Deadlight : Director’s Cut

11 juil. 2016
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Du surgelé de qualité

Si vous en avez marre des zombis, il est probable que ce Deadlight : Director’s Cut n'attire pas votre regard. Ça serait pourtant dommage car le jeu dispose d'un gameplay solide et efficace, avec même ce soupçon d'hommage aux cadors du genre auxquels il renvoi (le tout premier Prince of Persia en tête). Deadlight a aussi pour lui une direction artistique remarquable, où les ombres et jeux de lumières permettent de distiller une atmosphère de choix. Seul vrai bémol : un scénario sans surprise et une durée de vie un peu chiche.

Quand on a du mal à accoucher d'un nouveau jeu, faute de liquidités et d'un véritable appui de son éditeur, comment s'en sortir pour un jeune studio ? En proposant une version Director's Cut de son premier bébé, auréolé - en 2012 - d'un joli succès d'estime. Voilà l'histoire de Deadlight : Director’s Cut. Et voici maintenant son test.

L'histoire

Si les zombis n'existaient pas, c'est tout un pan du jeu vidéo qui n'existerait pas non plus. Source d'inspiration intarissable, la fin du monde provoquée par une sorte de virus nécrophage n'en finit pas d'être déclinée sur nos consoles. Dans Deadlight : Director’s Cut, vous incarnez donc un ranger canadien, séparé de sa femme et sa fille au début de l'épidémie. Vous avez sans doute deviné la suite : il va tout faire pour les retrouver. Tout faire sous-entend traverser la ville de Seattle - forcément dévastée - pour atteindre un "Safe Point", ce fameux endroit providentiel et sûr qui aurait échappé comme par magie à l'invasion zombiesque.

Pour replacer les choses dans leur contexte, la version d’origine de Deadlight est sortie en 2012, soit pile poil au moment où la série The Walking Dead commençait sérieusement à faire des émules un peu partout sur la planète. L'inspiration de Tequila Works est donc évidente et les fans de l'adjoint du shérif du comté de King, Rick Grimes, ne seront pas dépaysés. Ils navigueront même sur un terrain déjà un poil trop balisé.

Les jeux de lumières donnent aux décors une vraie dimension artistique.

L'emballage

Comme vous le voyez, le scénario de Deadlight : Director’s Cut n'a donc rien de bien extraordinaire. A contrario, il dispose d'une direction artistique tout à fait remarquable. Le studio espagnol ne s'en cache pas : "C'est d'abord l'aspect artistique et l'envie de créer une atmosphère spéciale qui ont été à l'origine de la construction du jeu". Ainsi, Deadlight décline des graphismes particulièrement travaillés, à tel point que vous pourriez même vous surprendre à relâcher le stick "avancer" simplement pour apprécier chaque élément qui compose les décors traversés.

Idem pour les jeux de lumières qui donnent au titre une vraie dimension, parfois même métaphysique. La lumière provenant de derrière les décors, le plus souvent vous ne percevez ainsi que l'ombre des personnages (en dehors des cinématiques notamment). Ces ombres sont aussi celles des zombis que vous croiserez. Ce n'est donc pas la silhouette qui vous renseigne sur la présence d'un infecté ou d'un allié, mais belle et bien son attitude. Voila qui engendre une certaine forme de stress plutôt bienvenue.

Les bouts de journal que vous récupérez développent une histoire sans surprise.

Le principe

Deadlight : Director’s Cut est un jeu d'action / plateformes en 2.5D à défilement horizontal. De leur aveu, les développeurs ont souhaité remettre au gout du jour le tout premier Prince of Persia. Ainsi, ça court, ça saute, ça escalade, et en plus d'éviter des zombis qui surgissent de partout, ça échappe aussi à des pièges mortels. Ici, pas d'exploration ou presque, mais surtout une progression rapide. Si tout se passe bien, vous finirez le jeu de base en à peine quatre heures. Gardez toutefois à l'esprit que l'endurance de votre héros s'épuise dès lors qu'il est suspendu ou utilise sa hache. À vous de bien mesurer le temps nécessaire aux phases d'escalade et au massacre de vagues de zombis.

Histoire de justifier sa réapparition, cette version "Director's Cut" propose un mode de jeu supplémentaire intitulé "survie", mode où vous devez survivre à des vagues d'invasion zombis dans un hôpital désaffecté. Autre ajout intéressant, le mode "cauchemar" qui retire la sauvegarde automatique. Une fois mort, vous recommencerez au tout début de l'aventure. C'est d'autant plus stressant que Deadlight prend souvent la forme d'un die and retry tant certains passages vous demanderont un timing hyper précis. Mais si vous aimez les défis, pourquoi pas ?

Le danger ne vient pas uniquement des zombis. Bien au contraire.

Pour qui ?

Si vous connaissiez le jeu d'origine, l'intérêt de ce Deadlight : Director’s Cut ne vous sautera pas aux yeux. Bien sûr, les graphismes apparaissent peaufinés, quelques modes de jeu supplémentaires font leur apparition, ainsi que tout un tas de vidéos de making-of. Mais l'histoire de base n'a pas changé et le challenge restera le même. Par contre, pour les nouveaux joueurs qui apprécient les jeux rapides et musclés (du type Assassin's Creed Chronicles par exemple), emballés à la mode "zombie" actuelle, Deadlight a de quoi les séduire.

Les bonus proposent une galerie d'artworks intéressants à observer.

L'anecdote

Revenons à Tequila Works. Le studio bûche actuellement sur son deuxième titre, le séduisant Rime dévoilé lors de la Gamescom 2013. Associé à SONY depuis le début de son développement, ce jeu à récemment été sujet à une rumeur concernant un désengagement de l'éditeur, rumeur laissant planer le doute sur l'annulation éventuelle de sa sortie. En tous les cas, si vous souhaitez voir débarquer ce Rime, nul doute qu'en achetant Deadlight : Director’s Cut vous soutiendrez l'équipe de Tequila Works et permettrez la pérennité de son futur petit frère.
Les Plus
  • Un emballage visuel très réussi
  • La musique, mélancolique à souhait
  • Les ombres et les lumières
  • L'hommage inattendu et réussi au premier Prince of Persia
Les Moins
  • Un scénario sans surprise
  • La durée de vie un peu juste