Y-a-t’il de la lumière au fond de Darkness Within ?

06 mai 2008
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Au final, Darkness Within est un titre décevant. L’univers de Lovecraft, bien que parfaitement retranscrit, sert surtout d’enrobage à un jeu d’aventure très moyen et à une histoire on ne peut plus confuse. Les graphismes sont obsolètes, l’interface est poussive, et l’enquête manque clairement de rythme. Le jeu est cependant ouvert à tous grâce à un réglage possible de la difficulté. Cela permet aux moins expérimentés de ne pas rester bloqués, et aux détectives aguerris de trouver un challenge à leur hauteur, à condition de ne pas être effrayés par la quantité de texte à ingurgiter.

H.P. Lovecraft est l’un des pères fondateurs de la littérature fantastique et d’épouvante du XXième siècle. Ses romans, qui présentent souvent le monde comme un univers hanté par des forces anciennes et maléfiques, ont inspiré bon nombre de jeux. C’est au tour de Zoetrope Interactive et Micro Application de se baser sur son univers pour vous proposer Darkness Within, un point & click en vue subjective. La simple présence du nom Lovecraft sur une boîte de jeu a souvent été un gage de qualité. Jusqu’à présent...

Votre bureau est le point de départ de l'enquête.

A la poursuite de Loath Nolder

C'est en 2011, par une froide journée de novembre, que vous, Howard E. Loreid, avez à résoudre une nouvelle affaire dans laquelle le meurtrier présumé est en fuite. Un suspect dont vous avez toujours rêvé de faire la connaissance : Loath Nolder. C’est un détective privé réputé. Il a résolu un grand nombre d'affaires et acquis une solide réputation dans tout le Wellsmoth. Mais sa dernière enquête l'a poussé à tout lâcher pour se lancer dans un voyage qui va durer cinq ans en Afrique et en Océanie. A son retour, il n'a plus rien du bon vieux Loath Nolder. Il accepte la première affaire qui se présente à lui : la disparition de Clark Field. Mais d'horribles événements surviennent au cours de l'enquête. Suspecté de meurtre, il se volatilise. Vous devez à présent affronter de terribles vérités sommeillant depuis des millénaires. Vous devez le retrouver... ou fuir.

Soulignez les indices qui sont indispensables à vos investigations.

Une difficulté à géométrie variable

Pour s’adapter à votre niveau ou à votre profil, le jeu propose dès le début trois modes de difficulté : "standard", "inspecteur" et "inspecteur en chef". Tout au long de l’aventure, vous découvrez divers documents écrits (lettre, note, poème, carte par exemple). Certains de ces documents recèlent des indices indispensables à votre enquête. Pour les découvrir, vous devez, au travers d’une interface de recherche, souligner différents passages dans le texte qui vont vous guider dans votre enquête. En difficulté extrême, vous ne bénéficiez d’aucune aide, alors qu’en difficulté intermédiaire, un compteur vous indique combien d’éléments il vous reste à souligner. Dans le mode le plus facile, il vous suffit même de cliquer sur une icône pour que les passages à relever soient automatiquement soulignés.

L'interface de réflexion permet d'associer plusieurs indices pour en obtenir d'autres.

Métro, boulot, dodo

L’aventure s’installe très vite dans la plus ennuyeuse des routines. Au niveau des dialogues, le doublage français manque cruellement de conviction. Howard est embarqué dans une épreuve censée être haletante : il perd peu à peu ses repères et, victime de fortes hallucinations, il sombre inéluctablement vers la folie. Pourtant, l’inspecteur ne semble pas émotionnellement affecté. Il débite son texte avec une mollesse et un flegme digne de Droopy. Confronté à des faits surnaturels, il passe le plus clair de son temps à répéter d’une voix monocorde : "C’était quoi, ça ?". Parallèlement, son attitude générale est de la même veine. Il n’est jamais surpris de ce qui lui arrive, et sa principale solution pour résoudre un problème est de fuir et d’aller se reposer dans son appartement.

Vous ne pouvez pas ramasser cette lampe tout de suite. Il va falloir revenir.

Dans les ténèbres

Les graphismes sont largement dépassés. La résolution maximale proposée est le 1280 × 1024. La vue est la même que pour un FPS, le dynamisme en moins. En effet, tous les environnements sont quasi-statiques. Ils sont d’ailleurs peu nombreux et peu variés. Ensuite, le gameplay n’est pas très intuitif. D’habitude, lorsque vous trouvez un objet dont vous avez l’utilité, immédiate ou future, vous pouvez l’ajouter à votre inventaire. Ce n’est pas toujours le cas ici. Certains objets sont essentiels à votre enquête, mais vous ne pouvez pas les ramasser tout de suite. Cela vous oblige à de nombreux aller-retour entre les différents lieux. Enfin, l’interface qui sert à combiner les objets ou à associer les indices entre eux n’est ni agréable, ni ergonomique. Par exemple, vous examinez une carte, déduisez que vous devez aller à un endroit précis, mais l’option pour s’y rendre n’est pas visible parce que vous n’avez pas encore souligné le passage adéquat dans un texte.
Les Plus
  • Une atmosphère lugubre inspirée de Lovecraft
  • Le réglage possible de la difficulté
  • La durée de vie
Les Moins
  • Les graphismes
  • Le doublage peu inspiré
  • Une interface rébarbative
  • Un rythme un peu mou