Thimbleweed Park

31 juil. 2017
Testé par sur
Disponible sur
4
  • Éditeur Terrible Toybox
  • Développeur Ron Gilbert & Gary Winnick
  • Sortie initiale 30 mars 2017
  • Genre Aventure

Une madeleine de Proust SCUMMulente

Amoureux du SCUMM, réjouissez-vous ! Thimbleweed Park est à l'exacte image des ses glorieux prédécesseurs : drôle, malin, référencé, très appliqué et bourré de détails hilarants. Son interface ne sera sans doute pas au goût de la génération actuelle mais, qu'à cela ne tienne, tout le monde sait combien le goût de la génération actuelle peut parfois être discutable. En tous cas, si vous êtes curieux, ouverts ou tout simplement suffisamment âgés pour apprécier les bonnes vieilles recettes, ne passez pas à côté de ce petit bijou ludique parfaitement taillé par ses créateurs.

Vous êtes un vieux con (ou une vieille conne). Les jeux, c'était mieux avant. Aujourd'hui, c'est que du flan. Tout fout le camp. Bref, pour qu'un titre récent trouve grâce à vos yeux, il faut vraiment qu'il vous sorte la grosse artillerie. Ramassez votre moue dubitative car avec Thimbleweed Park, il se pourrait bien que vous retrouviez enfin votre âme - de joueur - d'antan.

L'histoire

"Scully, le bureau fédéral m'a envoyé sur une affaire de meurtre dans un patelin paumé. Au début, ça avait l'air d'une affaire suffisamment banale pour que je m'ennuie mais je dois t'avouer qu'elle prend une tournure assez bizarre. Oh, je te vois venir. Non, pas bizarre comme "extraterrestre" mais plutôt comme "voisinage tordu". Les gens d'ici sont... surprenants. Ça t’ennuierait de me rejoindre ? Surtout qu'il faudrait quelqu'un de sérieux pour étudier le cadavre. Le légiste du coin m'a tout l'air d'être schizophrène." - Mulder.

Pas de fausse joie : si les deux héros de Thimbleweed Park sont bien agents du FBI, il ne s'agit ni de Mulder, ni de Scully. Mais plutôt de leurs doubles fortement pixelisés sortis tout droit du cerveau de messieurs Ron Gilbert et Gary Winnick (pour en savoir plus sur ces deux loustics, direction le paragraphe "Les origines"). Le scénario du jeu est à l'image de leur imagination débordante et délirante : drôle, burlesque, ultra référencé (si tant est que vous soyez suffisamment âgé pour saisir toutes les références), malin, saugrenu... C'est bien simple, les adjectifs manqueraient presque. Notez juste que, pour une fois, côté histoire, avec ce jeu vous ne serez pas pris pour un pigeon. Toutefois, vous pourriez bien en croiser quelques-uns au cours de votre enquête.

Enfin un jeu où vous n'êtes pas pris pour des pigeons ! Quoique...

Le principe

Thimbleweed Park est un SCUMM. Pourquoi votre sourcil droit s'est-il relevé ? Ok, SCUMM est l'abréviation de Script Creation Utility for Maniac Mansion. Il s'agit en fait d'un moteur graphique très répandu dans les années 80/90 utilisé par les jeux d'aventure Point & Click. Tiens, votre deuxième sourcil a rejoint le premier. En résumé, vous scrutez les décors pour y trouver des zones ou objets interactifs sur lesquels vos personnages pourront agir. La particularité du genre : les actions possibles sont souvent inattendues, voire complètement débiles. Vous emballez le tout avec des tonnes de dialogues hilarants et hop, vous obtenez le principe de Thimbleweed Park.

Vous allez incarner différents personnages, et passer de l'un à l'autre comme bon vous semble. Ils peuvent tous aller partout - ou presque - sur la carte, mais chacun dispose d'interactions qui lui sont propres. Du coup, des indices récupérés par l'un ne peuvent pas l'être par l'autre. Heureusement, ces cinq protagonistes ont la possibilité de se croiser et s'échanger des objets. Ce système vous donne une progression en toile d'araignée absolument réjouissante même si, justement, il va vous falloir être bien attentif pour ne pas perdre le fil...

Le rêve de Delores : devenir programmeuse de jeu vidéo.

Les origines

Derrière Thimbleweed Park se cachent Ron Gilbert et Gary Winnick. En fait, on ne peut pas vraiment dire qu'ils se cachent puisque toute la campagne Kickstarter qui a permis de financer le jeu s'est articulée autour du background de ces messieurs. Issus de l'écurie LucasArts, l'une des plus prestigieuses de l'histoire du jeu vidéo, on leur doit des pépites telles que Maniac Mansion ou encore Day of the Tentacle. Vous retrouverez d'ailleurs de nombreuses allusions à ces deux productions dans Thimbleweed Park. Rassurez-vous, nul besoin d'y avoir goûté auparavant. Cela dit, il est fort probablement qui si vous vous intéressez à Thimbleweed Park, c'est justement parce que ses géniaux aînés vous ont enthousiasmé.

Ce *bip* de clown est aussi peu comique qu'il est vulgaire.

Pour qui ?

Compte tenu de son créneau très "retrogaming", Thimbleweed Park s'adresse en priorité aux plus "expérimentés" d'entre vous. Vous y retrouverez tout ce qui a donné au genre ses lettres de noblesse. La grosse majorité de la génération actuelle aura sans doute du mal à s'y intéresser, notamment à cause d'un gameplay plus exigeant et une progression qui demande une bonne dose de réflexion. Mais ce serait passer à côté d'un vrai bijou, taillé avec amour par ses créateurs.

La communauté a été partie prenante dans le développement.

L'anecdote

Comme beaucoup de productions nées grâce à Kickstarter, les développeurs de Thimbleweed Park ont communiqué sans filtre avec leurs backers. Ainsi, sur leur blog, ils n'ont pas hésité à diffuser des clichés du tableau blanc qui a servi de support à leurs nombreuses séances de brainstorming. Voici par exemple celui du personnage de Delores et les différentes actions qu'elle devait réaliser pour parvenir jusqu'aux... toilettes d'un snack bar.

Les Plus
  • Un scénario à tiroirs astucieux
  • Des dialogues hilarants
  • Une bande sonore qui a du chien
  • Visuellement à la fois désuet et pimpant
  • Une enquête qui ne manque pas de piquant
  • Cinq héros pour le prix d'un
  • Deux modes de jeux (casual et hardcore) qui changent vraiment les choses
  • Plein d'actions qui ne servent à rien mais qui font immanquablement sourire, voire pire
  • Un couple à la "Mulder & Scully" qui fonctionne à merveille
  • Aucun hamster n'a été maltraité pendant ce test
Les Moins
  • Ne cherchez pas...