Bienvenue dans le monde du foot-spectacle

09 juin 2006
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Coupe du Monde 06 laisse un goût désagréable entre bonne surprise et arnaque. L'aspect visuel fait dans le spectaculaire mais n'impressionne pas. En effet, le moteur graphique n'a pas évolué. Le contenu est également décevant : il n'y a pas d'équipes de légendes et il manque de nombreux joueurs. Le mode Coupe du Monde est désespérément plat et ce ne sont pas les défis qui suffiront à enthousiasmer le joueur solitaire. A plusieurs, le solide mode Fiesta permet de prolonger la grande kermesse du foot. Côté gameplay, rien n'a vraiment changé. Balle au pied, le jeu est toujours agréable mais il reste très irritant lorsqu'il s'agit de défendre. Les tirs aux buts sont la seule nouveauté vraiment intéressante. A trop vouloir miser sur le spectacle, EA Sports oublie tout simplement la profondeur qui aurait permis au jeu de devenir un indispensable.

EA Sports a pris l'habitude de sortir des jeux événementiels à l'approche de la Coupe du Monde ou de l'Euro. Coupe du Monde 06 est présenté comme le jeu officiel du Mondial allemand qui se déroule du 9 juin au 9 juillet 2006. Équipes, joueurs, stades... tout est réuni pour faire un bon jeu de foot commercial qui compte sur sa licence pour se vendre. Pourtant, Coupe du Monde 06 apporte des innovations intéressantes. On nous aurait menti ?

Les joueurs font leur entrée tels des gladiateurs.

Échauffement

Coupe du Monde 06 inspire la méfiance. En effet, la plupart des jeux événementiels de EA Sports propose un contenu inférieur à l'édition FIFA habituelle. Moins d'équipes, peu de compétitions... Le jeu compte sur sa licence pour s'écouler. Et ça marche. Cependant, nous ne sommes pas là pour condamner une stratégie marketing douteuse mais pour tester Coupe du Monde 06. Une fois le jeu lancé, une séquence tirée du moteur graphique montre une tendance à "spectaculariser" le football. Pour plaire, il faut des beaux gestes, des frappes surréalistes mais aussi de l'engagement physique et des tacles virils. Cette première constatation se retrouve dans tous les aspects du jeu. En effet, Coupe du Monde 06 doit impressionner et mise tout sur la forme, avec le risque de devenir creux. Après un petit tour dans le menu, voyons ce que le jeu nous réserve.

La squadra azzurra se prépare pour le premier tour.

La victoire est un long chemin

Le mode principal permet bien entendu de se lancer dans la course pour le trophée mondial. Plusieurs choix s'offrent à vous. Il est possible de jouer directement la phase finale de la Coupe du Monde en sélectionnant une des 32 équipes qualifiées. Si vous souhaitez jouer avec un recalé comme le Cameroun ou la Turquie, il va falloir passer par les qualifications. Le jeu prend ici toute sa dimension. Vous découvrez la joie (ou le malheur) d'être sélectionneur. Vous devez bâtir un groupe avec des joueurs à choisir à partir d'une base de donnée. Libre à vous de faire le choix de la jeunesse en sélectionnant Mavuba et Meriem ou au contraire faire confiance aux anciens comme Zidane ou Pires. Dans Euro 2004, EA était parvenu à rendre parfaitement le travail du sélectionneur. Malheureusement, Coupe du Monde 06 oublie totalement cet aspect psychologique. Exit donc le moral des joueurs, intelligemment introduit dans Euro 2004. Ici, il faudra se contenter d'enchaîner les matchs de qualification et les matchs amicaux. Les rares innovations comme le Passeport ou le magazine FIFA sont inutiles. Il manque donc ce petit plus qui aurait rendu le mode Coupe du Monde aussi passionnant qu'une ligue master ou qu'une carrière dans FIFA 06. La route vers le sommet paraît longue et monotone.

Comme Zizou, Eric est revenu chez les Bleus.

Défi, shopping et Fiesta !

Heureusement, il existe d'autres manières de s'amuser dans Coupe du Monde 06. En solo, vous pouvez relever les défis proposés. Il s'agit ici de remonter au score ou de conforter une victoire en temps limité. Chaque match est également plus ou moins scénarisé. C'est l'occasion de ressortir de vieilles rivalités comme les Brésil-Argentine, toujours chaud bouillant. Remplir les objectifs des défis vous permet de gagner des points qui sont à dépenser dans la boutique. Vous trouverez des joueurs de légende tels que Zico, Cantona ou Bergkamp, des ballons des dernières coupes du monde (dont le Tricolore de 98), ainsi que des modes bonus plus ou moins fantaisistes. Dommage que les équipes de légende comme le Brésil 70, les Pays-Bas 74 ou l'Argentine 86 soient absentes. Pour se consoler, EA a mis le paquet sur les modes multijoueurs. Si le mode en ligne est anecdotique, le mode Fiesta saura occuper vos longues soirées pizza-foot. Déjà présent dans FIFA 06, il permet à plusieurs joueurs de s'affronter pour dominer les différentes zones du foot mondial. Bien pensé, le mode Fiesta fait oublier la banalité des modes solo.

Ronaldinho fait son petit numéro.

De Messi à Zidane en passant par Ronaldinho et Gerrard

Comme d'habitude, les jeux événementiels estampillés EA Sports propose une base de donnée tronquée par rapport aux versions traditionnelles. Inutile d'espérer pouvoir jouer avec les clubs. Dans Coupe du Monde 06, le choix est restreint aux seules sélections nationales. Les grandes nations du football sont bien évidemment au complet : Brésil, Argentine, Italie, Angleterre, France ou Allemagne sont prêts à en découdre pour la victoire finale. Habituellement absente des jeux EA, les Pays-Bas est ici présente pour le grand plaisir des fans de Van Nistelrooy et de Robben. En tout, 127 sélections nationales sont disponibles, réparties sur six continents. Quasiment toutes sont sous licence FIFA avec les équipements officiels et les vrais joueurs. Cependant, le nombre d'équipes souffre de la comparaison avec FIFA 06. En effet, ce dernier proposait plus ou moins 500 équipes en comptant les clubs des divisions inférieures. Comme dans Euro 2004, il est possible de constituer sa sélection avec la quarantaine de joueurs proposés pour chaque pays. Vous ne pouvez donc pas piocher les joueurs directement dans les clubs. Coupe du Monde 06 ne profite pas de la richesse de la base de donnée de FIFA 06. Ribéry, Chimbonda ou Anelka ne font pas parti de la pré-sélection. Une faute que beaucoup de fans de foot ne pardonneront pas. Enfin, l'absence de vraies équipes de légendes pèsent lourd dans la balance déjà défavorables à la base de donnée.

Le public pousse les joueurs sur ce corner dangereux.

Le spectacle avant tout !

L'aspect graphique n'a pas beaucoup progressé. En fait, l'évolution principale provient des effets qui rendent le visuel plus festif. Chaque début de match est l'occasion de voir une petite présentation, style gladiateurs rentrant dans l'arène. Les supporters font la totale avec papelitos, papier-toilette, drapeau géant dans les tribunes... L'ambiance ressemble à celle des stades sud-américains. Dans Coupe du Monde 06, il n'y a pas de place pour les fumigènes, les bagarres entre supporters et les cris racistes. Une fois sur le terrain, l'aspect spectaculaire s'affaiblit. Quelques cut-scenes sympathiques sont visibles lors des buts et des fautes. Cependant, le moteur graphique n'a pas franchement évolué depuis FIFA 2004. Les animations ont vieilli sans se bonifier et le terrain paraît terne et décoloré. La version PC ne bénéficie malheureusement pas du moteur graphique de l'opus Xbox 360. La bande son sauve les meubles. La playlist est éclectique et internationale : du ska italien (F4) à la new wave anglaise remixée (Depeche Mode) en passant par du dance-hall trinidadien et les Black Eyed Peas reprenant "Mas que Nada". Les commentaires d’Hervé Mathoux sont écoutables sans être transcendant. Au contraire, Paul Le Guen paraît totalement hors du coup, cultivant le non-sens total. Les chants de supporters sont présents même s’ils auraient mérité plus de considération. La bande-son soutient l’aspect spectacle d’un visuel mitigé. Le joueur est en droit d’espérer mieux de la part d’une version PC.

Le menu rapide permet de sélectionner une orientation de jeu.

Tactique d’avant-match

Avant de présenter plus en détails les mécanismes du jeu, il est nécessaire de se pencher sur les possibilités tactiques du titre. Seul domaine où la série faisait défaut, l'aspect stratégique progresse de jeu en jeu et tente de rivaliser avec PES. Malheureusement, Coupe du Monde 06 semble avoir oublié d'intégrer les possibilités tactiques présentes dans FIFA 06. Ces dernières se limitent à changer la formation parmi une quinzaine proposée. Il est impossible de choisir le placement des joueurs, d'appliquer des marquages, de jouer décrocher... Bref, le B.A.BA du fin tacticien est passé à la trappe. Le menu stratégie disponible pendant les matchs a également disparu. Seul rescapé de ce marasme, le menu rapide permet de choisir l'orientation de son équipe. Accessible avec la croix directionnelle (ou le pavé numérique), il est parfois très pratique en cours de match mais ses possibilités sont limitées. Ce grand vide tactique montre également la volonté de supprimer tout ce qui semble faire obstacle à un gameplay rapide et sans prise de tête.

Luca Toni met les buts à la chaîne.

Un gameplay qui sent le foot

EA a l'habitude de rendre le gameplay plus accessible dans ces jeux événementiels comme Euro 2004 ou Coupe du Monde 2002. Les inquiétudes sont pourtant vite dissipées, une fois le match commencé. Manette (ou clavier) en main, le jeu laisse une très bonne impression. Les habitués de la série retrouvent la palette de mouvement traditionnelle : passe, tir, centre, sprint, etc. Le L1 (ou A) est toujours la touche à tout faire ; combinée avec la passe, elle permet de faire des une-deux. La passe en profondeur est désormais mieux dosée. C'est un plaisir de servir un Ronaldo lancé à pleine vitesse devant le but. Collectivement, le jeu est agréable. Construire une action n'est plus un problème : dédoublement, appel de balle, transversale... tout est possible. Individuellement, les dribbles sont plus variés sans toutefois tombé dans la caricature. Avec L2, le joueur exécute un passement de jambe ; avec R2, vous temporisez et faites face à votre adversaire. Les dribbles avec le stick droit sont plus difficiles à exécuter et moins efficace. Il faut saluer le travail fait sur la physique du ballon qui rend le jeu confortable. La balle ne colle pas aux pied et les trajectoires des frappes ne sont plus surréalistes. Coupe du Monde 06 offre une prise en main plaisante, couplée à un gameplay spectaculaire mais toujours réaliste. Un surprenant sans-faute pour EA Sports ?

Face aux défenses perméables, le goal est le dernier recours.

Le même en mieux ?

Comme il fallait le craindre, Coupe du Monde 06 n'apporte rien à la série. Seule nouveauté, le système de penalty a été retravaillé. Scène fatale et cruelle lors des coupes du monde (Didier Six lors de France - RFA en 82), les penaltys ont gagné en mise en scène : vous pouvez par exemple bluffer pour déstabiliser votre adversaire. Votre gardien peut s'étirer à la Dudek ou tituber à la Bruce Grobbelaar. Cependant, le reste du gameplay est identique à FIFA 06 et donc garde les défauts récurrents de la série. Les phases défensives n'ont pas bougé d'un iota. Il est difficile d'appliquer un pressing précis sur l'adversaire. Cette impuissance des défenseurs donne l'impression d'être spectateur de la construction adverse. De plus, l'IA n'a pas évolué. Si elle est agressive balle au pied, elle fait souvent défaut dans les zones défensives. Ainsi l'arrière-garde a tendance à s'ouvrir laissant des espaces à exploiter. Enfin, le jeu n'est pas à l'abri des "actions systématiques" qui permettent de mettre la balle au fond invariablement. Véritable ennemi du jeu de foot, elle enlève toute notion de spontanéité dans le gameplay. Dans Coupe du Monde 06, les "actions systématiques" sont la passe en profondeur qui passe 2 fois sur 3, le centre au point de penalty et la frappe aux 20m. Une fois ces trois types de but maîtrisés, les scores deviennent fleuves même au niveau de difficulté supérieur. Un très mauvais point.
Les Plus
  • Licence Coupe du Monde
  • L'ambiance dans les stades
  • Prise en main agréable
  • Le mode Fiesta séduisant
Les Moins
  • Base de donnée limitée
  • Manque de profondeur
  • Un gameplay qui a peu évolué
  • Visuels datés