Ankh 2 gagne le coeur d'Osiris

15 déc. 2006
Testé par sur
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Il y a un peu moins d'un an, Ankh permettait de redécouvrir le genre point'n'click. Dans des décors égyptiens cartonnesques, son aventure loufoque vous emmenait à la rencontre de personnages hauts en couleurs. Hélas, son humour un peu timide et sa courte durée de vie ne font pas de lui un titre inoubliable. Il semble cependant que les développeurs souhaitent apprendre de leurs erreurs passées. C'est du moins ce qu'ils essayent de prouver avec Ankh : Heart of Osiris. Alors pari tenu ?

Un générique de fin au début, le ton est donné.

Besoin d'explications

Ankh : Le Coeur d'Osiris ne présente aucune amélioration graphique et ne comporte aucune nouveauté notable par rapport à son prédécesseur. Vous voila prévenu. Après une petite année de travail, les développeurs proposent simplement une histoire retravaillée. Celle-ci débute là où vous aviez laissé Assil, le héros, lorsqu'il avait mené sa mission de protecteur de l'Ankh (son amulette) à bien, en battant au passage Osiris. Et voila que justement les sbires du dieu en colère vous dérobent votre précieux. Vous partez à leur recherche dans les rues du Caire endormi. C'est de cette manière que vous prenez en main le titre et reconnaissez les lieux. Quelques associations simples d'objets et des conversations - à but lucratif - à tenir vous donnent le ton. Ces dialogues font moultes références à l'aventure du premier volet. Le nouveau joueur se sent comme dans une fête où tout le monde se connait, sauf vous. Mais ça ne dure pas longtemps.

Des personnages... attachants ?

Et tu cliques, cliques, cliques

En effet, le début de l'aventure se passe de nuit en ville. Tout est calme, seuls quelques PNJ trainent dans les rues. Rien ne presse, au début votre avancée va crescendo dans la difficulté, alors prenez votre temps. Ceux qui ne connaissent absolument pas le style du jeu et pensent que leur héros va gagner des points de puissance méritent une explication. Alors rectifions la vérité, les seuls points que vous gagnez en jouant aux point'n'click sont des points de logique. Et non, le héros ne fait pas de "kamehameha". Oui, il assemble des éléments qui le font avancer dans l'aventure. Non, connaitre les combo x10 de Street Fighter Alpha 3 Max ne servent à rien ici. Oui, il vous faut une souris pour jouer. Vous êtes plus dans une configuration où il faut converser avec un ami pour qu'il vous confie une bougie. Utilisée avec un bol et le cracheur de feu, elle vous donne de la cire liquide. Parlez au tailleur, il vous avoue sa passion honteuse pour la coiffure, et daigne vous épiler le menton. Tout ça pour que vous puissiez entrer en boîte. Cela semble tordu, ça l'est vraiment, et c'est tant mieux !

Cette fois ci, vous incarnez le Pharaon.

Un univers unique

Au delà de ces associations douteuses, l'univers visité est la clef du succès du titre. Encore une fois, Ankh : Le Coeur d'Osiris souffre de son statut de suite. Les joueurs du premier épisode n'ont pas l'effet de surprise qui rend les scènes encore plus loufoques qu'elles ne le sont vraiment. Par contre, les autres joueurs découvrent avec plaisir ces personnages tous plus "intéressants" les uns que les autres. Après Assil, c'est Tarah et par la suite le Pharaon que vous incarnez. Cela donne l'impression de vivre plusieurs aventures dans le même laps de temps. Idéal pour relancer l'intérêt du titre et complexifier le scénario. Ces changements de peau sont servis à merveille par des doublages impeccables. Tout comme les décors, les énigmes ne manquent pas de qualité. C'est plutôt l'inégalité de difficulté dans la succession de ces dernières qui pose problème.
Les Plus
  • Un humour loufoque est omniprésent
  • Les personnages rencontrés ont une réelle identité
Les Moins
  • Trop peu de diversité dans les décors
  • La difficulté n'est pas assez progressive, elle en devient vite rebutante
  • Trop de références non expliquées à Ankh Ier du nom
  • Certains objets se fondent dans le décor, et deviennent très dur à repérer
  • Identique au premier
Résultat

En effet, les amoureux de Day of the Tentacle ou Grim Fandango ont de quoi se mettre sous la dent quelques énigmes bien senties. Par contre, si vous ne connaissez pas le genre, certains cadeaux empoisonnés risquent bien de vous faire mettre la clé sous la porte dès le deuxième chapitre. C'est court, très court si vous vous arrêtez là. C'est le plus gros défaut du jeu. Néanmoins, vous prenez plaisir à chercher quels enchainements stupides les développeurs ont pu trouver pour vous faire arriver à bon port. Et surtout, quelle satisfaction vous éprouvez lorsque vous y arrivez ! Ankh : Le Coeur d'Osiris est un challenge à lui tout seul. Sa durée de vie, bien que améliorée par rapport au premier opus, n'est pas des plus conséquentes. Elle est surtout régie par la cadence à laquelle vous abattez les problèmes rencontrés. Au final, il n'est possible de ne conseiller ce titre qu'aux amateurs du genre qui ont de plus apprécié Ankh. Pour plus de plaisir, les fans de ce style devront commencer par le premier épisode de la série. Uniquement dans le but de profiter pleinement par la suite de cet enchainement.