Yooka-Laylee

05 juin 2017
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Même jeu frappe encore

Propre malgré une caméra capricieuse, rigolo mais pas trop, Yooka-Laylee a beau être mignon tout plein et surfer sur cette vague de nostalgie dont est si friand notre média vieillissant, la recette éprouvée de Banjo-Kazooie apparaît ici un peu réchauffée. Vous vous amuserez, c'est certain, surtout si vous avez un peu de bouteille et de recul, mais ce simple décalcomanie vous laissera un goût mitigé. Quant aux nouveaux venus, le manque de rythme général et l'absence d'objectif précis n'aideront pas à les motiver outre mesure.

Avec près de deux millions de livres sterling récoltées grâce à une campagne Kickstarter savamment orchestrée, on peut dire que Yooka-Laylee était très attendu. Logique, ce successeur spirituel de Banjo-Kazooie, fier représentant des jeux de plateformes des années 90, est signé par d'anciens employés du studio Rare. Mais entre furieuse nostalgie et modernité relative, il va peut-être falloir choisir.

L'histoire

Yooka et Laylee se prélassent tranquillement en plein soleil sur leurs serviettes en dissertant de... pantalons. Heu, c'est ça qu'on appelle des héros ? En parlant de dissertation, ils ne pourront bientôt plus en faire car tous les bouquins du coin se retrouvent à léviter en direction d'une énorme usine voisine. Dans ce repère forcément malfaisant, un méchant bourdon à nez pointu, épaulé par son sous-fifre de canard sans pattes, fomentent un plan diabolique : récupérer tous les livres de l'univers pour... ouvrir une énorme bibliothèque payante ? Non, pour en devenir les maîtres, tout simplement.

Des bornes d'arcade vous permettent de jouer à des classiques.

Les origines

Dès son annonce en septembre 2012, Yooka-Laylee a toujours été présenté comme le successeur spirituel d'un certain Banjo-Kazooie. Logique puisque à l'origine du projet nous retrouvons d'anciens membres de Rare, le studio qui a donné naissance au célèbre duo cher à la Nintendo 64. Après le rachat de la licence par Microsoft, il fallait bien trouver une astuce pour redonner vie au concept des deux animaux collés l'un à l'autre. Remplacer l'ours à salopette (Banjo) par un caméléon sans pantalon (Yooka), l'oiseau au grand bec (Kazooie) par une chauve-souris au gros nez rouge (Laylee) et vous obtenez le premier bébé de Playtonic Games.

Vous pouvez échanger les plumes récoltées par des nouvelles capacités.

Le principe

Yooka-Laylee est donc un jeu de plateforme en mode ouvert. Tellement ouvert que vous allez beaucoup tourner en rond pour débloquer l'accès au monde suivant. Avant ça, à vous la récolte d'objets bonus pour vous permettre d'améliorer les capacités de vos deux héros. Le tout est hyper classique et à moins d'avoir passer les 20 dernières années dans un bunker, vous serez en terre totalement connue. Quelques boss, des courses, des jeux d'arcade, des énigmes rigolotes (un quizz à la "Qui veut gagner des millions ?" par exemple) et, bien sûr, de la plateforme en veux-tu en voilà avec souvent des interrupteurs à actionner et un rush vers la sortie avant la fin du délai imparti.

Les dialogues sont parfois drôles mais généralement assez classiques.

Le multi

Ne vous fiez pas à ce qui est indiqué sur la "boîte". Si Yooka-Laylee dispose bien d'un mode multijoueur, il ne s'agit pas d'un mode coopératif où vous pourriez contrôler l'un ou l'autre des deux héros. Et pour cause, ils sont indissociables. Ici, vous ne pouvez jouer à plusieurs (jusqu'à quatre joueurs) que dans les mini-jeux d'arcade disponibles via des bornes disséminées dans chaque monde. Heureusement, une fois débloqués, ces mini-jeux sont accessibles directement par le menu principal.

Ce premier boss coriace vous demandera pas mal de... ressort !

L'ambiance

La question ultime : retrouverez-vous le ton décalé si caractéristique de Banjo-Kazooie dans Yooka-Laylee ? Oui, l'humour est bien présent et les dialogues sont souvent l'occasion de lancer quelques pics bien trouvés à l'industrie actuelle du jeu vidéo. Cela dit, l'ensemble reste très bon enfant. Ne vous attendez pas à du Conker's Bad Fur Day. Côté bande sonore, la musique est composée par le talentueux Grant Kirkhope, soit une pointure vous assurant un emballage musical très agréable. Et qui pourra faire passer les bruitages toujours aussi abrutissants des dialogues (les personnages utilisent des onomatopées bien débiles sensées être raccord à leur physique).

Nos amis peuvent plonger sous l'eau mais surveillez leur jauge d'oxygène.

Pour qui ?

Si vous êtes fans de Banjo-Kazooie, vous trouverez dans Yooka-Laylee tout ce qui vous a permis d'apprécier l'ours et l'oiseau de votre enfance. Mais avec une bonne décennie dans l'aile (ou sous la patte), il n'est pas certain que le concept traverse les années avec autant de bonheur que vous. Ainsi, exclu le phénomène de nostalgie, les nouveaux venus ne seront pas aussi captivés que vous à l'époque. Manque d'originalité ? Manque de challenge ? C'est plutôt du côté du manque de rythme que le jeu pêche. Assurément.

Feu, glace, eau... Les divers éléments sont évidemment de la partie.

L'anecdote

Yooka-Laylee a été financé via Kickstarter. Cette campagne a connu un succès sans précédent. Le premier palier fixé à 175 000 livres a été rempli en à peine 40 minutes grâce à une annonce faite sur le puissant site américain IGN. Dans la foulée, le million est vite atteint. Yooka-Laylee devient alors le jeu vidéo le plus rapide à atteindre cet objectif. Finalement, le financement du projet se terminera à hauteur de 2,1 millions de livres.
Les Plus
  • La nostalgie fait le job
  • Une musique sympathique
  • Un ton caustique
  • Graphiquement présentable
Les Moins
  • Des boss peu nombreux et mous du genoux
  • Une caméra qui mériterait d'être tenue en laisse
  • Un monde ouvert dans lequel vous êtes assez vite perdu
  • Un multi assez cheap