie sur vos performances. N'attendez donc pas une quelconque mise en scène et des cinématiques. Malgré cela il est aisé de se prendre au jeu. Les premiers essais sont pour BMW Sauber et Toro Rosso : l'occasion de montrer votre fougue de jeune puceau de la Formule 1. Si nos temps sont convaincants, un contrat est rapidement proposé et la saison peut enfin débuter. L'écurie fixe alors un objectif en début de championnat. Pour l'atteindre il faut bien évidemment remporter des courses, ou du moins marquer de précieux points. Pour ce faire, il est préférable de passer par des séances de qualifications. Semblables à la réalité celles-ci demandent de donner le meilleur de vous dans un temps imparti. Bonne nouvelle : il est possible de passer au garage ou d'avancer l'heure comme bon vous semble. Un côté réaliste agréable, renforcé par des réglages plutôt conséquents. La météo est également un facteur à prendre en compte, l'aspiration aussi, ainsi que la gestion du carburant et les éventuels arrêts aux stands. Par contre la grande facilité des championnats est à déplorer (en difficulté normal en tout cas). Soulignons tout de même la crédibilité des courses, assez cohérentes par rapport à la saison qui vient de se dérouler (des pilotes comme Button, Vettel et Barichello seront vos pires ennemis). La seule petite déception de F1 2009 en terme de contenu est que le jeu est sorti une fois la saison de Formule 1 terminée. Ce qui donne l'impression d'avoir à faire à un jeu un dépassé (Sebastien Bourdais est toujours chez Toro Rosso, Nelson Piquet Jr chez Renault, etc.). Quoi qu'il en soit, la longévité du soft est satisfaisante, surtout qu'un tas d'autres modes un peu plus communs est présent. On pense notamment aux modes Défi scénarisé, Portes ou Eliminator, devenus des classiques des jeux de courses. Enfin, le jeu contient également un système de succès, histoire de gonfler notre ego en plus de la durée de vie. Sympa.
Les Plus
  • Un jeu de F1, ça faisait longtemps
  • Contenu respectable
  • Accessible
  • Pas de concurrents sur Wii
Les Moins
  • Pas beau
  • Les ralentissements, une vraie honte
  • Un mélange entre arcade et simulation qui ne plaira pas à tout le monde
  • La licence de la saison 2009... une fois celle-ci terminée
Résultat

Si dans le fond de F1 2009 est assez bon, on ne peut pas en dire autant de la forme. Il semble difficile de pardonner tant de désinvolture vis à vis de l'aspect technique. Les ralentissements, pourrissant petit à petit les sensations de jeux, sont bien sûr les premiers visés par cette remarque. L'orientation du titre fait aussi débat : si la conduite est plutôt agréable, il est dommage que les à-côtés ne suivent pas toujours et donnent une touche trop arcade. On pense notamment à l'intelligence artificielle perfectible et à la gestion du KERS bien moins subtile que ce qu'elle devrait être. Reste alors le contenu qui, lui, ne déçoit pas. Même si F1 2009 n'est pas vraiment bon, on peut penser qu'il trouvera tout de même son public compte tenu du manque cruel de concurrence sur cette plate-forme. On espère vraiment que la version 2010 (destinée aux supports haute définition) sera meilleure, sous peine de se faire écraser par les autres titres du genre.