The Matrix : Path of Neo fait fausse route

18 févr. 2006
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Path of Neo accumule les défauts. Son gameplay est limité et ne permet pas de retrouver les sensations des films. De nombreux bugs sont encore présents : les Smith restent parfois coincer dans les éléments du décor. Le moteur physique Havok fait sourire tant son utilisation laisse à désirer. Ce nouveau Matrix ne laissera pas un souvenir impérissable. Meilleur que le pitoyable Enter the Matrix, il ne parvient pas à égaler les cadors du genre à cause de la platitude de son action. Bien essayé mais c'est raté.

Malgré son succès public avec près de 4 millions d'exemplaires vendus, Enter the Matrix n'avait pas reçu de plébiscite critique. Sorti en 2003 quelques jours avant Matrix Reloaded, le jeu cumulait de nombreux défauts à commencer par des bugs chroniques. Aujourd'hui, Shiny s'attaque une nouvelle fois à la licence Matrix avec un Path of Neo attendu au tournant. En espérant que ce chemin ne nous mène pas de nouveau à un cul de sac.

Neo est traqué par les Smith au début du jeu

Bienvenue dans le monde réel

Comme chaque soir, Thomas A. Anderson s'endort devant son ordinateur. Ce jeune informaticien mène une double vie. Le jour, il travaille pour une grande société informatique. Le soir, il est pirate sous le pseudonyme de Neo. Une nuit, il fait un rêve étrange. Un homme lui propose deux pilules. En choisissant la rouge, Neo rentre dans une sorte de simulateur de combat. Et il rejoint le monde réel. Path of Neo suit la trame classique de la trilogie de la montée en puissance de Neo jusqu'à la fin de la guerre contre les machines. Le joueur traverse donc des lieux connus de la saga comme le fameux hall, la cour d'immeuble ainsi que l'avenue mouillée du combat final face à l'agent Smith. Malheureusement, si l’histoire et les extraits des films sont très bien utilisés au début de l’aventure, puis la scénario s'effiloche au fil des niveaux. Finalement, la trame prophétique et les réflexions pseudo-philosophiques des frères Wachowski ne sont que des prétextes pour des niveaux de combat et de gun-fights.

D'autres personnes sont à libérer de la matrice

Déviation

Ce manque de profondeur du scénario fera sans doute grincer les dents des fans. Pourtant, Shiny a réussi à faire pire que cela. Certains niveaux ont été agrandis en extrapolant l’histoire. C’est une tentative louable. Cependant, la plupart de ces prolongements sont sans intérêt. Au début du jeu, Neo apprend le kung-fu ce qui nous donne le droit de subir près d’une heure de didacticiel. Puis, Neo se perd dans le métro juste après avoir battu Smith dans la station. En outre, le château du Mérovingien est certainement le niveau le plus agaçant du jeu. Alors qu’il est expédié en deux minutes dans Reloaded, le niveau se permet d’être extrêmement fastidieux dans Path of Neo. Enfin on regrettera la mauvaise utilisation des extraits vidéo. Au lieu de reprendre le montage des films, les développeurs ont eu la bonne idée de monter les morceaux de films à la manière des clips sur MTV. Et ne parlons même pas de la fin du jeu qui fera pleurer de désespoir les milliers de fans de la trilogie.

Neo se bat contre des fourmis karatékas de très mauvais goût

Suis le lapin blanc aliasé

Outre les nombreuses libertés prises par Shiny, la laideur du titre est la première chose qui choque dans Path of Neo. Rien n’a changé depuis Enter the Matrix. Les modèles 3D sont basiques avec des textures manquant de finesse. Si Neo, Morpheus et Trinity sont irréprochables, les personnages secondaires ont été modélisés à la va-vite. Mention d’horreur pour le guérisseur et sa coupe de cheveux hideuse ou pour les fourmis karatékas du château du Mérovingien. Les décors souffrent d’aliasing ce qui ne permet pas d’apprécier à sa juste valeur le travail réalisé sur certains environnements comme Chinatown. Il faut tout de même souligner quelques jolis effets de lumière ou de particules. Malgré cela, Path of Neo est loin des standards actuels en matière de graphismes sur PS2. On regretterait presque la belle époque où David Perry et Shiny livraient de magnifiques Aladdin, Cool Spot et Earthworm Jim.

Morpheus clôt le très long didacticiel

Je connais le kung-fu

Passons à présent, aux mécanismes du gameplay. La plupart des passages sont des phases de combat où Neo montre qu'il connaît de nombreuses techniques de lutte. Pour battre les Smith, Neo possède un coup simple, qui permet de placer des combos basiques et peu puissants. Il peut chopper les ennemis grâce à la touche d'attaque spéciale. Pour les enchaînements les plus puissants, Neo doit tout d'abord se concentrer, puis combiner plusieurs touches affichées à l'écran. Tout est contextuel. On appuie sur carré ou on tourne le stick lorsque le jeu nous le demande. Pourtant, malgré les indications à l'écran, il est possible d'appuyer sur n'importe quel touche pour sortir un combo de folie. Même si les enchaînements se complexifient au fil du jeu, les coups sortent trop facilement et leur nombre est limité. En outre, Neo peut utiliser des armes de corps à corps tels que le katana ou le bâton de la scène de la cour d'immeuble mais leur emploi se révèle dispensable. La caméra subit de problèmes de cadrage. Pour cet opus, Shiny a opté pour une perspective plus large de l'action. Cependant, la caméra a tendance à se bloquer dans les murs ce qui est très gênant et ruine à néant les efforts consentis pour améliorer les combats.

La scène du hall est l'occasion de prouver l'efficacité des armes à feu

Il me faut des armes. Beaucoup d'armes

Path of Neo fait la part belle aux gunfights. Shiny a tenté de reproduire l'intensité des scènes mythiques des films comme le hall ou la boîte du Mérovingien. Pour cela, le studio a repris le bullet-time, popularisé entre autres par Max Payne sur PC. En ralentissant le temps, il est possible d'esquiver les tirs ennemis ou même d'arrêter les balles. A la manière d'un Dead to Rights, Shiny a adopté la visée automatique. Grâce au R2, Neo peut verrouiller les ennemis et le stick droit permet de switcher de cible (presque) facilement. L'Élu dispose d'un arsenal limité mais efficace allant du pistolet automatique au M16. Malgré le travail de Shiny, les phases de shoot sont loin d'être parfaitement réglées. Le lock automatique facilite trop l'action et la plupart du temps, il suffit de cinq ou six balles pour tuer les ennemis. Neo tape des poses à la Dante de Devil May Cry mais c'est sans grand intérêt puisqu'il ne peut locker qu'une cible à la fois. Comme pour les combats, les gunfights sont peu palpitants et auraient pu gagner en intensité.
Les Plus
  • L'univers Matrix
  • Les voix tiennent la route
  • Quelques niveaux bien pensés
Les Moins
  • Des choix douteux
  • L'aspect graphique
  • Les combats sont mal réglés
  • Les gunfights manquent de précision
  • La faible durée de vie