MXGP 2

26 avr. 2016
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La grosse gamelle pour Milestone

MXGP 2 est tout simplement une déception, en plus d'être un jeu relativement médiocre. Entre la dramaturgie farfelue des courses et une technique qui handicape l'expérience de jeu, le titre de Milestone peine à convaincre. Certes, il s'agit du seul représentant d'un genre mêlant motos et gadoue, mais difficile d'imaginer les fans de motocross se contenter de si peu. Au final, MXGP 2 donne surtout l'impression d'être resté bloqué au début des années 2000. Et dans le monde du jeu vidéo, quinze ans c'est long, très long...

S'il n'était pas parfait, MXGP restait un jeu de motocross tout juste sympathique, bien aidé par l'absence de concurrence sur ce secteur. Nous étions donc en droit d'attendre une éventuelle suite plus réussie. Voyons donc si MXGP 2 est à la hauteur...

Le principe

MXGP 2 est donc un jeu de motocross. Et en ce sens, il conserve tous les éléments du genre : gestion des freins avant et arrière, utilisation de l'embrayage, répartition du poids du pilote à l'aide du stick droit... Les adeptes du genre seront en terrain connu. Un peu trop d'ailleurs, car MXGP 2 ne sort jamais des sentiers battus. Et il vous empêche même de le faire. Ainsi, le moindre écart sur la piste vous fera réapparaître au centre du tracé. Cela ne serait pas gênant si la dramaturgie des courses ne s'en voyait pas être impactée : au moindre écart, même minime, le jeu ne vous laisse jamais l'initiative. Un point d'autant plus gênant que les chutes sont particulièrement mal gérées. En effet, jamais la course ne se retrouve perturbée par une gamelle, les concurrents continuant de foncer à toute berzingue comme si de rien n'était. On est loin de l'Enduro, oui. De cela découle des courses "bêtes et méchantes", qui n'ont finalement pas grand chose de plus que celles présentes dans les jeux d'il y a quinze ans. Même le mode Carrière ne surprend pas puisqu'il reprend sans grande conviction les éléments ayant fait la joie des jeux de course : choix d'écuries et de sponsors, qualifications anecdotiques, montée progressive des échelons... Rien de neuf à l'horizon.

Bah oui, vous gênez pas hein.

L'emballage

À la limite, le jeu aurait pu s'en sortir si la technique avait été au rendez-vous (surtout qu'il est seul sur son secteur). Hélas, c'est justement tout l'inverse. Avec ses ralentissements et son tearing sévissant à chaque tour ou presque, le jeu finit de tuer une expérience déjà loin d'être convaincante. De plus, MXGP 2 pâtit aussi d'un défaut que l'on retrouve dans tous les jeux de course actuels : des temps de chargement véritablement interminables. Une manie que les développeurs seraient gentils de mettre de côté.

Du mode stadium se concentrant sur les circuits en plein stade au mode défis, rien que du classique.

Le multi

Du côté du multijoueur, MXGP 2 fait également dans le trop classique. Avec son mode en ligne, le jeu assure néanmoins le principal. Soulignons tout de même la possibilité d'intégrer des IA aux courses, un bon moyen de contrebalancer le fait que les serveurs soient assez déserts. Normal pour un genre plutôt confidentiel.

Mes camarades en ligne ont eu la bonne idée de prendre une piste bien large. Ouf !

Pour qui ?

Le drame de MXGP 2, c'est qu'il ne se destine pas à grand monde. Si les sensations de pilotage demeurent présentes, l'absence de vrais scénarios de courses nuit grandement à l'immersion, si bien qu'il n'est pas assuré que les adeptes de sports (y compris de sports mécaniques) y trouvent leur compte. De même, la technique n'aide pas. Difficile d'imaginer un joueur investir plein pot dans un jeu à la ramasse sur bien des points.

Rien de neuf non plus côté personnalisation. Heureusement, l'argent se gagne dans chaque mode.

L'anecdote

Depuis Moto Racer - titre qui a popularisé le genre - le jeu de motocross n'a finalement que très peu évolué. Si les premiers jeux PS2 des années 2000 (Jeremy McGrath, MX 2003) laissaient entrevoir de nouvelles possibilités (gestion plus poussée de l'embrayage, mode freestyle, etc.), force est de constater que le genre n'évolue plus. Un constat regrettable quand on sait que la technologie actuelle devrait permettre des sensations bien plus réalistes, en particuliers sur Xbox One où les gâchettes et leurs vibrations devraient avoir un beau rôle à jouer. En 2016, le genre ne propose toujours pas de gestion dynamique des tracés et de la boue, ni même des graphismes dignes d'intérêt. Et c'est bien triste.
Les Plus
  • Un jeu de motocross
Les Moins
  • Jamais une prise de risque (système de progression, modes de jeu, etc.)
  • Une gestion des chutes absolument consternante
  • Une dramaturgie absente des courses
  • Cette sensation d'être resté bloqué en 2003
  • À la rue sur le plan technique