L'après E3 de Nintendo : à boire et à manger

05 juil. 2005
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Difficile pour Nintendo de conserver l'enthousiasme des joueurs après le dernier E3. Sony et Microsoft ont joué les gros bras avec les caractéristiques de leurs consoles next-gen, tandis que Nintendo ne s'est pas mouillé, se contenant de divulguer quelques vagues informations. Mais avant que ces objets ne détrônent nos consoles de salon actuelles, il nous reste un peu moins de six mois pour profiter pleinement de la génération actuelle. Pleins feux sur les futurs hits Gamecube et les incontournables de la NDS.

Quand je regarde Shadust jouer, ça me fait vibrer

L'après Gamecube est (déjà) proche

L'E3 2005 n'aura pas été celui de Nintendo. Malgré les acclamations autour de The Legend of Zelda: Twilight Princess, prochain opus tant attendu des aventures du jeune Link sur Gamecube, rien de réellement transcendant aura marqué cet événement pour la firme. Tout le monde s'attendait à découvrir une nouvelle Gameboy révolutionnaire, on nous dévoile la Gameboy Micro, avec un arrière-goût de déjà vu : pas de nouveauté technologique, tout juste un restylage vers la miniaturisation.

Idem pour la fameuse Revolution, qui pourtant a défrayé la chronique quelques jours avant le salon avec ses vraies-fausses révélations en images... pour finalement ne découvrir que le style du boîtier et très peu d'infos sur les caractéristiques. De même pour les jeux, au final, aucune icône représentative de la next-gen de Nintendo. Pour les membres de la presse francophone ayant délibérément choisi de prendre des vacances au lieu de se rendre à l'E3, Nintendo a eu la bonté de les accueillir quelques jours dans un espace dédié à la présentation du catalogue Gamecube et NDS des prochains mois à venir. Coup de zoom sur ceux qui ont retenu notre attention...

La star du salon, c'est lui. Un visage d'ado, de grands yeux bleu, une bouche de jeune fille...

Twilight Princess, la reine de l'événement

L'événement incontournable de cette présentation Nintendo aura été sans conteste The Legend of Zelda: Twilight Princess. Juste avant de s'emparer du pad, l'idée de chevaucher à nouveau Epona procure des frissons incontrôlables, l'idée de replonger dans une vaste quête et de parcourir de singuliers donjons fait presque trembler les doigts… Alors on saisit le pad. Et surprise, rien. Soit l'attente et le désir auront été trop forts, soit la démo peu convaincante. L'impression est étrange : on joue à un Ocarina Of Time avec des effets de Wind Waker. Un drôle de retour en arrière, d'autant que graphiquement, c'est beau sans être transcendant.

Link a mûrit et le voilà jeune homme, prêt à affronter tous les dangers. Les quelques énigmes du donjon jouable sont classiques, proche de celles de la série : trouver des clés, dissimulées dans des salles, avancer et atteindre le boss. Un autre niveau jouable présente des caractéristiques intéressantes : dans la pleine d'Hyrule, Link est en proie avec des ennemis chevauchant de gros quadrupèdes poilus. Sur le dos d'Epona, il lui faut venir à bout de cette armée. Ca prend un certain temps, on négocie la vitesse du galop comme dans Ocarina Of Time et on élimine les ennemis un à un.

Ces quelques dizaines de minutes de jeu nous auront laissé une impression étrange, comme un air de déjà vu, en dépit de toute l'attente créée autour de Twilight Princess. Mais restons modérés et attendons une version plus longuement jouable.

Ne cherchez pas à comprendre, tirez!

La deuxième bonne surprise GC : killer7

Dans la multitude de stands, Shadust a fini par trouver son bonheur avec Killer 7. Ca fait maintenant 8 mois qu'on vous parle du titre qui restait assez mystérieux tant au niveau du scénario que du gameplay. Une fois le jeu en main, l'ambiance se confirme comme très étonnante, dans un univers très BD au style graphique proche de XIII. On comprend immédiatement que Killer 7 ne sera pas un jeu comme les autres : les déplacements se font suivant un trajet prédéterminé, en suivant des « rails » qui vous permettront d'aller d'un endroit à un autre, sans aucune liberté de mouvement. Ce parti pris est donc complètement à l'opposé de la tendance actuelle consistant à proposer des univers toujours plus grands, toujours plus explorables. L'ambiance est à mi-chemin entre l'univers de Tarentino et celui de Coppola avec une forte inspiration manga. Le résultat ? Vous incarnez simultanément plusieurs personnages, sortes de tueurs de monstres invisibles uniquement repérables à leur rire démoniaque. Pour abattre vos ennemis vous disposerez donc d'armes qui semblent assez classiques (pistolet et fusil à pompe...) et vous devrez faire vos preuves lors de scènes de tir transformant subitement le jeu en un genre de Time Crisis. Et vous finirez vos victimes en vous abreuvant de leur sang... Quand on vous dit qu'on est déjà fans.

Que c'est laid!

Medal of Deshonor

Si la série des Medal of Honor est le succès que l'on connaît, c'est sans doute parce que ses concepteurs ont su au départ créer un jeu qui avait tout pour plaire, à la fois aux vrais gamers tout de cuir vêtus comme aux casual players plutôt adeptes des chemises en coton et des pantalons en velours. Gageons que ce énième opus, fièrement intitulé Les Faucons de Guerre, ne devrait même pas intéresser le petit Jean-Kevin, 13 ans, adepte du survet' Lacoste... Non seulement parce que graphiquement on a l'impression de se retrouver en face du jeu le plus moche sur N64, mais en plus parce le gameplay est affreux, la balistique immonde et le fun sans doute quelque part en retraite monastique. On en reparlera sans doute dès que la version définitive nous tombera dans les mains. Qui sait, un miracle peut encore arriver.

DDRM

Mario par-ci, Mario par-là...

Si vous avez moins de quinze ans, que vous êtes du genre à danser dans votre salon devant Star Academy, et que vous appréciez tout particulièrement la musique techno ultra répétitive, Dance Dance Revolution with Mario est fait pour vous. Les autres s'en amuserons à peine quelques secondes, le temps de couper le son, tant les mélodies de ce jeu sont insupportables. Le reste, c'est un classique jeu de danse avec un tapis fléché ; il faut suivre les instructions à l'écran, les mouvements étant interprétés par des personnages de l'univers de Mario, par ailleurs sympathiques. On regrette amèrement que les musiques si entraînantes de certains jeux griffés Nintendo soient douloureusement absentes du répertoire.

Deux possibilités au choix : soit les mini-jeux présentés dans cette version de Mario Party 7 sont parmi les moins réussis, soit le jeu en lui-même souffre d'un manque total de renouveau. Il semblerait que la série s'essouffle, ce qui semble compréhensible, étant donné qu'il s'agit de la quatrième version du concept pour la Gamecube. On notera cependant le souci d'organisation qui laisse apparaître des menus plus clairs et plus rapides d'accès que dans les précédents opus. Le jeu peut débuter très rapidement, ce qui est déjà une bonne chose.

Super Mario Strikers

Vous reprendrez bien un peu de Mario ?

Prenez un jeu de base-ball classique, et remplacez tous les sportifs par des personnages tous droit sorti du Royaume Champi. Mario et ses amis se réunissent pour une petite partie de base-ball. Sûrement très drôle aux USA, l'intérêt de Mario Baseball reste limité en France, où l'on aurait préféré voir un Mario Pétanque, par exemple.

Déjà plus sympathique que les trois précédents, voilà au moins une bonne idée avec Super Mario Strikers. Avec un look très cartoon et des effets exagérés, jouer à quatre à ce jeu de foot c'est assurément passer un bon moment. A la manière d'un Sega Soccer Slam, les coups spéciaux sont de la partie, sur un terrain au final assez peu réaliste. Mais qu'importe, puisque le but est de s'amuser, et Mario Strikers remplit son contrat.

Une deuxième vie pour Mario Kart 64

La star du salon après Zelda : Mario Kart DS

La série des Mario Kart a toujours été un incontournable des consoles Nintendo quelles qu'elles soient. On attendait donc avec impatience la version DS, qui se révèlerait presque n'être qu'un simple portage de la version disponible sur N64 si tout une floppée de circuits inédits n'étaient pas présents. Les graphismes sont donc corrects mais sans plus, le fun identique à l'original, et les bugs toujours les mêmes. Les évolutions auxquelles on aurait pu s'attendre avec l'arrivée de l'écran tactile n'auront donc pas lieu et l'intérêt majeur réside dans la possibilité de réunir jusqu'à 8 joueurs autour d'une partie en toute liberté de mouvement, grâce au système sans fil très efficace. Et avouons-le, Mario Kart c'est toujours l'occasion de se payer une bonne tranche de rigolade.

Le Mario : quand il y en a plus, il y en a encore...

On pourrait croire que la tendance actuelle chez Nintendo est au rétro. Et c'est vrai. Dans New Super Mario Bros, on évolue dans le célèbre univers plate-forme du royaume champignon, mais tout est différent. Mario devient géant, les blocs et les ennemis réservent de drôles de surprises... C'est l'inconnu dans le connu, et pour un joueur des premiers Mario sur Nes ou gameboy, c'est plutôt déroutant. D'autant que diriger Mario au stylet n'est pas une tâche facile, surtout en 2D. Etrange, et pourtant on a envie de le connaître un peu plus ce Mario tout beau tout neuf. A suivre.

Le RPG Mario & Luigi qui a fait le bonheur des possesseurs de GBA revient sur NDS. Deux fois plus d'écrans, donc deux fois plus de personnages : on passe à quatre persos à diriger, Mario & Luigi et leurs versions 'baby'. Pour être franc, cela va compliquer les choses. Et compliquer les combinaisons, synchronisations et autres enchaînements, est-ce réellement le chemin vers uns stratégie plus fine ? Peut-être pas, mais on peut se diriger vers un RPG plus étendu. Reste à prouver ici l'utilité de l'écran tactile.

Il est où le toutou?

Donne la papatte !

Au rang des titres qui laissent d'abord dubitatif puis finissent par scotcher bêtement les joueurs que nous sommes, on retrouve Nintendogs, le jeu de simulation canine sur DS. Le « but » est simple : nourrir, bichonner, distraire et, le cas échéant, corriger votre petit toutou adoré. Une sorte de Tamagochi évolué, rendu largement plus attractif grâce à l'écran tactile. Une caresse douce sur celui-ci n'aura pas le même effet sur votre animal de compagnie qu'une tape un peu plus violente. Les animaux réagissent immédiatement à vos actions, vous montrant leur ventre pour une petite gratouille ou sautant sur place désespérément pour attraper la friandise que vous tenez dans les mains. Les accessoires étaient déjà assez nombreux dans cette version preview, largement de quoi occuper vos longs voyages loin de votre animal préféré.

Et le reste des jeux NDS

Notons aussi pêle-mêle la sortie sur DS de titres destinés à un public beaucoup moins large : Phoenix Wright: Ace Attorney, un jeu d'avocat -le métier, pas le légume- qui vous proposera d'investiguer dans un premier temps puis de défendre votre client lors de son procès. Choix de la stratégie de défense à adopter, objections au bon moment et négociations entre parties, rien ne vous sera épargné. On voit très mal l'intérêt de l'écran tactile sur ce genre de titres par contre.

Un autre titre tout aussi original vous glissera dans la peau d'un médecin confronté à des opérations chirurgicales des plus délicates. Dans Trauma Center, vous devrez donc extraire des appendices, effectuer des pontages, en bref sauver des vies. Pour le coup la zone tactile est largement mise à contribution, puisque les interventions se font directement sur les organes représentés à l'écran.

Enfin, débarqueront sur DS toute une tripotée de jeux d'adresse à l'intérêt assez variable, mais clairement destinés à être distribués à un prix assez attractif. Remarquons Electroplankton, complètement déconnecté de la réalité. Plus une expérience qu'un jeu, il offre la possibilité de créer des harmonies sonores en faisant rebondir des tétards sur des feuilles musicales. Dit comme ça ce n'est pas très glamour, mais ce jeu dégage une aura qui plaira tout particulièrement aux amateurs d'ambiances zen.

Terminons par quelques surprises. Les bonnes, ce sont Viewtiful Joe DS et Another Code, dont nous reparlerons bientôt. Les mauvaises ce sont GoldenEye : Rogue Agent et Splinter Cell: Chaos Theory tous deux sur DS. Le premier pâtit d'une maniabilité désolante, tandis que le second souffre d'un léger traumatisme : pixellisé, 5 images secondes... mais à ce niveau, on ne parle plus de jeu.