Root Letter

21 nov. 2016
Testé par sur
Disponible sur
4

Un visual novel passionnant

Après Psycho-Pass, les amateurs de visual novels sont gâtés. Root Letter est plus qu'une bonne surprise puisqu'il s'agit probablement de l'un des meilleurs jeux du genre disponibles chez nous. Disposant d'une histoire réellement passionnante et d'un rythme maîtrisé, le titre n'effraie jamais et tient particulièrement en haleine. Si vous aimez lire, vous vivrez/lirez une histoire remarquable. Quel dommage que le jeu soit uniquement en anglais ! Enfin, précisons juste que Root Letter est peut-être plus adapté à la Vita, histoire de pouvoir savourer cette histoire dans le lit avant de se coucher.

Root Letter est le premier visual novel de Kadokawa Games à sortir chez nous. Peu connu du grand public français, Kadokawa est une maison d'édition très célèbre au Japon, aussi bien pour ce qui est de l'édition de mangas, de romans ou de jeux vidéo. Alors, que vaut cette première fois ?

L'histoire

Root Letter vous place dans la peau de Takayuki, un japonais ayant eu une correspondance avec une fille nommée Aya Fumino quinze ans plus tôt. Tandis que vous regardez avec nostalgie les lettres que vous receviez à l'époque, vous tombez sur l'une d'elles que vous n'aviez jamais lu jusqu'ici. "J'ai tué quelqu'un", voilà ce que le bout de papier affirmait avant de dire qu'il fallait "arrêter cette correspondance". Cette mystérieuse lettre non-affranchie est le point de départ de votre mystérieuse enquête : vous décidez de vous rendre à Shimane pour trouver la jeune fille devenue femme. Sur place, vous apprenez rapidement qu'Aya Fumino est morte il y a 25 ans.

Root Letter dispose d'une histoire assez prenante pour vous maintenir accroché à votre manette. Mieux encore : il gère bien le rythme, avec des dialogues pas trop longs et des situations qui ne s'étalent jamais en longueur. Un point important quand on connaît le côté assommant de ce genre spécifique. Soulignons enfin que les illustrations du jeu sont jolies, et parfaitement bien mises en musiques grâce à des pistes à la fois mélodieuses et discrètes. D'ailleurs, il se dégage globalement du titre un certain romantisme, voire une mélancolie savamment dosée (histoire de ne pas tomber dans le pathos).

Vous pouvez vous remémorer ce que vous avez répondu à Aya Fumino. Sympa.

Le principe

Pour éviter l'ennui, Root Letter a aussi la bonne idée de proposer une interface et un progression engageante. En quelques "clics", vous parcourez des lieux mais pouvez aussi poser des questions, inspecter des éléments ou chercher dans votre inventaire des objets nécessaires à vos recherches. Tout est donc fait avec une certaine cohérence, comme lorsque vous devez consulter votre smartphone pour sauvegarder. À coup sûr, cela change des menus austères de certains titres du genre. Petite originalité de Root Letter : il vous faut parfois convaincre vos interlocuteurs lors de passages spécifiques rappelant un peu la saga Phoenix Wright (toutes proportions gardées). Dans le même esprit, chaque début de chapitre vous permet de vous replonger dans une lettre d'Aya Fumino, et de lui répondre en choisissant le post-scriptum. Mignon.

Objection !

Pour qui ?

S'il dispose d'une histoire franchement intrigante voire passionnante, Root Letter a aussi pour lui un énorme avantage : il est toujours engageant, jamais décourageant. En effet, le jeu a parfois tendance à mâcher le travail mais ne semble jamais penser à mal. Dans Root Letter, tout est une question de rythme. Vous n'êtes jamais perdu, et si vous ne choisissez pas la bonne option, Takayuki ne manquera jamais de vous guider vers le menu adéquat. Alors certes, cela rapproche encore un peu plus Root Letter d'un simple roman, mais l'alliance de ce parti pris et d'un travail millimétré sur le rythme fait que vous lisez avec plaisir, peut-être même plus que si vous lisiez certains livres.

Les illustrations sont "douces" et jolies.

L'anecdote

Si vous avez mis du temps à avoir le test de Root Letter, c'est parce que d'autres jeux sont devenus prioritaires entre temps. Et pour cause : le jour de sa sortie, il était tout bonnement impossible de lancer une partie de Root Letter sur une console configurée en français (malgré le fait que le jeu soit en anglais). Écran noir, rien ne va plus !

Heureusement, le problème a été réglé depuis et nous apprécions le fait que les développeurs aient été réactifs. Toutefois, je précise que ces derniers mois beaucoup de jeux ont eu des couacs techniques plus ou moins pardonnables lors de nos tests (qui a dit Lumo ?), au point que je me mets à penser comme tout le monde : le niveau de finition des jeux est tout bonnement déplorable aujourd'hui.
Les Plus
  • Une histoire véritablement passionnante
  • C'est rythmé
  • Quelques mécaniques qui gardent le joueur attentif
  • Les musiques !
Les Moins
  • Si vous n'aimez pas lire...
  • En anglais uniquement