GTA Vice City Stories : les eighties contre-attaquent

31 janv. 2007
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Vice City Stories pose une question essentielle : "La série des GTA peut-elle encore se renouveler ?". Certes, l'histoire réserve des surprises et des rebondissements (avec notamment l'apparition d'un chanteur-batteur célèbre). Certes, l'humour et le second degré sont omniprésents. Certes, l'ambiance eighties peut charmer quelques nostalgiques. Certes, techniquement, le jeu est étonnant. Certes, la conduite est agréable. Mais l'ensemble sent le "déjà-joué". Vice City Stories donne l'impression de rejouer aux mêmes missions, dans les mêmes situations avec les mêmes problèmes de prise en main que Liberty City Stories. Si les fans de la série y trouveront leur compte, les autres seront déçus par un jeu bancal et bâclé.


Rockstar prend l'habitude de ressortir ses anciens titres en version de poche. Après Liberty City Stories et en attendant un San Andreas Stories, le studio se lance dans un remake coquet et "coké" de Vice City. Véritable prouesse technique, le jeu est également une plongée dans le monde parallèle de la ville du vice. Faux-remake, Vice City Stories se permet d'intégrer de vraies nouveautés comme la possibilité de se bâtir un empire du crime. Tony Montana craint déjà pour son business.

Voici le gros nounours qui vous sert de héros.

Le crime paie

Le système GTA est connu : vous commencez comme petite frappe à la solde d'escrocs mineurs pour finir grand mafieux notoire à la tête d'un empire du crime. Vice City Stories ne fait pas exception. Vous incarnez Vic Vance, un gros bras au grand coeur. Il débarque dans Vice City pour s'engager dans l'armée afin d'aider sa mère et son frère, Lance. Alors qu'il pensait gagner honnêtement sa vie en servant la nation, Vic se retrouve sous les ordres d'un caporal louche, accroc au porno et à la coke. Vous faites progressivement la connaissance d'une galerie de personnages plus pittoresques les uns des autres. Pourtant, Vice City Stories est un cocktail bâtard. D'un côté, vous incarnez un gros nounours sans charisme, honnête, presque gendre idéal. D'un autre, ce personnage est inséré dans un univers détonnant avec des rôles secondaires à mourir de rire mais toujours immoraux. L'ensemble tient malgré tout la route, notamment grâce à un second degré toujours présent, plus proche de la parodie de Scarface que d'un vrai documentaire sur les narcotrafiquants floridiens. Évoluer dans le monde de Vice City est un vrai bonheur malgré un Vic Vance aussi charismatique qu'un Bisounours.

Marty et sa bande de ploucs vous offrent vos premiers jobs.

Gangster des années 80

Tous ces personnages délirants s'insèrent parfaitement dans l'univers eighties de Vice City. Copie conforme de Miami, la ville du vice n'hésite pas à piller les clichés cinématographiques : Scarface, Miami Vice, Miami Blues... Vos missions commencent sur l'île de gauche au accent plutôt industriel, alors que la version PS2 vous faisait débuter dans l'île de droite, plus festive. L'organisation spatiale de la ville est malheureusement mal pensée. Les délimitations des territoires de chaque gang ne sont pas assez spécifiées. Faites attention en entrant dans les quartiers : certaines bandes ne vous veulent pas que du bien. En dépit des clins d'oeil qui parsèment le jeu, la manière dont est bâtie la ville ne permet pas de s'amuser autant que dans Liberty City. Certes, adapter une ville énorme sur un format comme la PSP est impressionnant, mais le connaisseur aura vite fait le tour. Reste alors une bande-son 100% eighties, qui replongera certains dans cette période trouble de la musique. La playlist est éclectique : du hard-rock (Kiss, Scorpions, Judas Priest), du rock (Genesis, INXS), des slows (Foreigner, Toto, Phil Collins), du hip-hop (Run DMC, Afrika Bambaataa), du funk (Earth Wind and Fire, Marvin Gaye, Barry White, Rick James), de la new-wave (The Cure, New Order, Blondie), et même de la rumba. Du très bon, tout comme les voix parfaitement jouées.

Belle baraque, costume à la mode et joli gun.

L'empire du milieu clandestin

Une fois installé dans cette ville hostile, Vic va se lancer dans le business illégal. Tout au long du jeu, en marge des missions classiques, votre personnage se consolide un empire du crime en se livrant à des activités bien entendu, peu recommandables. Votre premier business est petit et ne s'étend qu'à quelques pâtés de maison. C'est en faisant des missions annexes que vous montez dans la hiérarchie. Plus vous deviendrez gros, et plus les autres gangs rivaux vous jalouseront et tenteront de renverser vos business. Vos concurrents ont également des affaires disséminées dans leurs quartiers ; il est même possible de les voler en détériorant leur réputation. Bref, ce mode Empire s'avère être une très bonne idée, puisqu'elle permet un jeu dans le jeu. A la manière d'un SimCity mafieux, vous développez progressivement vos activités en remplissant les missions ainsi qu'en investissant dans des business plus grands. Seul regret : si les missions sont de plus en plus difficiles, les développeurs ne les ont pas insérées dans l'intrigue. Cette guerre des gangs est donc totalement déconnectée de la progression scénaristique. Dommage car sur le papier, l'idée est excellente et préfigure certainement un hypothétique GTA Online.

Vous et vos potes imposent la loi dans le quartier.

Coopération et compétition

A cela, Vice City Stories ajoute plusieurs modes multijoueurs. Déjà inauguré dans le précédent volet PSP, le jeu à plusieurs prend encore un peu plus d'envergure même s'il reste limité à un mode ad hoc. Il faudra donc trouver cinq autres gangsters prêts à en découdre ou mieux, à vous aider. C'est là toute l'intelligence du multijoueur de Vice City Stories : les développeurs n'ont pas bridé les velléités des joueurs en introduisant un unique mode Deathmatch. Non, le jeu offre une variété appréciable dans sa manière de jouer. Il s'agit ici de voler le plus de voitures, d'atteindre le tank pour pouvoir tout détruire, de mener à bien un contrat contre un joueur adverse, de participer à des courses, de protéger un VIP-joueur ou encore de poser des bombes pour détruire les empires ennemis. Le terrain de jeu alloué n'est pas limité à des aires exiguës : libre à vous de jouer dans l'immense carte de la ville du vice. Cette liberté a pourtant des défauts : si vous jouez à moins de trois, les quartiers seront désespérément vides avec un trafic réduit et de rares piétons. Un conseil : rameutez tous vos amis.

Tentez de semer vos rivals tout en protégeant votre frère.

Baby you can drive my car

Pour arpenter les rues de Vice City, de nombreux véhicules sont à votre disposition. Les amateurs de la série retrouveront la plupart des modèles vus précédemment, parfois sous d'autres formes, puisque l'épisode se passe une quinzaine d'années avant Liberty City Stories. Le passage sur PSP n'a pas totalement altéré la prise en main toujours aussi plaisante. Les véhicules sont légers, permettant ainsi une conduite souple et un plaisir immédiat. Le moteur physique est parfois irréaliste mais là n'est pas la question. Quel bonheur de pouvoir slalomer dans les embouteillages, de prendre des raccourcis improvisés et de finir sa lancée dans une voiture de police. Ces derniers n'hésiteront pas à utiliser la manière forte pour vous éliminer dans des rodéos mémorables, même si leurs intelligences artificielles restent très limitées. Outre les voitures et les motos, Vice City accueille pour la première fois des jet ski, séduisant à piloter et plus tard, les habituels hélicoptères. Si la prise en main est confortable, l'ergonomie de la PSP fait toutefois défaut dans vos courses poursuites. Déjà pointé du doigt sur Liberty City Stories, le manque de gâchettes rend quasi-impossible les drive-by (vue latérale et tir à l'uzi). L'ensemble oblige à une gymnastique gênante et peu appropriée.

Tirez dans le tas avec votre fusil à pompe.

Guns on the roof

Après être sorti de votre véhicule et avoir fait le plein en armement, vous pourrez enfin assouvir vos passions meurtrières. Si la série GTA a souvent été étiqueté comme une "simulation de meurtres", alors Vice City Stories en est une très mauvaise simulation. Certes, votre arsenal est complet avec un large choix allant de la tronçonneuse au lance-roquettes. Mais le gameplay ruine l'espoir de voir les défauts de Liberty City Stories corrigés. Ainsi, vous devrez toujours maintenir la gâchette droite pour viser, puis tirer avec Rond. Si le système est aisé lorsqu'il n'y a qu'un seul ennemi, tout se complique lorsque des nuées de gangster viennent vous attaquer. Le changement de cible se fait avec la croix directionnelle et de manière totalement aléatoire. Il n'est pas rare de cibler un innocent dans une guerre de gang. Enfin, il est possible de passer en visée manuelle mais là encore, votre personnage reste statique face aux balles et le stick analogique est imprécis. Cet aspect gâche totalement un titre qui aurait pu se succéder à lui-même sur le podium des meilleurs jeux PSP.
Les Plus
  • Le second degré des personnages
  • Un exploit graphique
  • L'ambiance eighties réussie
  • Le multijoueur bien pensé
Les Moins
  • Un Vic Vance pas assez voyou
  • Missions répétitives
  • La prise en main peu confortable