Darwinia, le premier jeu pour bo-bo ?

26 nov. 2006
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3

Darwinia utilise une apparence basique mais un gameplay étudié et accrocheur. En ce sens, il n’échappe pas au syndrome du jeu concept, qui consiste à ne se laisser approcher que par des initiés ou du moins des joueurs curieux. Les différentes répliques de votre guide dans le jeu (le créateur de l’univers de Darwinia) illustre cette orientation : elles sont parfois ampoulées, voire pompeuses, ce qui ne facilite pas toujours votre implication. Au delà de ça, ce titre propose un challenge intéressant, original par les temps qui courent, et qui sait suffisamment se renouveler au fil des niveaux pour entretenir votre intérêt. Si vous aimez chambouler vos habitudes, ce serait dommage de passer à côté de ce Darwinia.

Au milieu des univers rabâchés que nous sert très régulièrement le jeu vidéo, difficile pour un ovni tel que Darwinia de passer inaperçu. Graphismes épurés, principes simples, ambiance humaniste, ce drôle de jeu s’articule autour d’un parti pris pas forcément nouveau mais très rarement usité : pourquoi faire compliqué et tape à l’oeil quand on peut faire simple et efficace ?

Voila un écran de chargement qui devrait parler aux vieux de la vieille...

Cachez ses pixels que je ne saurais voir !

Amateurs de graphismes qui tâchent, d’ambiances réalistes, d’univers gothiques, d’heroic-fantasy ou même d’aventures exotiques, passez votre chemin. Darwinia emprunte un sentier encore sauvage que peu de développeurs ont osé débroussailler jusqu’à présent. Le concept est pourtant très simple, et largement inspiré du début du jeu vidéo où les idées prévalaient encore sur la forme. S’il faut le classer, Darwinia est à ranger dans la niche des god-games puisque vous y incarner un être supérieur, capable de contrôler un univers numérique construit à partir de différents ordinateurs Prologic 68000 fonctionnant mal. Le titre surfe sur cette vague nostalgique que les joueurs vieillissants affectionne. Cette orientation est rendue évidente par le choix graphique : les pixels sont visibles à l’écran, tant au niveau des protagonistes du jeu que des décors. Culotté à l’heure où une course à la technologie s’évertue à gommer ce qui pourrait être - ce qui est souvent - perçu comme un manque de finition.

Les menus sont on ne peut plus clairs et simples à utiliser.

Gestion intelligente

Le professeur Sepulveda a besoin de vous. Le monde numérique qu’il a créé, Darwinia, est submergé par un puissant virus. Pour dramatiser la situation et bien entendu susciter votre intérêt, une forme de vie intelligente est directement menacée par cette invasion virale. Votre tache consiste donc à sauver ces Darwiniens en péril. Pour ce faire, vous disposez de 4 outils appelés "programmes" : les escouades, constituées d’unités de soldats pour combattre directement les différentes formes du virus ; les ingénieurs, capables de récupérer des objets, de reprogrammer des constructions et de collecter les esprits des Darwiniens ; les officiers, qui permettent de contrôler directement les Darwiniens alentours pour les conduire en lieu sûr ; et enfin, les blindés, conçus pour le transport de masse de Darwiniens mais qui peuvent également servir de canons de bataille lorsque la situation l’exige. Darwinia fonctionne un peu comme un RTS avec le déplacement d’unités sur une carte que cela sous-entend. A la différence près qu’ici, vous ne pouvez gérer que 3 programmes simultanément. A vous de jongler entre vos besoins en unités d’attaque (les escouades) et de gestion (les ingénieurs), car ce n’est pas la supériorité numérique qui vous mènera à la victoire.

Ils n'ont l'air de rien comme ça, mais vous prendrez plaisir à veiller sur eux.

Joli amas d'âmes

Un gestionnaire de programmes vous permet de contrôler les types d’unités que vous utilisez en simultanée. Pas assez d’escouades pour venir à bout des formes de virus (il en existe 8) à proximité ? Fermer un programme "ingénieur" pour le moment inutile, vous laisse ainsi la possibilité de créer de nouvelles unités d’escouade. Darwinia vous oblige à opérer une gestion réfléchie et intelligente. La conception des différents niveaux est d’ailleurs le reflet de ce parti pris. Il ne s’agit pas d’aller d’un point A à et point B en éradiquant toutes les formes de virus présentes sur la carte, mais de mettre au point une stratégie d’approche permettant à la fois de remporter la victoire mais également et surtout, sauver un maximum de Darwiniens. Sous ses airs cyber et à priori sans âme, Darwinia est un jeu humaniste : lorsqu’une créature du jeu meurt, que ce soit un virus ou un Darwinien, elle laisse derrière elle un esprit. En récupérant ces esprits et les plaçant dans un incubateur, vous pouvez faire renaître un Darwinien. Et au fur et à mesure de votre progression, vous serez surpris de constater votre empressement à veiller à la sécurité de ces petits pixels verts, anodins, impersonnels mais à la vulnérabilité si attachante...
Les Plus
  • Le concept original
  • Un gameplay simple et étudié
  • Des Darwiniens attachants
  • La bonne diversité des niveaux
Les Moins
  • Se prend trop au sérieux
  • Les stratégies d'approche un peu systématiques
  • Le pathfinding perfectible