Test Express Far Gate

04 janv. 2001
Testé par sur
1

Un beau ratage, voilà ce à quoi vous aurez droit avec Far Gate. Beau car les graphismes et les effets sont très réussis. Raté parce que le moteur est tout sauf un moteur qui tourne convenablement. Puisque la technique ne vient épauler ni les défauts scénaristiques, ni le gameplay bancal, ce jeu aura bien du mal à trouver, non pas son, mais simplement un public. Dans le genre, Homeworld a donc encore de beaux jours devant lui.

L'espace, c'est grand. Far Gate, c'est lent. Et comme le but de cet énième jeu de stratégie spatiale est de parcourir une multitude de galaxies plus ou moins habitées mais surtout identiques, on a très vite l'impression de tourner en rond... lentement. Test express d'un jeu qui sonne creux.

Objectif : Terre 2

Après avoir foutu un sacré bordel sur Terre (bordel qui s'est logiquement soldé par une troisième guerre mondiale), l'Homme se voit contraint de partir à la recherche d'une planète plus hospitalière. Mais l'espace, c'est vaste, et pour mettre la main sur une planète habitable, il faut s'y prendre à l'avance. Après 15 années d'infructueuses recherches, une sonde exploratrice repère enfin un nouveau terrain de jeu pour les humains. Cette jolie planète toute verte (le bleu, c'était déjà pris) est donc analysée et la sonde va un peu trop se précipiter pour annoncer fièrement la nouvelle aux terriens : une terre d'asile a été dénichée. Une fois sur place, ils s'aperçoivent très vite qu'ils se sont légèrement plantés sur la composition atmosphérique de cette Terre 2 et, surtout, que Mulder avait bien raison de crier partout : "Nous ne sommes pas seuls"…
 

Vide sidéral

L'idée de départ n'est même pas bonne. La guerre nucléaire, la fuite vers une autre planète, l'attaque par des extraterrestres gluants, bref l'aventure (si aventure il y a) n'est pas dépaysante pour un sou. Vous incarnez un homme qui a apparemment pas mal de choses à se faire pardonner. Si vous ne faites rien, retour directe à la case "prison". C'est, en tous cas, ce que vous promet l'actuel gouvernement terrien, qui se sert de vos méfaits passés pour vous obliger à établir une nouvelle colonie et, évidemment, sauver ce qui reste du monde. L'avenir de l'humanité est donc entre les mains d'un ancien malfrat… Avouez qu'on a connu mieux comme intrigue. De cette intrigue justement, nous n'en saurons pas beaucoup plus puisque ni le livret, ni le déroulement du jeu ne vont nous éclairer sur ce sombre passé. A croire que les développeurs eux-mêmes aient eu honte du semblant de scénario qu'ils nous ont pondu.
 

Proxima centauri, nous voilà !

Tout le jeu se déroule dans l'espace et même si vous êtes ici pour coloniser une planète viable, vous n'en verrez que la couleur. En fait, votre mission principale consiste à mettre en place une sorte d'énorme station Mir (les boulons en plus). De cette station de base vont découler plusieurs autres bâtiments vous permettant soit de récupérer de l'énergie pour faire tourner les moteurs, soit de vous défendre contre des extraterrestres très énervés. Nous sommes donc en présence d'un jeu de stratégie tout ce qu'il y a de plus basique puisque fondé sur l'axiome suivant : construire des unités pour se développer ou se défendre. Pour ce faire, vous disposez d'une interface assez sympathique, pas trop encombrante car rétractable à volonté, qui se gère principalement à la souris, mais aussi au clavier. Il y a en tout une bonne trentaine de raccourcis-clavier, c'est dire si vous n'en utiliserez que le dixième...
 

Revue des troupes

Au rayon des unités, l'originalité semble pointer le bout de son nez. Vous en aurez à peu près une soixantaine à votre disposition (c'est un minimum pour un jeu de stratégie qui se respecte), du simple vaisseau d'assaut à l'énorme Copernicus, votre vaisseau-mère. Les noms attribués à ces unités sont d'ailleurs des plus étranges : Ivan, Aries, Catamaran (?), Kodiak, Cutlass, etc. Sur le papier, leurs fonctions sont assez alléchantes et pourrait, à première vue, permettre des tactiques de défense et d'attaque originales. Mais c'est sans compter sur une I.A. déplorable. D'abord, ils ne savent pas viser juste. Ensuite, pas besoin de s'ennuyer à créer des escadrons particuliers puisque, dans la grande majorité des cas, c'est le nombre des unités qui décidera de l'issue de la bataille, sans tenir compte une seule seconde de leurs spécificités. Les combats sont donc extrêmement bordéliques, mélange d'une multitude de vaisseaux et de tirs lasers dans tous les sens. Si c'est très joli à voir (les effets sont plutôt réussis), c'est aussi très énervant à essayer de contrôler.
 

Mieux vaut en rire...

Quant aux unités ennemis, la fameuse représentation organique des extraterrestres est de mise. Là aussi, on est immédiatement séduit par l'originalité dont ont fait preuve les développeurs. Ils ont une conception du cosmos très particulière, assez proche du "Monde du Silence" du Commandant Cousteau. Combattre une pieuvre géante, une raie à deux têtes, une méduse lance-missile ou bien encore, une seiche de l'espace, c'est effectivement… à mourir de rire. Et c'est apparemment le but recherché puisque les noms qui désignent cette faune spatio-sous-marine sont aussi très folkloriques : Chameleon, Cudgel, Sirocco, Shardikru, etc. (nous passerons sur les nombreuses terminaisons en [-OR]). Inutile de préciser qu'à l'image des unités humaines, leurs spécificités ne sont quasiment pas utilisées lors des combats.
 

...qu’en pleurer

Tous ces éléments bancals auraient peut-être été moins flagrants avec une technique plus aboutie. Il n'en est rien : le moteur du jeu est hyper gourmand et loin d'être optimisé pour la 3D. Dès qu'il y a plus de deux unités à l'écran (autant dire, tout le temps), l'affichage saccade horriblement pour atteindre des pointes ahurissantes d'à peu près 10 images par seconde ! Et ce, quelque soit votre configuration. De toutes façons, l'action elle-même est lente au possible. L'envoi de vaisseaux de reconnaissance à l'autre bout d'une galaxie, par exemple (une mission récurrente), demande un temps considérable. Vous allez donc vous retrouver devant une image quasi fixe, sans trop savoir de quel côté diriger votre curseur (puisque le temps de réaction de l'écran est énorme), pour essayer d'avoir une vue générale de la situation. Si on y ajoute une musique assommante et des temps de chargements aussi longs que pénibles, on comprend mieux le slogan du jeu : "un voyage dans l'oubli".
Les Plus
  • Les graphismes
  • L'interface pratique et discrète
  • Le bouton "Quitter"
Les Moins
  • Le moteur hyper gourmand
  • La lenteur de l'action
  • Les temps de chargement
  • Le scénario éculé
  • L'I.A. imprécise des unités
  • Les combats désordonnés
  • Les musiques assommantes