Pourrez-vous survivre à Lost in Blue : Shipwrecked ?

16 mai 2009
Testé par sur
Disponible sur
2
  • Éditeur Konami
  • Développeur Hudson Soft
  • Sortie initiale 19 février 2009
  • Genre Aventure

Quel dommage que Lost in Blue : Shipwrecked ! ne vous laisse pas exprimer votre côté animal. En effet, il y a fort à parier que la lourdeur de ses actions, et de votre compagne, vous découragent. Si seulement vous deviez subsister à des besoins humains réels, le jeu en serait tout autre. Au lieu de cela, vous répétez longuement les mêmes actions dans le but d'espérer pouvoir partir en exploration. Et même dans le cas où vous vous sentez expérimenté, une hasardeuse action vous expédie dans un "Game Over" fracassant. C'est d'autant plus navrant car ce titre à le mérite de créer des personnages à fortes personnalités dans un univers attachant. A trop vouloir gérer, les développeurs n'ont pas su s'arrêter.

La série des Lost in Blue, apparue à l'origine sur DS s'échoue sur votre Wii. Le principe reste inchangé : tenter de survivre sur une île en apparence déserte. Les contrôleurs de la Wii ouvrent bien des horizons pour qui veut pêcher, cueillir ou construire un radeau. Vous tentez l'aventure ? Reste à supporter vos compagnons d'infortune.

Votre compagnon peut cueillir à votre place.

Etre naufragé est un métier

Immédiatement après un grave incident survenu à votre paquebot, vous vous réveillez sur la plage d'une petite île tropicale. Vite vous comprenez que votre but premier est de construire un radeau pour vous rendre vers une seconde île, plus grande et à portée de vue de là où vous êtes. La première étape n'est en fait qu'un bref tutorial. D'ailleurs vous en faites le tour en quelques instants et comprenez ce qui suit. Votre personnage est régi par 3 critères : la faim, la soif et la fatigue. Une jauge supplémentaire concerne la vitalité du petit singe, Hobbo, qui vous accompagne. Celui-ci sait grimper aux arbres et peut vous décrocher les noix de coco. Le premier constat, affligeant pour le jeu, est l'extravagance des besoins de vos personnages. Vous passez énormément de temps à rassembler puis préparer votre nourriture. La subsistance est assurée par la cueillette, la pêche, la chasse ainsi que les diverses sources de protéines que vous trouvez à même le sol : mulot, grenouille, bernard-l'ermite ou crabes. La pêche est aussi présente, au harpon ou de manière plus classique. L'énergie apportée par vos denrées, périssables, est proportionnelle aux efforts nécessaires pour la trouver. Ainsi un morceau de sanglier, dur à tuer, nourrit beaucoup plus que des baies. Mais vos besoins restent tout de même aberrants : mangez-vous un sanglier en un repas ?

Préparer les repas nécessite de subir des mini-jeux rébarbatifs.

Des journées souvent répétitives

Un second personnage fait son apparition dès le début de l'aventure : Lucy. Celle-ci possède le QI d'une moule avariée. Par exemple, elle meurt si vous ne l'emmenez pas boire quotidiennement. La source n'est qu'à 10 mètres du campement. Elle possède un minimum d'autonomie, à condition de lui laisser assez de nourriture préparée. Lucy n'est pas qu'un inutile boulet. Elle est indispensable à la bonne exploration de l'île. Ces expéditions sont longues et demandent de la préparation. Heureusement des raccourcis permettant de rentrer plus vite au campement par la suite se débloquent. Vous pouvez aussi confier à votre compagne des tâches de cuisine. Cela vous épargne les mini-jeux rébarbatifs préalables aux soupers. Le problème est que votre amie manque bien souvent ses plats. Alors vos statistiques ne remontent pas autant que si vous les aviez correctement réussis. La recherche de brindilles est très importante car elles servent à aliment votre feu, nécessaire pour bien vous nourrir et surtout pour dormir la nuit. Sans quoi vous attrapez froid. Acceptez l'idée que vous ne pouvez partir tous les jours loin de votre campement car ces séances sont épuisantes. Emmener Lucy comporte un avantage non négligeable car elle permet de porter beaucoup plus grâce à son sac à dos. Elle vous ralentit car au moindre passage il vous faut la porter. De plus, ses persistantes remarques sur votre état de soif ou de faim ne tardent pas à mettre les nerfs en pelote.

Lucy possède son propre sac à dos que vous pouvez gérer.

Des bâtons dans la roue

Lorsque vos personnages tombent malades vos journées sont d'autant plus courtes car ils ne peuvent se déplacer. Profitez-en pour réviser vos recettes. Une fois les ingrédients rassemblés vous pouvez les confectionner pour plus de confort. Au fil du temps vous gagnez des compétences en construction. Là aussi vous améliorez votre quotidien en confectionnant un garde manger ou une étagère. Le scénario se complexifie, ce qui empêche une certaine monotonie de vous gagner. Par exemple au bout d'une trentaine de jours un nouveau naufragé vous accoste. Bien vite il devient pour vous un boulet. Il se gave de champignons toxiques jusqu'à se transformer en champignon géant lui même. Son amie, une pyromane, vous fait clairement comprendre que votre séjour ne va pas rester aussi tranquille qu'il l'était. Tout ceci prête à sourire seulement les nouveaux personnages ont un côté étrange. Les quêtes qu'ils vous confient, ou plutôt vous imposent, vous font frôler bien souvent le "Game Over". Aurez-vous le courage d'en arriver jusque là ?

Chassez les hostiles qui en veulent à vos trouvailles.

Mauvaise adaptation

Ce tableau, toutefois pas totalement inintéressant, est fortement entâché par de cruels défauts de conception. Par exemple une fois une action engagée, telle que secouer un arbre, vous ne pouvez l'annuler. Ainsi vous devez exécuter des gestes alors que vous savez pertinemment que rien n'arrivera. Le doublage s'opère sur une partie de quelques phrases, pour donner au final un rendu horrible. Pire encore, malgré l'extrême répétitivité des tâches vous devez assister aux mêmes cinématiques à chaque fois que vos compagnons mangent. Ou encore à chaque fois qu'ils doivent escalader un obstacle ils marquent un interminable temps d'arrêt, puis décomposent leurs mouvements à la vitesse d'un hérisson empoisonné. Pour finir vous apprenez que la nature n'est pas si accueillante que les graphismes mignons dont est doté le jeu. Par exemple les champignons rouges empoisonnent, les violets donnent envie de dormir, les oranges mal au ventre. A vous de composer avec tous ces éléments, ce qui est un challenge en soi. Comme si survivre dans un environnement hostile n'était déjà pas déjà assez compliqué en soi.
Les Plus
  • Univers attachant
  • Les personnages ont leur personnalité
Les Moins
  • Les besoins des personnages sont exagérés : vous passez vos journées à collecter
  • Il aurait mieux valu qu'il n'y ait pas de doublage que celui-ci
  • Trop de défauts de conception
  • Lucy est un trop grand fardeau pour un jeu vidéo