Inside

12 juil. 2016
Testé par sur
Disponible sur
4
  • Éditeur Playdead
  • Développeur Playdead
  • Sortie initiale 29 juin 2016
  • Genres Aventure, Plateformes, Réflexion

Une dystopie qui rend heureux

Avec Inside, l'équipe danoise de Playdead exploite à merveille ce que laissait entrevoir leur premier jeu, Limbo. Une accessibilité à toute épreuve au niveau du gameplay, des mécanismes ingénieux, une atmosphère plantée en quelques instants sans artifices, une impression de profondeur étonnante malgré une progression relativement linéaire et le plus souvent à l'horizontal... Les atouts de cette histoire bizarre, mélancolique et en certains points dérangeante, sont suffisamment nombreux pour réjouir les joueurs curieux (n'hésitez d'ailleurs pas à visiter toutes les zones secrètes du jeu !). Décidément, entre Unravel et le récent Fragments of Him, les jeux qui viennent du Nord n'ont pas fini de nous surprendre.

Pas facile pour un studio indépendant de revenir après un premier jeu acclamé aussi bien par la critique que par les joueurs. Avec Inside, l'équipe danoise de Playdead tente de réitérer la surprise de Limbo, tout en conservant les mêmes ficelles.

L'histoire

La nuit. Une forêt. Un petit garçon essoufflé. Des lampes torches. Des hommes à ses trousses. Des chiens aussi. Un champ de maïs. Une ferme abandonnée. Des cochons entassés. Des humains qui marchent en cadence, en file indienne, comme des pantins, vers un lieu inconnu. De votre origine comme de votre destination, vous ne savez rien. En tous cas, pas encore. Une seule certitude : sans être sinueux, le chemin est dangereux, étonnant, parfois même angoissant.

La lumière est souvent un ennemi mais parfois aussi un atout...

L'emballage

Comme disent souvent les grands-mères : "les chiens ne font pas des chats !". Ainsi, les liens de parenté entre Limbo, premier titre de Playdead, et Inside sautent aux yeux. Mais cette fois, l'équipe danoise pousse la direction artistique dans ses derniers retranchements. Fini le noir et blanc, les ombres chinoises, le style un peu naïf du "cauchemar d'un petit garçon". Ici, la couleur intervient par petites touches (selon une palette très étudiée), les personnages sont plus expressifs, et surtout, le thème apparaît nettement plus mature, voire par moment un peu dérangeant.

Vous serez parfois accompagné d'une troupe d'alliés bien utiles.

Le principe

Comme son prédécesseur, Inside joue sur la simplicité. Ce jeu de plateformes (essentiellement) ne sollicite ainsi que trois touches : avancer, sauter et agir. Bien entendu, cette accessibilité ne reflète pas la profondeur du gameplay. Il parvient en effet à se renouveler régulièrement et même à accentuer graduellement votre intérêt. Les mécanismes du jeu font d'ailleurs preuve de beaucoup d'ingéniosité de la part des développeurs. L'un deux consiste par exemple à utiliser les humains "hypnotisés" que vous allez croiser pour débloquer votre chemin. Cette possession mentale s'apparente un peu à celle utilisée par Abe dans Oddworld (en beaucoup moins comique !). Par moment, vous dirigerez ainsi tout un groupe pour vous permettre de soulever une porte blindée ou pousser une charge trop lourde pour vous seul.

Grâce à une belle gestion des sources lumineuses, Inside prend également des allures de jeu d’infiltration. Rester camoufler dans l'ombre ou même éblouir un ennemi pour l'empêcher d'avancer, voilà quelques unes des joyeusetés qui vous attendent. Les environnements aquatiques, également de la partie, vous donneront aussi un autre aperçu de l'ingéniosité de Playdead avec, notamment, le fameux système de vases communicants... Mais, préservons votre surprise.

Si vous n'y prenez pas garde, vous serez rapidement récupéré par vos poursuivants.

Pour qui ?

Inside s'adresse bien entendu aux fans de Limbo. Mais pas seulement. Les joueurs curieux, appréciant les productions indé parfaitement léchées, les ambiances étranges, angoissantes et parfois même surprenantes seront à la fête. Si en plus, vous êtes du genre à ne pas vouloir être pris constamment par la main ("Ça clignote, c'est par là, suivez-moi !") mais que vous souhaitez trouver par vous même, n'hésitez plus : foncez !

Vous n'êtes dans le film "Brazil" mais presque...

L'anecdote

Dans Inside, la lumière joue un rôle essentiel, notamment lors d'un passage aquatique assez angoissant. Ne faites pas comme moi, utilisez cette lumière pour vous prémunir d'un danger imminent. Difficile de vous en dire plus sans vous gâcher la surprise alors, il ne vous reste plus qu'une chose à faire : tenter l'expérience.
Les Plus
  • L'ambiance générale naviguant entre bizarre, mélancolie et lugubre
  • Une progression crescendo
  • Les jeux d'ombres et de lumières
  • Le stress en milieu aquatique...
  • La possession mentale, très astucieuse
  • L'inventivité des développeurs
  • Les premières minutes qui parviennent à mettre en place une atmosphère sans aucun des artifices habituels
  • Les petits poussins...
  • Les zones secrètes qui proposent parfois des mécanismes de jeu supplémentaires
Les Moins
  • La fin abrupte et qui laisse sur sa faim (heureusement, il existe une conclusion alternative)