Elder Scroll Online

07 mars 2014
Rédigé par DarkFramboisier
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Entre MMO et RPG sans trop se décider

Comme de nombreux internautes, il nous a été permit de jeter un oeil au tant convoité MMORPG de Zenimax Bethesda, The Elder Scrolls Online. Attendu comme une nouvelle oasis pour les bédouins numériques dans un genre qui s'étiole à mesure que les clones et copies sans goût se succèdent, avons-nous là le titre qui pourra rallier durablement les fremens de la communauté rolistique, le Kwisatz Haderach, l'univers persistant parfait, l'élu?

Les graphismes peuvent passer du somptueux...

Une belle vitrine...

Beaucoup de gamers se souviennent de la fabuleuse cinématique qui introduisait les balbutiements d'un nouvel univers persistant, The Elder Scrolls Online, avec un guerrier sous-terre percutant ses adversaires, une mage qui fait le café, et surtout un voleur aux aptitudes surhumaines humiliant les plus grandes scènes d'action du cinéma Hong-kongais. Dur d'attendre ce titre qui se voulait déjà important juste par sa tentative de faire passer une des franchises les plus illustres du RPG solo en mode multijoueur. Combien d'entre nous ont pu imaginer pouvoir partager ses aventures en Skyrim ou Morrowind avec ses amis. C'est sur une création d'avatar classique mais assez complète que commençait cette beta presse, avec 3 factions regroupant chacune les races connues de l'univers: Elfe, Khajiit, Orc, Breton, Nord, Garde Rouge... Ils sont tous là, avec un jeu de 4 classes disponibles pour chaque race: sorcier, nightblade, templier et chevalier dragon. Un ensemble d'élément qui restait dans les droites lignes de ce qui se fait dans le domaine, non sans une certaine finition, et en gardant l'aspect réaliste des avatars d'elder scroll, évitant des guerrière à couette rose sauce manga.

...au franchement médiocre

... mais pas grand chose dans la boutique

Votre humble serviteur ne pu résister à la tentation que tout fan de elder scroll se devait de satisfaire: faire un khajiit et enfin pouvoir apercevoir Elsewheir, le lieu d'origine de ces nomades mystérieux, toujours mentionnées mais jamais visible dans les opus solo de la série. Et là, malgré la bêta, ce fut une amer déception. Un jungle pseudo-tropicale assez vide, quelques tourelles en pierre comme dans tout MMO générique, une architecture birmane pour les quelques bâtiments ornant un grand désert de verdure de ce qui aurait pu être appelé Anywheir plutôt que ElseWheir. Dépaysement zéro. Après quelques heures à déambuler dans des lieux vides remplis de quêtes somme toutes très classiques (tuer un mage dans un temple, retrouver des pnj particuliers dans une zone définie...), la sobriété, pour ne pas dire l'austérité de la direction artistique nous a poussé à créer de nouveaux personnages pour voir si les autres lieux de départ étaient si peu inspirés. Ainsi, les elfes noirs, argoniens et nords commencent dans un lieu enneigé très proche de skyrim, mais en moins vivant, et seule la faction des orcs et des bretons, sorte de désert exotique, semblait pour le coup plutôt vivante et assez convaincante. Nous ne pouvons qu'espérer que toutes les zones seront au même niveau de finition et d'activité à la sortie du jeu. Le tout est pourtant au premier abord loin d'être moche: le moteur semble à la fois solide et optimisé, mais c'est bel et bien direction artistique, se voulant sans doute trop réaliste, qui crée un sentiment d'austérité et de banalité.

Les combats sont moyennement dynamiques, mais pas l'animation des personnages

Le monde des balais mal placés

Dans la même veine, l'animation suit ce qui a été la tradition de tout Elder Scroll: peu fournie, maladroite, votre héros évolue avec l'agilité et l'aisance qu'une imposante poutre dans le fondement pourrait engendrer. Cette animation moyenne, couplée à un sentiment d'impact proche du néant lors des combats, renoue avec ce qu'était le MMO à l'origine, à savoir une série de chiffres et de calculs vaguement illustrés par quelques gugusses s'agitant comme ils le peuvent à l'écran. Mais malgré cet aperçu négatif, nous pourrons constater la volonté de complexifier les combats issus des Elder Scroll par un système d'AOE (zone d'effet) introduisant une forme d'esquive tellement à la mode après Guild Wars 2. La où le jeu réussi, c'est dans l'adaptation du combat limité à la souris des Elder scroll , et en gardant le même feeling, tout en ajoutant des compétences de classe et d'arme qui semblent esquisser des possibilités d'évolutions libres et variées. Pour le coup, si le combat est un peu mollasson, l'arbre de talent et l'évolution du personnage semblent avoir fait l'objet d'un soin particulier pour laisser un maximum de liberté, sans que cela soit au détriment de l'équilibre des professions, nous l'espérons.

Les fenètres de dialogues respectent la tradition de la série

Solo, multi... On ne sait pas

Vous pourrez objecter que certains des défauts soulignés sont parfois ceux faits par les détracteurs de la série depuis son origine, certes. Mais pour ceux qui aiment, l’intérêt de ce titre réside surtout dans le fait que le jeu puisse être collectif. TESO propose quelques chose d'un peu différent des autres MMO dans le fait qu'il ne donne pas l'impression de jouer à un MMO. Les autres joueurs n'ont pas de barres indicatives au dessus de leur tête, et parfois la distinction entre ceux-ci et les PNJs n'est pas toujours évidente. Cela provoque bien sûr un sentiment d'immersion plus profond, mais lors de la bêta, l'ensemble des commandes pour la discussion, le groupage et l'aspect social n'était pas des plus instinctif. Utilisant des touches (E ou Alt) plutôt que des clics dans des menus, nous retrouvons au final les mêmes problèmes d'interface PC après la volonté de 'consoliser' cette dernière pour les besoins des portages consoles. Défaut compréhensible donc, corrigeable par des patchs après la sortie nous l'espérons, mais défaut quand même, limitant l'aisance dans les interactions sociales et environnementales, ce qui est ballot pour un jeu dont c'est l'essentielle vocation.

Le craft peut prendre une partie importante de votre session de jeu

Au boulot!

Un mot sur l'artisanat, qui semble être très complet, trop complexe? Voire des fois casse-pied? Toujours dans un soucis de réalisme, la recherche de composant nécessaire à l'artisanat est peut-être un peu plus longue et plus complexe que dans d'autres titres. Il semble donc que l'on fabrique moins d'objets dans TESO, mais qu'ils soient plus utiles et pas juste des prétextes pour monter une compétences particulières. Nous retrouverons les classiques forges, cuisine, alchimie, couture, tannerie et enchantement, que nous avons dans la plupart des RPGs, qu'ils soient MMO ou non. Seul petit bémol encore: s'il est difficile de causer avec les joueurs, ils n'est aucunement difficile de piquer les matériaux de craft devant leur nez, renouant avec la vieille tradition des ressources non partagées. C'est plus réaliste, certes, mais c'est aussi plus frustrant pour celui qui arrive après les autres.

L'orc de TESO est un supporter de GW2... étrange

Dernières impressions

La sortie étant assez proche, nous pouvons penser que certains des défauts entraperçus dans cette bêta ne seront pas corrigés d'ici la sortie. Les serveurs eux-mêmes ont semblé bien tenir la charge des joueurs, et mis à part quelques déconnexions et indisponibilités propres aux bêtas, il ne nous a pas semblé que la logistique veillant au bon fonctionnement de TESO soit en défaut.
Son modèle économique par contre pourra souligner l'adhésion ou pas. Bien sûr, le jeu est encore susceptible de modification, mais TESO devrait sortir sur un mode de boîte à 60 euros auquel s'ajoutera un abonnement mensuel de 13 euros. Cette bêta laisse l'amer goût d'une disproportion entre la prestation et le produit. Certes, un MMO est une entité vivante, et peut-être que d'ici Mars, le jeu aura bien évolué, peut-être que les premières mises à jour seront prodigieuses, mais en l'état, The Elder Scrolls Online ne nous a pas semblé proposer beaucoup plus que certains autre grands titres désormais en Free-to-play, ou en box payante uniquement. A voir ce qu'il en sera à la sortie.