Evolution GT, Milestone aime le RPG automobile

26 juin 2006
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Digne successeur de SCAR, Evolution GT reprend l’aspect RPG à succès, tout en étoffant le concept avec un contenu plus conséquent : plus de voitures sous licence mais aussi plus de circuits. Après avoir connu les heures de gloire de la course automobile arcade sur PC, Milestone prend ici un virage à 180 degrés, et de fort belle manière, pour proposer un gameplay aujourd’hui beaucoup plus axé simulation. Un gros travail a été fourni sur la retransmission du poids des voitures. Les concurrents, quand à eux, bien que traduisant avec brio certains comportements humains, sont encore brutaux et vous envoient trop souvent à la faute. Enfin, côté réalisation, le développeur a encore quelques progrès à faire, notamment en ce qui concerne la modélisation des bolides, pour se hisser au rang des blockbuster du genre.

Milestone. Pour les plus âgés d’entre vous ce nom évoque la bonne époque des jeux de course automobile arcade sur PC. Souvenez-vous de la série des Screamer... Mais revenons au dernier né du développeur italien : Evolution GT. Dans la continuité de SCAR - l’une des bonnes surprises de 2005 -, il reprend l’aspect RPG de son aîné. Ici, point de tuning à outrance : c’est vôtre pilote qui va devoir s'améliorer.

Marre des Alfa Romeo ? A vous les Audi A4 du championnat DTM !

L'évolution de SCAR

Si le fait de conduire uniquement des Alfa Romeo vous semblait trop restrictif, accueillez comme il se doit la diversité automobile puisque dans Evolution GT pas moins de 35 modèles peuvent être pilotés, répartis autour de 11 marques : Audi, Opel, Renault, Seat, Volkswagen, Seat, Mercedes, Pagani, Pontiac, TVR, Alfa Romeo et Chevrolet. Chaque voiture est classée dans l'une des 5 catégories suivantes : tourisme, hot hatches, course, roadster et GT. Tout au long de votre carrière de pilote, vous pouvez compter sur 28 circuits réels ou inventés répartis dans trois environnements différents (ville, route et piste) avec des tracés mythiques comme par exemple Hockenheim et Donnington Park. Au niveau des modes de jeu, cela reste très classique avec les courses rapides, le "contre la montre", le multijoueur (jouable à deux en écran splitté) et enfin le nerf de la guerre : le mode "carrière".

Toutes les voitures sont identiques, au pilote de faire la différence.

Le pilote au centre du jeu

Tout comme dans SCAR, c’est donc le mode "carrière" qui représente l’aspect le plus innovant du jeu puisqu’il inclut différents éléments habituels au genre RPG. Il n’est en effet pas ici question de collectionner des voitures et de les modifier pour augmenter leur puissance comme dans Gran Turismo 4. Il vous faut faire progresser votre pilote. Le choix d’une écurie, la fin d’une course, les défis et les différents accessoires du pilote (casque, combinaison chaussures, gants) vous font gagner des points d’expérience dans 9 compétences distinctes. Pour que celles-ci influent directement sur la conduite des voitures, les développeurs ont ajouté quatre effets principaux : l’aspiration, l’effet tigre, l’intimidation et l’état du pilote. Ainsi, si vous décidez d’ajouter un point de compétence en ruse, l’effet d’aspiration derrière les voitures se déclenchera plus tôt et vous permettra de revenir plus vite sur vos adversaires. De même, étant donné que vous subissez la pression des autres concurrents, accroître votre confiance peut s’avérer un choix judicieux puisque vous résistez mieux à leur intimidation. Le jugement et l’anticipation permettent quand à eux d’augmenter la valeur de l’effet tigre, mais que ce cache-t-il derrière cette expression qui n’est pas sans rappeler Rocky ? Par une simple pression sur le bouton triangle, vous pouvez revenir en arrière pour corriger votre trajectoire. Cette compétence se révèle très utile en course quand il vous arrive de commettre une erreur d’appréciation ou que vous êtes victime d’une "poussette".

Gare aux autres concurrents qui n'hésitent pas à jouer des coudes.

Tout le monde progresse

Parce qu’il leur arrive de pousser à ces diables de concurrents ! Et pour cause, leur intelligence artificielle est régie par les mêmes règles que pour notre pilote. Ainsi, à la fin de chaque course, eux aussi progressent et, lorsque la saison se termine, les trois meilleurs se retrouvent au niveau supérieur. De ce fait, tout au long du jeu vous retrouvez des têtes connues, chacun ayant son style propre de conduite. Cette gestion de l’intelligence artificielle a pour avantage d'offrir à vos opposants des réactions humaines. Il n’est pas rare de les voir sortir dans un virage suite à une erreur de jugement ou de se rentrer dedans car ils sont sous pression. Pourtant, celle-ci n’est pas parfaite car les bots sont trop agressifs et n’hésitent pas à vous envoyer dans le décor. Cela gâche un peu le plaisir de la course et il n'est pas rare de se retrouver parfois au beau milieu d'une ambiance Destruction Derby. C’est d’autant plus frustrant que votre voiture n’est pas indestructible. Vous ragerez en voyant votre bolide détruit après avoir été lamentablement balancée contre un mur. Autre détail agaçant : il n’y a pas de qualifications, il faut donc obligatoirement se retrouver dans le trio de tête à la sortie du premier virage sous peine de rapidement se faire distancer. Car oui, Evolution GT est un jeu difficile aussi bien par le niveau des adversaires que par sa prise en main très axée simulation.

La conduite sous la pluie est bien plus délicate que par temps sec.

Quand évolution rime avec simulation

N’espérez pas faire des freinages tardifs en plein virage pour doubler un adversaire. Sur cet aspect, le jeu n’est absolument pas permissif et le moindre écart de trajectoire se paye cash. Pour un novice, les premières heures de jeu sont une alternance de graviers et de murs. Mais une fois que vous commencez à prendre en main les différents bolides du jeu, le plaisir est bien présent. La physique des voitures est remarquablement gérée, la palme revenant aux transferts de masse ; vous sentez véritablement le poids de la voiture. La gestion du volant est elle aussi assez convaincante bien que le retour de force apparaisse un peu mou. La faute revient cependant peut-être au modèle employé pour le test, un Logitech Driving Force dont les moteurs ne sont pas les plus puissants du marché. La difficulté s’accentue encore lorsqu’il s’agit de rouler sous la pluie, les distances de freinages s’allongent alors énormément. Vous vous surprendrez à penser avoir freiné trop tôt et pourtant finir dans le mur. Heureusement, sur ce type de sol, les concurrents sont très prudents. Malgré tout, quelques petits bémols subsistent. Pour les férus de mécanique, il n’est pas possible d’effectuer des réglages sur la voiture et la transmission en mode automatique est capricieuse. Côté réalisation, le titre de Milestone n’est pas moche, loin de là, mais il n’arrive tout de même pas à convaincre. Il y a bien quelques jolis reflets sur la route. Cependant, la modélisation des véchicules est assez succincte et souffre par exemple de la comparaison avec Gran Turismo 4. Enfin, les circuits sont plutôt bien reproduits mais manquent un peu de vie, à cause des couleurs utilisées trop ternes.
Les Plus
  • Une intégration des notions de RPG bien pensée grâce, par exemple, à l'effet tigre ou à l'intimidation.
  • Un contenu plus étoffé que dans S.C.A.R.
  • Une I.A. qui progresse en même temps que vous et qui fait des erreurs...
Les Moins
  • ...mais a également trop tendance à vous envoyer dans le décor.
  • Il n'y a pas de qualifications ni de réglages possibles sur la voiture.
  • Les graphismes sont ternes et l'ambiance manque de pèche.