SpellForce II : le 2 en 1 selon Phenomic

09 mars 2006
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Les heureux possesseurs de SpellForce auront été bien occupés ces trois dernières années. Avec pas moins de trois add-on, Phenomic a régulièrement tenté de remettre au goût du jour son mélange de RTS et de RPG depuis 2003. Mais la concurrence s’est faite de plus en plus rude. Il fallait plus qu’un simple lifting pour garder SpellForce dans la course. C’est donc avec une vraie suite que le titre va essayer de se mesurer aux plus grands, en conservant ce qui a fait le succès du premier épisode : un savoureux mélange de RPG et de RTS sur fond d’Héroïc Fantasy.

Les sorts, au coeur du système de jeu

Qui peut le moins...

SpellForce II reprend l'action là ou vous l'aviez laissée à la fin du premier opus. Les Guerres Runiques ont pris fin et votre monde semble être libéré du mal. Mais c'est sans compter les esprits malins qui n'ont qu'une envie : ramener le chaos et declencher les Guerres des Ombres. Comme tout bon challenger, Le titre revient aux règles de base, dont la plus importante : faire mieux, c'est parfois en faire moins. Fini donc le tutorial de plusieurs heures qui avait tant déplu à la sortie du premier épisode. Place à un didacticiel très rapide et surtout très ludique, où vous devrez agir plutôt que sagement écouter. Toujours dans la même optique - et nous y reviendrons -, le système de jeu a été simplifié, tout en étant plus riche que dans le premier opus. Les sorts ne seront ainsi plus limités dans l’absolu. Il vous faudra simplement faire votre choix pendant les combats, un peu comme c'est le cas dans Guild Wars. Le titre se dote également de deux vues dont l’efficacité a été renforcée : une vue isométrique idéale pour les phases dédiées à la stratégie, et un mode "troisième personne" qui n’a pas à rougir face à la concurrence. En effet, il offre un niveau de détails tout à fait respectable, les jeux de caméra (rotations, zooms, etc.) sont fluides et les textures ne souffrent pas lors des changements. Enfin, l’interface a été globalement simplifiée et la prise d’action rendue beaucoup plus intuitive, permettant même aux moins expérimentés de gérer les combats à un rythme assez soutenu.

A du pur RPG succederont des moments "plus RTS"

Toujours du RPS

Le titre ne change donc pas fondamentalement de ligne directrice. La partie tactique est toujours largement présente, mais l’aspect RPG a été approfondi. Sans doute conscients de l’intérêt grandissant des joueurs pour ce type de jeux, les développeurs ont pu mettre à profit les progrès techniques, et notamment graphiques, pour intégrer une action en vue rapprochée tout à fait crédible. Autre signe du "caractère RPG" du titre, le souci des détails, notamment en ce qui concerne votre personnage. Après avoir choisi sa race et son allure, vous démarrez immédiatement le jeu. Vous n'aurez pas à choisir de suite un métier ou une classe. Vous serez invité à vous spécialiser naturellement au cours du jeu, en fonction des compétences que vous souhaiterez affirmer, des sorts que vous préférerez maîtriser et de votre envie ou non de diriger une équipe de héros. Car c’est aussi une des particularités de SpellForce II, son positionnement à mi-chemin entre deux genres vous permettra d’exécuter la plupart des missions avec une équipe de combattants - des "héros" donc - dont certains pourront même changer en fonction des épisodes du jeu solo. Vous pourrez donc vous attacher l’aide d’Elfes ou d’Orcs, même si vous avez combattu leurs semblables quelques instants auparavant.

Un Titan Orc contre un Titan Humain

C'est un peu juste ?

La gestion des races est en fait le seul point qui nous a vraiment semblé bancal sur cette version, en tout cas concernant la campagne solo. Chacune paraît manquer un peu de caractère et il semble difficile d’en choisir une pour de vraies raisons tactiques. Seules les parties plus "stratégiques" paraissent révéler les atouts de chaque espèce sur des points bien précis, même si globalement les unités se valent. Dans ces moments, ce sera donc surtout la réactivité des joueurs et leur habilité à bien gérer les ressources à leur disposition qui seront décisives. Au moins, cela a l’avantage d’équilibrer les parties. Toujours dans l’optique de proposer un jeu plus équilibré, les développeurs ont choisi de ne pas lier l’expérience aux simples morts de vos ennemis. Si vous pensiez que camper près d’un endroit où réaparaissent vos ennemis allait faire grimper votre niveau, vous vous trompiez. Le mode RTS gagne lui aussi en simplicité, et même les plus réfractaires à ce genre de jeux ne devraient pas se lasser trop rapidement. La construction des bâtiments est basique, la gestion des ressources et des unités également, et la vie de votre cité tourne toujours autour de votre personnage principal, conférant un aspect assez particulier à ces moments stratégiques. Ainsi, vous aurez toujours à disposition les éléments de base concernant votre ville même si vous êtes parti en balade avec vos compagnons.

Au final le niveau de complexité sera donc très adaptable

...peut le plus

Si le titre devrait séduire les débutants, il embarque aussi de quoi plaire aux joueurs plus endurcis dans l’univers des RPG. Notamment parce qu’il permettra une approche plus stratégique des combats : partez vous battre avec quelques experts du corps à corps, un ou deux spécialistes des sorts et une guérisseuse, et vous devrez naturellement soigner votre tactique pour être le plus efficace possible. En fait, ce que nous faisions tous lors de parties multi dans les RPG classiques (une équipe variée avec une stratégie bien définie) devient ici la norme. De la même façon, vous pourrez vous contenter de laisser automatique la gestion des compétences, ou vous plonger dans le complexe "skill tree" qui vous permettra de décortiquer les attributs de chacun de vos personnages afin d’affiner leur technique et leur efficacité. Au final ce sont 80 heures de jeu qui devraient vous attendre en tout, la moitié si vous décidez de ne vous consacrer qu’aux quêtes principales. Si en plus SpellForce II bénéficie du même suivi que le premier opus, le titre devrait constituer une alternative sèrieuse aux blockbusters du moments, dont la fraîcheur n'est plus exactement celle des débuts. Nous jugerons de tout ça à la sortie.