Judgment

23 juil. 2019

Le jugement premier

Testé par sur
4
  • Éditeur SEGA
  • Développeur SEGA
  • Sortie initiale 25 juin 2019
  • Genres Action, Aventure

Dérivé de la série Yakuza, Judgment avait une importance certaine pour Toshihiro Nagoshi et le Ryu Ga Gotoku Studio. En effet, il fallait tourner la page de l'excellent Yakuza 6 tout en proposant une certaine continuité. Enquête réussie ?

L'histoire

Si Judgment se déroule toujours dans le quartier de Kamurocho, il place le joueur dans la peau de Takayuki Yagami. Autrefois avocat, le héros décide de devenir détective à la suite d'une sombre histoire : alors qu'il a acquitté l'un de ses clients, ce dernier à commis un nouveau meurtre quelques jours plus tard. De quoi remettre en question les valeurs de Yagami et son rapport au métier d'avocat.

Trois ans après avoir quitté ce milieu, en décembre 2018, Yagami peine à vivre de son métier de détective. Il est alors sollicité pour une enquête particulière : un yakuza a été retrouvé mort, les yeux retirés. Si un malfrat du clan Tojo est d'abord suspecté, Yagami verra rapidement que l'histoire est plus complexe qu'elle n'en a l'air...

Nous retrouvons ici tout ce qui fait la force du Ryu Ga Gotoku Studio, avec pour particularité de nous donner un prisme quelque peu différent. Yagami ne faisant pas partie de la mafia, il a logiquement plus de mal que Kiryu Kazuma lorsqu'il s'agit de questionner des grands gaillards costumés pour obtenir des informations. Et cela se répercute sur le gameplay.

Le jeu propose de nombreuses phases annexes, comme par exemple quelques exercices de logique.

Le principe

Judgment est globalement moins centré sur l'action et plus sur la diversité. Yagami n'étant pas un yakuza, il est moins fréquemment interpellé dans la rue par des rivaux pour combattre. Aussi, de nouvelles mécaniques font leur apparition, comme par exemple la possibilité d'enfiler des déguisements à des moments définis, de crocheter des serrures, de piloter un drone ou encore de prendre en filature des suspects.

Le tout est plutôt rafraîchissant, surtout que nous retrouvons la force de Yakuza : un savant mélange entre réalisme et surréalisme. Le premier est présent dans la vie et le nombre d'activités animant Kamurocho. Le deuxième plutôt dans la mise en scène et les combats, toujours démesurément funs et violents.

Des poursuites et des QTE sont évidemment de la partie.

Pour qui ?

Nous pouvions craindre que l'expérience ne soit pas assez éloignée de Yakuza, et finalement le résultat est assez convaincant. À vrai dire, le système de progression et la diversité du titre incitent à ne pas lâcher la manette. Vous pouvez améliorer les compétences de combat de Yagami, mais aussi des composantes plus secondaires telles que le crochetage de serrure, votre aisance à prendre des photos ou autre. Il est même possible de personnaliser le drone ! Ajoutez les habituelles activités (lieux de regroupement, salle d'arcade, etc.), un scénario bien ficelé et l'ensemble est plutôt accrocheur, même pour les habitués !

Techniquement, le jeu impressionne toujours par le réalisme de ses visages.

L'anecdote

Peut-être êtes-vous au courant des mésaventures de l'acteur Pierre Taki, d'abord modélisé dans le jeu puis retiré après une affaire de drogue. Il est amusant de voir que c'est véritablement comme s'il n'avait jamais existé : le nouveau modèle est réussi, le doublage également et bien malin celui qui pourrait déceler une quelconque anomalie. Aussi, précisons que le jeu est sous-titré en français, une première pour un titre de cet univers.
Les Plus
  • En français !
  • Toujours aussi beau et animé
  • Une diversité bienvenue
  • Un vrai changement de ton, avec un héros attachant
  • Les forces de Yakuza (activités, combats, musiques, boss, etc.)
Les Moins
  • On attend quand même un prochain gros "gap"
Résultat

Après de nombreux volets de Yakuza, nous pouvions craindre une certaine redondance, mais Judgment parvient tout de même à convaincre. Le titre bouleverse les codes juste ce qu'il faut pour conserver la saveur d'une recette appréciée... mais mitonnée différemment. En attendant une vraie révolution, ou plutôt un énième cap technique, il faudra probablement se contenter de ça. À noter que le titre est véritablement un indispensable pour les non-anglophones, privés jusqu'ici d'une des plus grandes licences de ces dix dernières années.