Infernal magnas veritas

15 mars 2007
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2

Même si Infernal peut être encensé sur beaucoup d'aspects, il est indéniable qu'il reprend les défauts bien connus des jeux de son type. Par exemple, certains extérieurs donnent une profondeur de champ bien fictive. En fait, des murs invisibles mettent fin à toute tentative de promenade en forêt. L'action est ultra scriptée. Ce qui donne au final un level-design qui peut se résumer à des couloirs, reliant des pièces où se déroulent une action, et ainsi de suite. Pire, les joueurs un peu trop pressés manqueront le script qui permet d'ouvrir la porte de sortie. De tout cela découle évidemment un désintérêt total quant à parcourir l'aventure une seconde fois. Une fois les secrets des boss et des niveaux dévoilés, le soufflet retombe. Même si les doublages ne sont pas toujours de première fraîcheur, un vrai travail de traduction dans les décors a été réalisé par les développeurs de Metropolis Software. Un nombre incalculabe de cut-scene achève la sensation d'action que vous pourriez avoir. S'il fallait trouver un dernier bon point, ce serait au niveau des lourds riffs de guitare qui se déclenchent aux premiers coups de feu. Hélas, eux aussi deviennent répétitifs. En peaufinant son gameplay basique et la qualité des niveaux, Infernal aurait été promis à un tout autre avenir.

Les méchants n'ont pas toujours été à la mode. Si à quelques rares occasions vous pouviez vous attacher à certains d'entre eux, c'est toujours pour les voir perdre à la fin. Avec l'arrivée d'Infernal, cette époque est révolue. Vous incarnez ici le meilleur des anges maintenant déchu. Pire : il s'allie avec le malin en personne pour accomplir ses noirs desseins. Au final, vous obtenez un jeu d'action pure, servi par de magnifiques graphismes, qui sait indéniablement se faire remarquer. Est-ce suffisant ?

Le ton est vite donné.

Ange ou démon ?

C'est bien connu : les anges et les démons s'affrontent sur Terre depuis des millénaires. Voila maintenant quelques précisions que vous ne manquerez pas de ressortir en société. Le camp du bien est couvert par la société Paradisiac, qui emploie des agents spéciaux : les anges. Quant aux démons, ils sont employés par Abyss. Au milieu, il y a vous, Ryan Lennox. La manière dont vous avez mené vos précédentes missions n'a pas du tout plu à votre patron. Il vous a donc renvoyé, n'hésitant pas à faire de vous un simple mortel. Certes, de cette manière vous découvrez les joies du sexe et des sensations que seuls les humains connaissent. Mais coincé par cette situation, vous ne pouvez que vous enroler auprès du camp adverse. En plus d'être déchu, vous voila renégat. Bravo, c'est du propre car maintenant les ennuis commencent.

Une manière de se planquer offensivement.

Conflit d'intérêts

Un des gros avantages à travailler pour Abyss, en plus de l'assurance incendie offerte, est de posséder de nouveaux pouvoirs spéciaux. Au programme, téléportation, invisibilité, augmentation des pouvoirs destructeurs et autres joyeusetés pour vous aider à traverser les niveaux. Et c'est d'une vue à la troisième personne que vous dirigez votre héros. Cependant, la première mission qui consiste à vous sortir sain et sauf d'un bar permet de manier le héros en tant que simple mortel. Et c'est très important. Vous découvrez ainsi ses possibilités comme se mettre dos au mur pour se protéger. Toujours collé à une façade, vous tirez à couvert. Traversez les couloirs en roulade, collez les ennemis pour les finir à coups de poings. Au final, récupérez les armes sur les cadavres. Voila une panoplie de mouvement qui fait plaisir à voir. Seul le saut ne colle pas à l'ambiance, car assez mal réalisé. Heureusement, vous ne vous en servez pas intensément, et donc oubliez vite cette faute de parcours.

La vision démoniaque permet de trouver encore plus de bonus.

Une infiltration au marteau-piqueur

Ceux d'entre vous qui ont par mégarde entendu dire que le jeu possédait un côté "infiltration" peuvent se laver les oreilles au savon noir. Car à partir du moment où vous pouvez récupérer les âmes de vos ennemis tombés au combat - et donc vous régénérer en énergie et en munitions - tout devient plus bourrin. En effet, cette abondance de bonus ne peut qu'accélérer l'action. De plus, vous maitrisez dorénavant la vue démoniaque. Elle permet de trouver encore plus de sources d'énergie ou de mana, utile à vos pouvoirs, mais également de découvrir des codes secrets. Point intéressant : lorsque vous êtes dans des endroits très éclairés ou saints, cette mana baisse. Au contraire, sous terre et dans l'obscurité, elle augmente. Pour achever ce descriptif des capacités de Lennox, notez que la touche "action" permet de déclencher portes et mécanismes. Ces derniers, y compris les pièges, ne sont jamais d'une trop grande difficulté. Ils sont cependant parfois bien pensés et auraient mérités d'être creusés.

C'est en de trop rares occasions que vous pouvez détruire le décor.

La salsa caliente

L'action prend place dans une ambiance lourde, accentuée par des jeux de lumière. Les effets spéciaux sont de toute beauté. D'une manière générale, les graphismes surprennent. Que ce soit dans le choix de la palette graphique, collant parfaitement à l'aventure, ou encore dans le choix des textures, tout n'est que flattement de rétine. Infernal gère les cartes physiques AGEIA PhysX. Tout a très bien tourné sans aucun ralentissement sur notre PC de test, équipé d'un processeur à 2Ghz, 1Go RAM et une 7900GT. Force est de constater que ce qui apparaît à l'écran est à la limite de la contradiction avec la configuration précitée. Certes, le 1024x768 n'est pas dépassé, mais le résultat est tout de même bluffant. Les ennemis sont correctement modélisés, mais ce n'est pas ce qui les rend le plus intéressant. Sans être totalement difficiles à tuer, ils roulent, se cachent, et parfois ont un semblant d'organisation. Quel plaisir de ne pas assister à un massacre d'amibes ! Les boss sont également de la partie. Ils donnent du fil à retordre et vous forcent à maitriser totalement vos pouvoirs, tout du moins la première fois que vous les affrontez.
Les Plus
  • Les graphismes superbes
  • Les ennemis qui esquissent un semblant de cohésion
  • Le scénario bien plus fouillé que la moyenne
Les Moins
  • Les niveaux inintéressants
  • Trop bourrin
  • Trop court
  • Une rejouablité inexistante, même en mode plus difficile
  • Pas de balistique