Horizon Forbidden West

25 juil. 2022

Aloy évolue dans sa zone de confort

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Ah le fameux deuxième rendez-vous ! Celui qui est censé confirmer les bonnes impressions du premier, remettre sur le tapis les qualités qui nous ont fait attendre impatiemment cette nouvelle rencontre. Avec Horizon Forbidden West, on peut dire qu'Aloy en remet un bon paquet sur le tapis. Mais avant de réétaler ses atouts, aussi grands soient-ils, notre héroïne à la chevelure incendiaire aurait peut-être dû aussi penser à les rafraîchir.

L'histoire

Soyons direct : l'histoire de Horizon Forbidden West est chiante. Ou en tous cas mal racontée. Il faut dire qu'Aloy a, comme nous, perdu son innocence. On est loin de la jeune chasseuse-cueilleuse des débuts, qui ne savait pas encore qu'elle aurait l'énorme responsabilité de sauver la planète. Cette fois, elle sait. Toutes les tribus le savent aussi et la regardent d'un air admiratif ou dédaigneux selon leur alignement. Côté ennemis, en plus des machines toujours aussi impressionnantes, une organisation à la Illuminati tire les ficelles pour que le monde sombre, infecté par un mystérieux fléau qui rend la végétation magnifiquement rougeâtre. Seule remède à ce sort funeste : rassembler les parties de Gaïa éparpillées sur la carte.

L'infiltration est toujours aussi efficace mais également très téléphonée.

Le principe

Aloy va donc parcourir un monde "hyper" généreux, ou plutôt sublimement composé. Le principe de l'open world est respecté grâce notamment à un level design de très bonne facture et une belle diversité des environnements. Malheureusement, un focus qui vous indique le moindre élément et les commentaires assommants d'Aloy finissent par refroidir votre curiosité exploratrice. En effet, le jeu vous prend constamment par la main, vous ne pouvez pas vous perdre ou même prendre le temps d'essayer. La réflexion s'en trouve donc presque inutile, comme par exemple lors des phases d'infiltration trop téléphonées.

Pourtant, l'ensemble reste au niveau de l'épisode précédent, c'est-à-dire très haut. Les nouveautés telles que le grappin et une voile pour planer apportent leur petit vent de fraîcheur, à défaut d'être révolutionnaires. Ce sont surtout les premières heures du jeu qui traînent en longueur. Les habitués seront en terrain trop connu pour ne pas s'ennuyer un minium. Fort heureusement, même si la cuisson est longue, la sauce prend et le reste de l'aventure retrouve un niveau suffisamment élevé pour maintenir l'intérêt. Les passages aquatiques à Las Vegas sont notamment assez magiques.

Les ambiances sont parfois magiques.

Pour qui ?

Vous l'aurez compris, Forbidden West peut se révéler un poil décevant pour ceux qui ont goûté à Zero Dawn. La recette est la même, moins la surprise de la découverte et surtout avec cette sensation d'être sur-guidé, voire assommé par un open world étonnamment trop dirigiste (quelle idée de ne pas pouvoir grimper partout, franchement ?). Les nouveaux venus quant à eux ne bouderont pas leur plaisir de découvrir un monde dense, original (du côté des machines surtout) et avec une portée épique joliment mise en valeur.
Les Plus
  • Le plaisir de retrouver Aloy et cette épopée
  • Encore plus beau
  • Défier les machines est toujours aussi kiffant
  • Des passages aquatiques assez magiques
Les Moins
  • Le backseat d'Aloy devient vite agaçant
  • Un jeu très - trop - bavard
  • Les premières heures dirigistes au possible et sans surprises
  • Le gameplay peine à se renouveler
  • L'infiltration trop téléphonée
Résultat

Non, Horizon Forbidden West n'atteindra pas la note maximale. D'abord parce qu'il ne s'agit ni plus ni moins que d'une redite du premier volet. Ensuite parce que son open world même magnifique n'offre finalement que des interactions redondantes et limitées comparé à des ténors du genre tels que Red Dead Redemption 2 et Ghost of Tsushima. Si vous découvrez cette licence, l'effet de surprise, la magnificence de l'environnement, l'affrontement avec des machines impressionnantes et certains passages absolument magiques viendront atténuer ces défauts. Mais, entre nous, lorsqu'on a autant apprécié l'épisode d'origine, il est difficile de pardonner une suite qui se repose autant sur ses lauriers.