Farming Simulator 17

23 avr. 2017
Testé par sur
Disponible sur
3

Vous aimerez jouer avec de gros engins

Farming Simulator 17 atteint son apogée pour ce qui est de sa qualité simulative. Les nombreux véhicules disponibles et les mods - y compris accessibles via consoles - sont même plus riches que les DLC. Giants Software excelle dans le domaine de la simulation agricole mais il existe un vide intersidéral qui règne sur le monde ouvert. Notez également l'impression de jouer constamment en mode "bac à sable". C'est rebutant pour les nouveaux joueurs. Certes le titre est étoffé de multiples véhicules à la modélisation exemplaire, de nombreuses activités, une gestion financière poussée et de nombreux paramètres de jeu. Cependant il ne se destine qu'aux fans purs et durs. En contrebalance, le moteur physique rappelle ce qui pouvait se faire il y a très longtemps. Destiné donc aux hardcore-fermiers, ce n'est pas cette année que Farming Simulator 17 séduira les masses mais il pousse l'expérience à son paroxysme.

Farming Simulator 17 vient chaque année, au temps des labours, annonçant d'emblée un carton commercial. La qualité de sa simulation et la richesse de son contenu fidélise les fans purs et durs. La question est de savoir si les nouveautés de Farming Simulator 17 justifient son achat pour qui disposerait d'un précédent volet ? Sait-il enfin attirer de nouveaux joueurs ou se contente t'il de parfaire un système déjà bien rôdé ?

L'histoire

Enfilez votre bleu de travail et votre chemise à carreaux car vous incarnez un fermier Américain de Goldcrest Valley. C'est donc dans un monde ouvert représentant la campagne américaine, drapeau flottant au gré du vent, que vous avez pour mission de remonter le découvert de votre exploitation agricole. Et c'est à force de travail de la terre mais aussi des diverses tâches qu'accomplit un responsable d'exploitation que vous comptez y arriver (coupe de bois, négoce, etc.).

Il y a une absence totale de scénario pour donner encore plus de sens à cette simulation qui se veut poussée. Ce point ravit les amateurs mais est un frein brutal à qui n'accroche pas vraiment au genre car vous êtes vite dépassé par les événements. En mode de difficulté normale, vous débutez l'exercice avec -75 000€, dont 20 000€ de trésorerie pour acquérir un peu de matériel ou employer du monde. Toutes vos actions se déroulent dans un monde ouvert qui donne une impression de vide, mais est graphiquement réussi. La physique est parfois douteuse car il n'est pas rare de coincer son tracteur et de le voir rouler au dessus du sol. Les déplacements à pied sont loin d'être mémorables... Dépliez votre carte afin de voir quels champs sont à labourer, récolter ou alors celui duquel vous devez enlever les fanes. Et c'est parti pour de longues journées à ne plus savoir par où donner de la tête, du lever au coucher du soleil.

Certains moments du jeu vous procurent une sensation agréable de sérénité.

Le principe

Labourer, sillonner, semer, récolter, couper, déposer les graines au silo : toutes les actions inhérentes à la profession sont présentes. Y compris emmener le fruit de votre labeur en ville pour le revendre, employer des ouvriers, rembourser ou emprunter à la banque. Farming Simulator 17 est inattaquable du point de vue de la simulation. Ces actions sont appuyées par plus de 250 véhicules qui sont les répliques exactes de ceux que vous trouvez dans les concessions Massey Ferguson, Valtra, Fendt, New Holland, Steyr, Kramer... sans compter les prochains qui arrivent par mods ou DLC. Le fan ne peut que se réjouir de cette exactitude matérielle et de leur maniement. 10 types de cultures (blé, orge, betteraves, pommes de terre, peupliers...) obligent à s'équiper du matériel adéquat comme des arracheuses de betteraves si vous en plantez. Les animaux nécessitent également d'avoir les bennes adaptées, citernes, cabanons, etc. La liste est immense, à tel point que vous pouvez passer des journées entières devant votre écran avant que les opérations ne soient huilées.

Les développeurs ont tellement poussé l'expérience que vous vous déplacez aussi à pied, pour aller du tracteur à votre pick-up par exemple. Vous écoutez la radio dans la cabine de vos véhicules, perdez du temps à atteler votre remorque lorsque vous n'êtes pas pile en face du crochet... Le point fort technique du jeu est dans le détail de la reproduction de ces véhicules et les actions permises avec ce matériel. Vous pouvez atteler les outils, mettre des contre-poids, vider votre "moisse-bat" : rien n'est laissé au hasard. Vous trouvez votre bonheur que vous soyez amateur de sillons ou gestionnaire car vous employez des ouvriers qui s'occupent des tâches répétitives ou longues. Cela n'est pas obligé, si vous souhaitez vous en charger : libre à vous ! Un gros regret est de subir cette agriculture industrielle mais le but de ce nouveau volet est de parfaire la simulation et non de la révolutionner.

Le fait de jouer à plusieurs donne une dimension humaine presque trop implicante.

Le multi

En plus du côté communautaire que représente l'ajout de mods il existe bel et bien un vrai multijoueur. À six vous gérez une exploitation, et vous n'êtes pas là pour rigoler. Les parties sont sérieuses, à l'instar du jeu. Une fois tous les mods nécessaires installés et acceptés par le créateur du serveur vous devez jouer votre rôle à fond. Les mods sont une vraie richesse du titre. Ils peuvent représenter l'ajout d'éléments de travail : cabanons, citernes, tracteurs. Cela peut également être beaucoup plus léger comme des skins de véhicules. Toutefois, cela force le respect, un mod peut également être la reproduction fidèle d'exploitations de plusieurs hectares, ses marchés, ses zones boisées et ses cultures. Notez la possibilité d'acheter divers véhicules via des DLC tel que l'officiel JCB (coupe de bois) ou du "Season Pass" devenu maintenant habituel.

La vie de céréalier vous ennuie ? Qu'à cela ne tienne !

Pour qui ?

Ce jeu, fort d'une communauté solide comme le prouvent les ventes annuelles stables et fortes, se destine principalement à elle. Les nouveaux arrivants se doivent d'être passionnés par les engins ruraux. Rien n'est fait pour capter d'autres joueurs, car il n'a pas tous les aspects d'un jeu vidéo conçu pour jouer. Rappelons que Farming Simulator 17 propose de... travailler. Reconnaissons qu'il le fait très bien mais c'est un cap à franchir que de se saisir de sa manette pour couper du bois. En tous les cas les qualités intrinsèques du programme sont à la hauteur des attentes des fans. Le titre inspire le sérieux et invite immédiatement à s'atteler à la tâche. La question se pose de savoir si les gens très sérieux ont une console, et s'ils l'utilisent pour travailler. Cette situation est plutôt étrange.

Beaucoup de véhicules à gérer : il vous faut du monde.

L'anecdote

L'anecdote est simple et fait sourire quiconque aura joué à Farming Simulator 17 plus de cinq minutes. Les premiers instants de jeu m'ont effaré, y compris pendant l'introduction représentant une charge de tracteurs sur fond de musique épique. Perdu de me retrouver dans un jeu de travail j'ai manqué l'information de pouvoir embaucher du personnel. Je me retrouve alors à tout faire... Sillonner à longueur de temps et ensemencer des hectares. Ce n'est pas productif mais je me plais à écouter la radio dans mon tracteur. Le jeu m'a permis de m'évader à ce niveau. Ce ne fut pas très long car quand j'ai compris que je pouvais reléguer ces tâches je ne m'en suis pas privé. Il faut rembourser les emprunts alors je me suis attelé à des besognes plus lucratives. C'est qui le patron ?
Les Plus
  • Un moteur graphique déroutant
  • Le mode "bac à sable" permanent : dur à appréhender
Les Moins
  • Le mode "bac à sable" permanent : la vraie vie de fermier !
  • De nombreux véhicules réalistes
  • Une multitude de possibilités à tous les niveaux
  • La référence du genre