Doublé gagnant pour Runaway

18 déc. 2006
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Runaway 2 est un très bon jeu d’aventure. Avec cet emballage visuel de qualité, cette diversité de situations improbables et ces personnages ahurissants, c’est un vrai plaisir que de suivre une nouvelle fois les pérégrinations de Brian et Gina. Mais ce sont surtout l’excellent travail d’écriture et le souci du détail qui font de ce titre un incontournable. Dommage que cette maîtrise du sujet ne soit pas exploitée à 100 % en proposant par exemple une manière plus interactive d’appréhender le genre, genre qui montre ici clairement ses limites en terme de gameplay. Peut-être qu’un troisième épisode saura le faire évoluer dans ce sens...

Avec un premier épisode salué aussi bien par les joueurs que par la critique, Pendulo tente évidemment de réitérer l’exploit. Car à l’heure où la mode est aux gros titres musclés, full 3D et foisonnants d’effets graphiques tape à l’oeil, parvenir à remettre au premier plan le genre aventure point’n’click relève bien de l’exploit. Brian et Gina sont donc de retour dans une nouvelle aventure exotique et, ne tournons pas autour du pot, c’est effectivement un vrai régal que de les retrouver en si grande forme.

Une lune de miel qui tourne au vinaigre...

Du point'n'click tip top

Partis en lune de miel dans l’hémisphère sud, Brian et Gina en profitent pour aller faire un tour sur l’île paradisiaque de Tiki. Plutôt que d’atterrir simplement sur la piste locale, le vieux débris volant qui leur sert de moyen de transport choisi de s’écraser lourdement en pleine jungle. Brian ayant judicieusement forcé Gina à sauter en parachute juste avant le crash, nos deux tourtereaux se retrouvent séparés... Et l’aventure commence ! Vous voila donc parti à la recherche d’objets à combiner, d’indices à récolter pour passer aux scènes suivantes. Comme pour Runaway, Pendulo ne réinvente pas le genre : scrutation du décor à la souris pour repérer les zones interactives, et dialogues à choix multiples avec des personnages pour vous aiguiller dans vos recherches. L’amateur ne sera pas dépaysé.

Brian s'interroge et le joueur rigole.

Propre sur lui et cultivé

Pendulo a d’abord concentré ses efforts sur l’aspect graphique du jeu. Si le côté "cartoon" réjouissant du premier épisode est toujours de mise, il est cette fois renforcé par plusieurs effets spéciaux. Les décors sont par exemple rendus plus vivants grâce à l’apport de lumières dynamiques, d’effets atmosphériques, de changements de caméras en temps réel ou encore de quelques animations. Les personnages sont également peaufinés et bénéficient d’effets de profondeur et d’éclairages en temps réel. Pour vous assurez une progression fluide dans l’intrigue, plutôt complexe, Runaway 2 est entrecoupé de nombreuses cinématiques parfaitement réalisées. Elles sont souvent l’occasion de distiller un humour impeccable, truffé de clins d’oeils et de références au cinéma, à la bande dessinée et au jeu vidéo.

Joshua est un peu comme la vérité : ailleurs.

Une écriture d'exception

Car au-delà de ses qualités visuelles indéniables, et de son gameplay aux principes éprouvés, l’intérêt principal de Runaway 2 réside essentiellement dans son humour. Le titre de Pendulo dispose d’une qualité d’écriture rarissime pour un jeu vidéo. Si le scénario en lui-même n’a rien d’exceptionnel, utilisant les réflexes habituels et souffrant même parfois d’une certaine confusion, les dialogues sont tout à fait réjouissants. Il faut d’ailleurs saluer le travail d’adaptation formidable qui a été fait pour passer de l’espagnol au français. Et pour mettre en valeur ces répliques de haut vol, Focus a fait appel à une brochette de comédiens talentueux, pour la plupart doubleurs d’acteurs étrangers célèbres. Les voix des personnages tels que Joshua, le génie fou, ou bien encore le zoologiste québécois sont à mourir de rire.

Les dialogues à rallonge manquent de sensualité.

Des bavardages séduisants ?

Comme la majorité des jeux du genre, Runaway 2 est très bavard. Si la qualité des dialogues permet de faire passer leur omniprésence, il reste un défaut flagrant que le genre n’a étonnamment toujours pas réussi à résoudre : les séquences de dialogues sont très – très – longues et, du strict point de vue du gameplay, terriblement statiques (un clic pour choisir les questions à poser et un décor qui ne change pas). Avec la palette d’effets cinématographiques disponibles et déjà largement utilisés au cours des cinématiques (contre-champ, gros plans, etc.), il semble pourtant assez simple de dépoussiérer visuellement ces passages. Alors pourquoi ne pas tenter de les dynamiser, même un peu, pour renforcer l’intérêt du joueur ? Du côté du gameplay, un jeu comme Fahrenheit a ouvert une brèche mais peu de développeurs osent encore s’y risquer. Dommage.
Les Plus
  • Une ambiance cartoon, loufoque et un poil irrévérencieuse
  • Des dialogues parfaitement cisellés
  • Un doublage impeccable
  • Des situations improbables
  • Des références succulentes
Les Moins
  • Des bavardages qui demandent juste à être plus sexy
  • Un scénario parfois confus