Valkyrie Drive Bhikkhuni

01 nov. 2016
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2
  • Éditeur PQube
  • Développeur Tamsoft
  • Sortie initiale 11 octobre 2016
  • Genre Action

Rien dans le pantalon

En fin de compte, seuls ceux n'ayant jamais joué à des curiosités comme Senran Kagura pourraient ne pas être affligés par la paresse de Valkyrie Drive : Bhikkhuni. Très décevant au regard du projet initial (qui aurait pourtant pu permettre à Marvelous et à Tamsoft de passer un cap "osé"), le titre recycle sans vergogne la recette à succès. Des niveaux courts, un système d'expérience classique mais accrocheur, des nanas en lingerie... Pourtant, impossible de parler d'expérience catastrophique : le gameplay comporte assez de subtilités pour vous donner l'envie de jouer. Finalement, Valkyrie Drive : Bhikkhuni donne surtout l'impression d'user un concept qui commence à faire son temps. Reste à savoir jusqu'à quand le Japon pourra compter sur des petites culottes usagées.

Il est des choses dont seuls les japonais ont le secret. Ainsi, Valkyrie Drive est à l'origine un projet transmédia composé de Mermaid (un animé), de Siren (un jeu smartphone sorti uniquement au Japon) et enfin de Bhikkhuni, un titre destiné à la Vita.

Avant-propos

Avant la sortie de Valkyrie Drive : Bhikkhuni, il y a donc eu Valkyrie Drive : Mermaid. Diffusé entre octobre et décembre 2015 au Japon, le dessin animé est pour le moins "original". Sous couvert d'érotisme et d'action, le titre met en scène des femmes plantureuses coincées sur une île. Leur particularité ? Une drôle de maladie les scindant en deux groupes. D'un côté, les Extars sont capables de se transformer en armes dévastatrices dès lors qu'elles sont suffisamment excitées. De l'autre, les Liberators sont justement les seuls à pouvoir les émoustiller afin d'utiliser leurs pouvoirs.

Autant vous dire que lorsque nous vous parlons d'érotisme, nous ne sommes parfois pas loin du hentai, Mermaid vous proposant des scènes aussi délicates que des tétons s'entrechoquant, des poitrines exubérantes donnant l'impression de se parler entre elles ou des séances de pelotage en bonne et due forme (voire plus). Si le dessin animé peut choquer, il faut avouer qu'il se dégage de celui-ci un étrange pouvoir hypnotique, en partie dû à la présence de scènes d'action. D'ailleurs, ce n'est probablement pas un hasard si la plupart des combats se terminent par une belle explosion (nous vous laissons deviner la métaphore).

Bhikkhuni aurait pu aller très loin... Ici, un extrait (particulièrement) soft de Mermaid.

Le principe

Le jeu, justement, ne prend pas place sur l'île de l'animé mais sur une autre : celle de Bhikkhuni. Vous rencontrez donc de nouvelles héroïnes dans un beat'em all finalement très classique. Le problème de Valkyrie Drive : Bhikkhuni se situe d'ailleurs ici. Jamais le titre ne profite de son background coquin pour intégrer des concepts forts, en relation avec la série animée.

Car dans les faits, Valkyrie Drive : Bhikkhuni ressemble terriblement à Senran Kagura (également produit par Marvelous). De la structure des niveaux au gameplay, en passant par ces airs coquins mais terriblement gentillets, le titre ne surprend pas. Pourtant, impossible de nier ses qualités intrinsèques : les combos sont dynamiques et les subtilités bien présentes, qu'il s'agisse du "dash aérien", des transformations ou quelques combos spéciaux intitulés "Phantom".

Vous voilà donc avec un jeu tout ce qu'il qu'il y a de plus paradoxal, à savoir assez bon mais qui ne peut que difficilement s'ancrer dans un projet transmédia véritablement osé. Car bien que son pendant animé soit à vocation érotique, les thématiques étaient assez fortes pour pouvoir être portées en jeu vidéo. Par exemple, pourquoi ne pas avoir joué sur l'excitation du joueur en favorisant la démesure des affrontements ? Pourquoi ne pas avoir miser sur l'ambiance lesbienne de la série ou, plus généralement, sur la fusion des êtres ? Dans Valkyrie Drive : Bhikkhuni, vous n'avez qu'un système d'affinité tout ce qu'il y a de plus classique et c'est bien dommage.

Des zones/missions courtes, un HUB qui réunit les persos, de l'XP à répartir... La recette Kagura.

L'anecdote

Car Valkyrie Drive : Bhikkhuni est complètement symptomatique d'un Japon à deux facettes. D'un côté, celui qui tolère que l'on se rince l'œil dans ses jeux vidéo en regardant des écolières en petite culotte. De l'autre, un Japon qui va jusqu'à refuser que deux lycéennes se donnent fréquemment un baiser pour coller à un concept. Car n'espérez pas voir un sein ou un bisou de trop dans Valkyrie Drive : Bhikkhuni, non, même les transformations des héroïnes se font de façon parfaitement suggestive (pour ne pas dire abstraite).

Tiens, la fameuse scène lors de laquelle les vêtements disparaissent sous les coups. Comme d'hab'.

Pour qui ?

Quand l'on crée un projet transmédia, il est donc attendu que l'on propose une forme de cohérence entre les œuvres. Et c'est là où le bas blesse pour Valkyrie Drive. Très loin de l'animé d'origine, le titre ne peut pas être conseillé aux adeptes de Mermaid. De même, difficile d'imaginer quelqu'un ayant fait l'expérience Vita ne pas être surpris si jamais celui-ci avait la curiosité de voir le dessin animé. De façon plus pragmatique, nous pouvons même se demander pourquoi l'œuvre la plus subversive est sortie en premier, comme pour appâter les joueurs coquins qui, de toute évidence, pourraient pourtant tomber de haut en jouant à un titre aussi classique que Bhikkhuni.

Si certaines sont décevantes (merci la caméra), les héroïnes bénéficient de gameplay différents.

Le multi

Ces mêmes joueurs auront d'ailleurs le loisir de jouer dans un mode multijoueur tout aussi classique, leur permettant d'affronter d'autres joueurs afin d'intégrer un classement en ligne. Pas de quoi sauter au plafond en somme.
Les Plus
  • Solide techniquement
  • Des design plutôt réussis
  • Des vraies bases de beat'em all
  • Quelques mécaniques amusantes et dynamiques (les combos Phantom dans les airs par exemple)
  • Une recette accrocheuse et qui a fait ses preuves
Les Moins
  • Un jeu qui manque cruellement de "cojones" compte tenu de l'animé
  • Une fainéantise certaine
  • On n'a rien contre les coquineries, mais au bout d'un moment la recette s'épuise...
  • Les défauts inhérents à toutes les autres productions de ce type (et de Marvelous) : difficulté artificielle, durée de vie assez courte, etc.