The Witcher : le Clark Kent du RPG ?

02 juil. 2007
Rédigé par ,
Prévu sur
  • Éditeur Atari
  • Développeur CDProjekt
  • Sortie initiale 26 octobre 2007
  • Genre Rôle

Avec son univers adapté du livre d’un célèbre écrivain Polonais, The Witcher ambitionne de se trouver une place dans un genre déjà largement encombré. S’il s’avère difficile de rivaliser avec des titres tels que The Elder Scrolls IV : Oblivion ou même le récent Gothic 3, l’équipe de développement ne se laisse pas impressionner et met en avant la dimension humaine de son projet pour se démarquer de cette glorieuse concurrence. Compte-rendu de la récente présentation parisienne du jeu.

"I'm a poor and lonesome witcher" comme dirait Lucky.

Un destin entre vos mains

The Witcher vous plonge dans un monde heroic-fantasy où humains et nains elfes ont bien du mal à cohabiter. A tel point que ces-derniers sont mis à l’écart dans des ghettos. Au milieu de ces tensions, il y a vous, Geralt, un mutant tueur de monstres qui connaît la magie et le maniement de l’épée. Avec un tel pedigree, inutile de préciser que vous êtes considéré par la plupart comme un véritable paria, même si votre but est de protéger les innocents. Contrairement à ce postulat de départ, The Witcher n’est absolument pas un jeu manichéen : vos choix seront réellement conditionnés par votre personnalité et non pas par des mécanismes de jeu rigides. D’ailleurs, les choix que vous faîtes ne sont pas récompensés immédiatement. Les améliorations n’arrivent que plus tard, afin de coller à ce qui peut se passer dans la réalité. Rien n’est automatique et instantané. Les développeurs justifient ce système par l’envie de dissuader les joueurs de tester - et d’épuiser - trop vite toutes les possibilités scénaristiques du jeu. Ils espèrent ainsi écarter son appauvrissement prématuré.

Les tavernes sont toujours l'endroit idéal pour faire des rencontres.

Un jeu socialement développé

Même si le jeu est fondé sur un univers largement féérique, les préoccupations de ses habitants sont quant à elles axées sur la réalité. Idem pour le joueur. Les sujets traités par The Witcher sont donc plutôt contemporains : le racisme, la pollution et le terrorisme. Pour illustrer ce positionnement, l’équipe de développement qualifie son jeu de Dark Heroic Fantasy. Ici, pas de Seigneur de l’Obscurité qui veut à tout prix détruire le monde parce que ça lui chante. Dans The Witcher, vous êtes dans le social, l’humain, bref des considérations somme toute très actuelles. Sur ce principe, les tavernes du jeu ne sont plus seulement les habituels lieux de rencontres, de recrutements ou d’échanges. Vous pouvez également y jouer, pour de l’argent, au poker avec des dés. Mais surtout, vous avez accès à des concours de beuverie. Le système de ce mini jeu est calqué sur celui du Black Jack. Il faut boire plus que votre adversaire en évitant de rouler sous la table. A la fin de ces réjouissances festives, en plus d’un environnement visuel adapté à votre taux d’alcool (écran brouillé), de nouvelles actions vous sont alors accessibles. Vous pouvez vous lier plus facilement avec certains individus par exemple...

Vous avez les moyens de les faire parler...

Des combats tactiques

Sur le plan social, The Witcher vous fait rencontrer tout un tas de personnages. Pendant la journée, vous aurez le loisir de discuter avec les gens, mais aussi d'avoir des altercations pour forcer un peu la discussion. Soudoyer ou brutaliser quelqu'un pourrait être un bon moyen d’obtenir des informations. Après les simples altercations, interviennent évidemment les combats. Le système pour les gérer a été longuement pensé. Les développeurs sont partis du constat suivant : les jeux de rôle actuels ne proposent pas encore un système efficace. Celui imaginé pour The Witcher est décliné selon trois choix tactiques : combat rapide, combat fort et combat en groupe. En pratique, vous lancez d’abord une attaque. Vous attendez ensuite que votre personnage ait terminé son coup pour en lancer un autre par un clic de souris. Sinon, les ennemis esquivent beaucoup plus facilement les coups pas suffisamment préparés. Ce système vous force à être attentif au cours des combats. Vous y êtes enfin bien plus acteur que spectateur. Terminer le temps où vous lanciez distraitement une bagarre, et alliez prendre un café en attendant d’avoir accès à sa conclusion.

La nuit, vous croiserez des êtres étranges souvent antipathiques.

Un RPG à longue portée

The Witcher gère bien entendu le cycle jour-nuit. Les combats n'ont lieu qu’après le crépuscule. La journée vous sert essentiellement à l'investigation. Enquêter le jour, tuer des monstres la nuit, la vie d'un héros n'est décidément pas de tout repos ! Heureusement, vous pouvez méditer à chaque feu de camp (en choisissant la durée de votre repos) sur tout ce que vous aurez accompli jusqu’à présent. C’est également le moment de l’aventure où vous pouvez gérer vos précieux points d’expériences. Dans The Witcher, les caractéristiques du héros ne sont pas en données chiffrées. Vous placez des pastilles de couleur sur les 250 compétences disponibles. Ce principe original rend cette partie laborieuse plus conviviale, afin de bien faire la scission avec les jeux de rôle sur papier. Car The Witcher souhaite aussi bien s’adresser aux joueurs habitués qu’aux néophytes. Côté interface, le jeu utilise un système très simple de click & go pour les déplacements. Vous avez le choix de jouer soit avec la classique combinaison clavier-souris, ou juste avec la souris. La prise en main apparaît donc très aisée.

Ce héros pourrait bien ne pas être au bout de ses peines...

Le début d'une grande épopée ?

Les graphismes de The Witcher ont déjà de quoi enthousiasmer. Ils ne sont d’ailleurs pas sans rappeler ceux - magnifiques - de The Elder Scrolls IV : Oblivion. La météo est calculée aléatoirement et offre de très jolis effets visuels. Les développeurs souhaitaient mettre en place un environnement crédible afin de permettre au joueur de s’y immerger facilement. Sur ce point, le challenge semble en passe d’être plutôt bien rempli. Ajouté à son scénario original qui permettra une progression non-linéaire (3 fins différentes sont au programme), et à d’autres caractéristiques intéressantes telles que des combats en temps réel (plus de 600 animations différentes) basés sur de véritables techniques médiévales, The Witcher a entre ses mains suffisamment d’atouts pour susciter l’intérêt. Reste à savoir si ces éléments prometteurs seront assemblés avec suffisamment de talent pour en faire un titre majeur du genre. Il semblerait que l’équipe de développement projette déjà d’offrir une extension et même une suite à The Witcher. Voila qui en dit long sur leur confiance quant au potentiel de ce titre. Tant mieux !