Watch_Dogs 2

05 févr. 2017
Testé par sur
Disponible sur
4
  • Éditeur Ubisoft
  • Développeur Ubisoft
  • Sortie initiale 15 novembre 2016
  • Genres Action, Aventure, Infiltration, Third Person Shooter

C'est souvent meilleur la deuxième fois

Hacking mis à part, Watch_Dogs 2 ne ressemble pas à son prédécesseur. Et c'est tant mieux ! Ubisoft reprend sa copie quasiment du début, en vous proposant un jeu à large spectre sur lequel vous pourrez passer des heures, parfaitement emballé (magique San Francisco), rempli de clins d’œil à des entreprises ou situations réelles, le tout dans une ambiance feel good, décomplexée, très moderne, qui ne tombe jamais dans la facilité, ni même le putassier. Si son scénario reste un peu faible, c'est vrai, il offre tout de même un éclairage intéressant sur l'évolution ultra connectée de notre société, et surtout la force de l'engagement, même d'un petit groupe, lorsqu'il s'agit d'utiliser les réseaux pour défendre nos libertés individuelles.

Auréolé de ses 10 millions d'exemplaires vendus, Watch_Dogs revient dans une suite qui n'en est pas vraiment une. Même si dans Watch_Dogs 2 il est toujours question de hacking, Ubisoft n'hésite pas à revoir en profondeur sa recette initiale. Tant mieux car comme pourrait vous le confirmer votre grand-mère, ce sont souvent les plats longuement mijotés qui sont les plus goutteux.

L'histoire

Vous êtes Marcus Holloway, un ingénieur informatique surdoué qui ne tarde pas à comprendre qu'un monde hyper connecté peut rapidement se retourner contre les braves citoyens, dès lors qu'il est contrôlé par des individus mal intentionnés. C'est le cas à San Francisco, où le système de surveillance ctOS (CiTy Operating System) exploite malhonnêtement les données qu'il récolte. À l'origine de ce mouchard mise en place sous couvert du développement du réseau WiFi dans la ville, la société Blume. Grâce à un groupe de hackers nommé DedSec, Marcus va emprunter les ondes électromagnétiques et remonter des kilomètres de fibre optique pour dévoiler au grand jour les pratiques douteuses de Blume.

Fini le justicier solitaire très "monocorde" du premier Watch_Dogs, vous contrôlez ici un protagoniste qui devra régulièrement se faire épauler par son groupe d'amis hackers. Une équipe polyvalente, fidèle et surtout très fine. C'est là que le scénario de Watch_Dogs 2, somme tout assez classique, tire son épingle du jeu comparé à son aîné : des personnages très typés et des dialogues décomplexés qui offrent une belle profondeur à votre expérience. Les références sont également légion, clins d’œil à peine voilés à des entreprises ou encore à des situations réelles. Les missions annexes, très nombreuses et bourrées d'easter eggs, finissent d'étoffer cet univers que vous prenez un vrai plaisir à parcourir.

Les rues de San Francisco où on s'attend à voire débouler Steven McQueen à tout instant...

L'emballage

Après le Chicago de Watch_Dogs, place à la superbe San Francisco : ses fameuses rues en pente, ses Cable Cars (tramway), son Golden Gate, son célèbre îlot-prison (Alcatraz), son Transamerica Pyramid (le building en pointe très caractéristique)... Tout y est. Idem de l'autre côté de la baie avec la ville d'Oakland, le comté de Marin et, plus au sud, la mythique Silicon Valley. C'est bien simple : on s'y croirait. Le travail effectué est absolument remarquable et parcourir la carte en simple touriste se révèle une aventure à part entière.

Côté musique, comme de rigueur dans les jeux du genre, vous êtes entre de bonnes mains, aussi bien concernant les titres originaux que les hits modernes et intemporels. Citons en vrac Kate Boy, Bob Marley & The Wailers, Major Lazer, Pyotr Ilyich Tchaikovsky, Rustie ft. Danny Brown, Dead Kennedys, Rancid et Duran Duran. Un seul regret : l'absence de Maxime Le Forestier. Franchement, Ubisoft, c'est impardonnable !

Si hacker un satellite est sur votre liste "100 Things to do before I die", vous pourrez le rayer !

Le principe

Watch_Dogs 2 est un open-world. Vous pouvez donc vous balader où bon vous semble, et déclencher de temps à autre les missions principales ou secondaires. La variété - la vraie - est réellement de mise, les développeurs ayant largement joué sur la diversité des environnements pour vous proposer des challenges qui ne se ressemblent pas. Hacker le serveur du bureau local du FBI ? Grimper tout en haut du Golden Gate pour un selfie ? Délivrer un témoin gênant d'un Alcatraz truffé de truands et de flics ripoux ? Taguer les affiches de campagne d'un gouverneur véreux ? Faire le Uber pour des touristes ? Participer à des courses de karts ? Infiltrer une base de lancement spatial ? Refroidir une adolescente qui ne se méfie pas de l'Internet ? Dans Watch_Dogs 2, vous pouvez faire tout ça et bien plus encore.

Pour vous aider à remplir toutes ces missions réjouissantes, vous disposez bien sûr de divers gadgets mais surtout d'un smartphone tout ce qu'il y a de plus ordinaire, rempli d'applications utiles et inutiles (testez les selfies et les différentes poses adoptées par Marcus). Niveau soutien logistique, le piratage vous permet de devenir propriétaire de n'importe quel véhicule terrestre ou maritime, voire même d'engins de levage. D'ailleurs, tous les systèmes connectés sont à votre merci : amusez-vous à dérégler les feux de signalisation, consultez les caméras de surveillance, coupez la connexion WiFi d'un internaute, affolez les portes automatiques d'un bâtiment fédéral, interceptez les appels des passants, etc.

Vous êtes plutôt du genre nerveux ? Rassurez-vous, vous avez aussi la possibilité de passer outre le hacking propre et silencieux en optant pour des méthodes plus classiques (et radicales) : une douzaine d'armes à feu des familles. Cela dit, l'infiltration sera toujours la solution la plus efficace à long terme, les forces de police n'étant pas du genre à facilement laisser tomber leur proie.

Il est des plaisirs solitaires qui ne se partagent pas. Ou presque.

Le multi

Le hacking a beau être à la base un plaisir solitaire, lorsqu'il est pratiqué à plusieurs sur Watch_Dogs 2, on se dit qu'il ferait mieux... de rester solitaire. Soit, il vous arrivera parfois de tomber sur des joueurs intelligents, qui prendront la mission de DedSec vraiment pour ce qu'elle est, non pas comme un ersatz de Grand Theft Auto V"c'est trop bien de faire tout péter !" Ubisoft a d'ailleurs prévu le coup en ajoutant à ce second volet un mode "Chasseur de prime", mode dans lequel trois joueurs peuvent s'allier pour calmer les ardeurs d'un quatrième bien décidé à semer le chaos dans tout San Francisco.

Les caméras de sécurité vous permettent d'élaborer un plan de bataille.

Pour qui ?

Si vous avez apprécié le premier Watch_Dogs malgré ses défauts, cette suite plus aboutie saura vous séduire. Pour les novices du hacking, l'aventure est tout à fait envisageable, les liaisons avec l’épisode fondateur ne sont que de simples clins d’œil. Quant aux fans de mondes ouverts, tendez l'oreille. Les adeptes de Grand Theft Auto V, tout d'abord, seront probablement déçus par le caractère beaucoup moins putassier de Watch_Dogs 2 et pourrait même lui reprocher son esprit "feel good". Ensuite, les joueurs qui ont retourné l'excellent Mafia III n'y retrouveront pas une ambiance aussi marquante, même si elle reste tout à fait correcte. Enfin, les latinos de Just Cause 3 regretteront un héros un poil (de torse) moins badasse que le remuant Rico Rodriguez. Cela dit, si vous avez kiffé sur ces trois titres à la fois, l'expérience Watch_Dogs 2 n'en sera que meilleure.

Salut, mes vacances à San Francisco se passent... heu... au poil !

L'anecdote

Watch_Dogs 2 est bourré d'easter eggs mais également de gens tout nus. Vous tomberez par exemple sur un monsieur tout nu (vous le reconnaîtrez à son bonnet...) qui s'amuse à uriner aux quatre coins de la ville, sans doute pour marquer son territoire. Dans les quartiers ouest de San Francisco, vous pourrez rencontrer une communauté de naturistes, dansant ou jardinant dans le plus simple appareil. Pas de quoi fouetter un(e) chat(te) mais voila qui vous donne un indice supplémentaire sur l'ambiance décomplexée du jeu.
Les Plus
  • Les joies du hacking
  • Des situations très variées
  • Une fine équipe
  • Une baie de San Francisco à tomber
  • Des tonnes de clins d’œil à dénicher
  • Une ambiance feel good très agréable
  • Une infiltration vraiment bien menée
  • Du bon son pour tous les goûts
  • Des dialogues et des situations décomplexées sans tomber dans la caricature
Les Moins
  • Un scénario sans grandes surprises
  • Pas de véhicules aériens