Yonder : The Cloud Catcher Chronicles

21 août 2017
Testé par sur
Disponible sur
3
  • Développeur Prideful Sloth
  • Sortie initiale 18 juillet 2017
  • Genres Action, Aventure

Prenez le temps de niaiser

Pas de chichis entre nous : vous allez forcément tomber sous le charme de ce Yonder. C'est vrai, l'histoire n'est pas exceptionnelle et l'absence de tension rend votre progression plutôt conventionnelle. Mais ce titre mignon tout plein et techniquement parfaitement léché propose un univers d'une richesse insoupçonnée qui vous donne l'occasion de laisser libre cours à vos envies : fermier un jour, pêcheur le suivant et aventurier le plus souvent... Le parti pris pacifiste d'un jeu de cette envergure est appréciable. Ici, vous avez le temps de niaiser comme disent nos amis québécois. Et rien que ça, c'est déjà beaucoup.

Vous avez retourné le dernier Zelda (chapeau bas) et depuis, vous manipulez machinalement votre manette en soupirant d'ennui. Tenez-vous bien : il se pourrait qu'un certain Yonder ait les capacités de vous sortir de ce désœuvrement ludique. N'est pas Zelda qui veut ?

L'histoire

Vous avez le pied marin ? Tant mieux car l'aventure commence sur un joli petit navire. Aussi beau soit-il, il ne va évidemment pas faire le poids face à l'énorme tempête en approche. En un clin d’œil, vous voici donc échoué sur une plage, sans vivres, sans matériel et bien sûr sans équipage. Mais vous êtes Yonder, un petit bonhomme courageux et curieux de savoir où il se trouve. En explorant les environs, il s'aperçoit qu'une malédiction pèse sur cette île, bloquant l'accès à de nombreuses zones mystérieuses. Heureusement, les autochtones sont très accueillants et ne manqueront jamais de vous guider dans votre quête.

Avec ses graphismes colorés tout en rondeurs, Yonder : The Cloud Catcher Chronicles fait immédiatement penser à The Legend of Zelda. Le travelling arrière sur le dos de Yonder lorsqu'il découvre l’île au sommet d'une colline n'est d'ailleurs pas sans rappeler l'une des toutes premières scènes de Breath of the Wild. Prideful Sloth ne s'en cache pas. La série emblématique de Nintendo fait partie des sources d'inspirations de l'équipe, au même titre que les licences Harvest Moon, Animal Crossing et même Skyrim.

OK, vous n'êtes pas dans Zelda mais avouez que ça y ressemble, non ?

Le principe

Explorer, fouiller, collecter, creuser, abattre, planter, récolter, cuisiner, fabriquer, construire, discuter, enquêter, dénicher, pêcher et même apprivoiser, voilà les choses que vous aller pouvoir faire dans Yonder : The Cloud Catcher Chronicles. Si cette liste ne contient pas de verbe tel que défendre ou attaquer, c'est normal : le jeu est on ne peut plus pacifiste. Ici, pas de combats ni de risques de vous faire tuer par des ennemis lors de vos explorations. Le niveau de tension et d'intérêt s'en ressent ? Un peu, c'est vrai. Mais l'ambiance bon enfant et bucolique fait son effet et vous parcourez et agissez sur ce petit monde avec un entrain certain, curieux de connaitre le fin de mot de l'histoire. Vous butinez ainsi de quête en quête, sans forcément privilégier celles qui font avancer l'histoire puisque les annexes apportent une densité plutôt bienvenue à cet univers somme tout très mignon.

Et il faut bien avouer que cet univers vous offre rapidement une belle diversité, aussi bien au niveau de la faune et la flore, que des environnements. Le cycle jour-nuit habituel est de la partie (des énigmes ne peuvent se résoudre qu'à une certaine heure de la journée) mais également une saisonnalité. En hiver, des lacs et cascades se mettent à geler par exemple. Ça n'a l'air de rien, mais dans une production secondaire comme peut l'être Yonder : The Cloud Catcher Chronicles (l'équipe de développement utilise d'ailleurs le terme de "micro-AAA"), cette profondeur est une bonne surprise.

Transformez-vous en fermier en apprivoisant la faune locale.

Pour qui ?

Vous l'aurez deviné, Yonder : The Cloud Catcher Chronicles s'adresse avant tout à un public relativement jeune. L'ambiance, les graphismes et l'absence de combat en font une expérience de choix pour les enfants en attendant qu'ils soient en âge de se lancer dans des aventures plus musclées. En parallèle, l'aspect gestion / bac à sable du titre devrait plaire aux fans de séries comme Harvest Moon et Animal Crossing. Notez tout de même que les plus grands, voire même les adultes peuvent aussi s'amuser avec Yonder notamment grâce à un niveau technique tout à faire respectable. Une pause bucolique entre deux expériences PEGI 18 en quelque sorte.

Le terrain de jeu est conséquent mais vous n'êtes pas censé aller partout...

L'anecdote

Chez Prideful Slots, on retrouve des vétérans du jeu vidéo tels que Cheryl Vance, Joel Styles et John Northwood. Si leurs noms ne vous disent rien, les jeux sur lesquels ils ont pu travailler occupent peut-être une place spéciale dans votre ludothèque. Jugez plutôt : Viva Piñata, Hellgate : London mais aussi la série Batman. Le grand écart est étonnant. Mais voilà qui vous donne une idée du niveau de technicité que vous pouvez retrouver dans Yonder : The Cloud Catcher Chronicles.
Les Plus
  • C'est mignon tout plein
  • Un univers d'une belle richesse
  • De nombreuses activités
  • Techniquement irréprochable
  • Des sources d'inspiration bien utilisées
  • L'envie d'explorer chaque recoin est omniprésente
Les Moins
  • Une histoire conventionnelle et une conclusion un peu sèche
  • Des dialogues passe-partout qui auraient mérité plus de second degré
  • L'absence de tension