Yakuza : Like a Dragon

25 nov. 2020

Comme un boss

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4
  • Éditeur SEGA
  • Développeur SEGA
  • Sortie initiale 10 novembre 2020
  • Genres Action, Aventure, Third Person Shooter

Septième épisode de la série principale, Yakuza : Like a Dragon avait le même but que ses prédécesseurs : renouveler sans cesse son archétype (celui du yakuza, membre de la pègre japonaise) afin de toujours donner au joueur l'envie de revenir. Et le moins que l'on puise dire, c'est que le résultat s'avère concluant.

L'histoire

Yakuza : Like a Dragon vous fait suivre la trajectoire d'Ichiban Kasuga, yakuza de 24 ans au début du jeu et qui va sacrifier 18 ans de sa vie en prison pour le bien de sa "famille", celle de Masumi Arakawa. Mais voilà, à sa sortie, Ichiban fait un constat amer : alors qu'Arakawa a grimpé au point de devenir la "famille" principale du quartier de Kamurocho, le héros semble être tout bonnement ignoré par son ancien chef qu'il considérait comme un père.

Sans en dire plus afin de ne pas gâcher inutilement la surprise, sachez que Like a Dragon a surtout la force de vous faire rapidement oublier Kiryu Kazuma : sans être meilleur (chacun ses goûts), Ichiban est une alternative plutôt judicieuse à l'ancienne figure de la série. Quand le protagoniste initial était sage, celui-ci sait parfois être impulsif. De ce fait, le titre apporte déjà une petite nuance bienvenue par rapport à ses prédécesseurs.

La modélisation des personnages principaux est toujours aussi impressionnante. Ici, Arakawa.

Le principe

Mais la métamorphose de Yakuza : Like a Dragon se situe surtout dans son gameplay. Le titre abandonne l'action pure et dure pour reprendre le principe d'un RPG au tour par tour. L'idée est d'ailleurs justifiée dans le jeu, puisque Ichiban est fan de Dragon Quest et se met a fantasmer les ennemis qu'il croise.

Le parti pris est amusant, mais il se révèle surtout très bien fichu. Au fil des heures, vous vous rendez compte que Like a Dragon conserve les forces de la série tout en y appliquant un côté jeu de rôle. Un bon exemple s'avère être la gestion des combats : bien que se jouant au tour par tour et incluant toutes les composantes du genre (altérations d'état, compétences, etc.), le titre conserve sa fougue d'autrefois. Pour cela, il se repose sur la mise en scène. Chaque combat prend directement place dans les rues des villes, avec des transitions simples mais efficaces. De plus, contrairement à d'autres titres, Like a Dragon permet d'enchaîner les attaques avec une certaines rapidité, ce qui confère un certain dynamisme à l'ensemble.

Il faut parfois avoir la sagesse de laisser passer les ennemis.

S'il conserve la force de la série, c'est parce que Yakuza : Like a Dragon fait toujours preuve d'une incroyable générosité. Cela vaut pour les quêtes annexes autant que pour les mini-jeux, toujours aussi nombreux et permettant aussi bien de s'adonner au karaoké qu'au karting. À l'instar des derniers volets sortis, le titre inclut aussi des pans secondaire tels que la gestion d'entreprise... de quoi, une fois encore, être incroyablement riche en un laps de temps assez restreint. Ce ne sera pas de trop pour acheter vos équipements puisque, en bon jeu de rôle, Like a Dragon vous offre la possibilité de faire des emplettes afin de renouveler votre équipement. D'ailleurs, armes comme "armures" peuvent également être améliorées.

Vous pouvez attaquer, parer, utiliser des objets ou compétences... comme dans tout RPG.

La technique

Côté graphismes, Yakuza : Like a Dragon est plutôt dans la veine de ses prédécesseurs. Testé aussi bien sur Xbox One X que sur Series X, le titre n'impressionne pas plus que cela sur la nouvelle génération de consoles, la faute à un développement qui s'est concentré sur la version PlayStation 4 (sortie un an plus tôt). Cela n'empêche pas le jeu de briller à certains moments - notamment avec ses cinématiques et ses modélisations de visages parfois incroyables. Notez aussi que les temps de chargement sont courts sur la dernière née de Microsoft (1 à 4 secondes), et que la différence entre le mode performance (framerate) et graphisme (4K) n'est pas flagrante. D'ailleurs, il faut plutôt jouer dans la première configuration... question de confort de jeu.

Bien sûr, Yakuza reste Yakuza : les mini-jeux sont nombreux. Ici, évitez de vous endormir.

Pour qui ?

Pas de surprise : Yakuza : Like a Dragon convaincra les fans de la série. De plus, il pourrait aussi plaire à quelques joueurs peu aguerris et qui sont parfois rebutés par les jeux d'action. Si le titre conserve du dynamisme et ses qualités scénaristiques, son gameplay au tour par tour s'avère être un excellent moyen de découvrir la licence dans des conditions "pépères".

Le jeu comporte aussi des niveaux prenant la forme de donjons.

L'anecdote

Yakuza : Like a Dragon n'a pas grand-chose de "next-gen", et j'avoue avoir hâte de découvrir ce que donnera le prochain épisode de ce point de vue. Il faut que la série franchisse un pallier sur le plan de l'immersion. Il est par exemple regrettable de voir des voitures si mal modélisées parcourir les rues de Yokohama. Surtout, on se surprend vite à imaginer les nuits nocturnes japonaises éclairées à l'aide du Ray-Tracing, ce qui impacterait grandement le rendu général du titre. Wait and see, comme on dit.
Les Plus
  • Un héros attachant
  • Un changement de genre ambitieux pour un possible épisode de transition
  • Une vraie envie de bien faire, et notamment dans l'aspect RPG
  • Quelques scènes à la mise en scène impressionnante
  • Une belle générosité, avec la conservation des mini-jeux
  • Du contenu s'étalant sur des dizaines d'heures
  • Un scénario avec des thématiques fines et actuelles
  • Probablement l'apogée d'une formule (qui devra passer le cap de la next-gen)
  • Quelques cinématiques assez dingues visuellement
Les Moins
  • Quelques longueurs, surtout au début
  • Des textures qui font parfois taches
  • Une version Series X boostée mais pas incroyable
Résultat

Yakuza : Like a Dragon finit la génération en apothéose. C'est probablement ce qu'il faut retenir de ce septième volet au changement de gameplay rafraîchissant. Aussi généreux qu'à son habitude, le titre ne faiblit pas et le joueur se laisse porter par les péripéties d'Ichiban. C'est drôle, c'est fun, c'est malin, etc. Que demander de plus ? Rien... sur la génération actuelle du moins, car aucun doute que la série devra passer à la vitesse supérieure sur les nouvelles consoles.