Army of two : un effectif réduit pour un maximum de dégâts

27 avr. 2008
Testé par sur
Disponible sur
3
  • Éditeur Electronic Arts
  • Développeur EA Canada
  • Sortie initiale 6 mars 2008
  • Genre Action

Army of Two se veut innovant et propose une expérience de jeu unique. Sa campagne solo est soignée et offre quelques heures de jeu intenses. Sa réalisation de très bonne qualité lui permet de siéger aux côtés des standards du genre. Sans pour autant être toujours au top en solo, le titre d’Electronic Arts surprend vraiment par son mode coopératif, qui vaut à lui seul la peine de se procurer le jeu. Le plaisir de parcourir cette aventure avec un ami, que ce soit sur écran splitté ou par internet, suffit à faire l’impasse sur les quelques défauts du jeu.

Les jeux de lutte anti-terroristes deviennent légion, surtout depuis les attentats du 11 septembre. C’est sans grande originalité qu’Army of Two surfe sur cette vague, en vous proposant de prendre les armes pour une leçon de géopolitique musclée. Si le fond semble commun, le concept du titre est lui nettement plus attirant, puisqu’il offre une expérience de coopération unique, qui prend tout son sens en multijoueurs. Cette nouvelle recette signée Electronic Arts saura-t-elle apporter assez de nouveauté pour relancer un peu le genre ?

Les deux héros sont vraiment charismatiques.

Le nerf de la guerre

Engagez vous, qu’ils disaient ! Ce n’est pourtant pas avec le salaire d’un militaire que vous finirez vos jours au soleil. C’est certainement ce qu’ont du se dire Salem et Rios, puisqu’ils ont quitté les Marines en 1994 pour rejoindre la SSC, une société militaire privée. Désormais mercenaires, les deux compères font le tour du globe, armés jusqu’aux dents, en échange d’une paye bien méritée. Pas de discours sur les valeurs de l’Amérique ou encore de la liberté, juste des billets verts. Un beau matin de septembre 2001, Salem est tiré du lit par un coup de fil. A l’autre bout de la ligne, l’opératrice de la SSC lui donne un ordre de mission, départ imminent pour l’Afghanistan, sans plus de précisions. La chasse aux terroristes est officiellement ouverte, et elle se poursuivra en Somalie, en Irak et même en Chine, pour finalement se terminer sur le sol Américain, sur fond de trahison et de vengeance. Une aventure guerrière et sanguinaire, mais aussi et surtout une aventure attachante, dans laquelle les deux héros donnent l’impression d’être soudés par des liens forts, en dépit de leur manque total de morale, volontairement marqué par les développeurs pour renforcer le caractère des personnages. Malgré une histoire un peu classique, la campagne est plaisante et se montre plutôt riche, avec certains imprévus bien pensés et un déroulement intéressant.

Se mettre à couvert est obligatoire, surtout pour avoir le temps d'observer la situation.

L’agressivité au service de la stratégie

Même si le scénario d'Army of Two n’est pas transcendent, ses défauts sont facilement gommés par l’intérêt que suscite le concept du jeu. La tactique y tient une place très importante, et les mécanismes rendant cette tactique possible sont particulièrement bien étudiés. L’aggro est le principal outil de la progression. Il vous permet de faire monter votre taux d’agressivité - symbolisé par une jauge et une coloration du personnage - afin que les ennemis se concentrent entièrement sur vous et que votre coéquipier puisse les contourner furtivement. A l’inverse, il est possible d’ordonner à votre coéquipier de se mettre à l’abri et de vous couvrir, pour que vous puissiez prendre les ennemis à revers. Le level design est mis au service de cet outil, puisque les environnements sont parsemés d’obstacles et d’objets pouvant faire office de couverture. Si votre jauge d’aggro reste à fond pendant un certain temps, vous avez la possibilité de passer en mode dévastation, un mode qui dure environ 10 secondes et qui libère un niveau d’agressivité extrême durant lequel la puissance de feu est décuplée. Globalement, ce système d’agressivité enrichi le déroulement des niveaux. Il empêche le jeu de se cantonner à une action basique. Une solution intéressante, qui mérite d’être réutilisée, tant elle favorise la tactique et rend l’action intelligente.

Dans certaines zones, vous aurez l'occasion de faire du dos à dos avec votre équipier.

Le binôme au masque de fer

La tactique a beau être mise au premier plan, Army of Two n’en perd pas pour autant son côté fun. Le plaisir de jeu est bien au rendez-vous. Certaines scènes sont particulièrement marquantes, à l’image des passages en parachute, où l’un des deux équipiers pilote la voile, et où l’autre utilise un fusil longue distance pour dégager la voie. Tous ces petits moments prennent véritablement leur dimension lors du jeu avec un ami, en local avec deux manettes, ou sur internet. Le fait de jouer en binôme avec un joueur humain révèle les qualités du jeu. De plus, l’intelligence artificielle ennemie est plutôt rusée. Elle donne du fil à retordre, même à un binôme de joueurs humains, lorsque la difficulté est montée d’un cran. Des petites fonctionnalités sympathiques sont aussi de la partie, comme la possibilité d’échanger votre arme avec celle de votre équipier durant l’action, même en mode solo. L’autre côté fun du titre, c’est certainement son système de monnaie, relativement modeste mais suffisant. Chaque objectif complété déverse un peu d’argent sur votre compte. Cet argent vous sert à acheter des armes ou des équipements, mais également à les personnaliser, tant au niveau des fonctionnalités que du look. Concernant les modes de jeu, en dehors de la campagne et de la coopération, le mode en ligne classique est également présent, et permet à des équipes de deux joueurs de s’affronter, sur le même principe de jeu que la campagne. Cependant, en l’état actuel, ce mode a une fâcheuse tendance à souffrir de lag.

L'animation lors de l'échange d'armes est du plus bel effet.

Aucune guerre n’est parfaite

De manière générale, la réalisation est bonne. L’ambiance visuelle est tout à fait dans la moyenne de ce qui se fait sur console de nouvelle génération, et la bande son est d’excellente qualité, autant dans le choix des morceaux que dans leur intégration au sein de l’action. Néanmoins, certains défauts sont redondants et déçoivent. C’est par exemple le cas des quelques boss disséminés dans le jeu. Ces derniers sont beaucoup trop faciles à battre, et les développeurs ont campé sur la technique d’aggro lors des combats de fin de niveau. Ainsi, il suffit parfois de faire diversion et de contourner le boss pour le tuer de quelques balles en lui tirant dans le dos, ou tout simplement en lui lançant quelques grenades. Autre défaut parfois gênant : la petite taille des niveaux et leur déroulement sous forme de couloirs, qui nuit un peu à la tactique et au contournement des ennemis. Ce défaut n’est pas contrebalancé par le GPS, qui offre un guidage beaucoup trop didactique dans les niveaux, sans vraiment vous laisser le soin de découvrir pour trouver votre chemin.
Les Plus
  • Le système d’aggro
  • Le mode coopératif
  • La campagne solo intéressante
  • Une réalisation de bonne qualité
Les Moins
  • Le level-design
  • Les combats contre les boss
  • Le système de guidage trop dirigiste