Dark Reign 2

29 juil. 2000
Testé par
3

Malgré des aspects technologiques très réussis et un gameplay sympathique, Dark Reign 2 pêche par un manque d'originalité flagrant et, malgré son extrême qualité graphique, restera au rang de jeu de stratégie banal. Et c'est bien dommage.

Dark Reign, jeu de stratégie temps réel plutôt sympa bien que pas très innovant, sorti fin septembre 97 aux Etats-Unis, avait en son temps été un jeu très attendu, presqu'autant que son némésis inévitable : Starcraft. Néanmoins le succès ne fut pas au rendez-vous, car les joueurs, parfois fanatiques à outrance de Blizzard, dédaignèrent Dark Reign. En creusant un peu toutefois, on trouvait dans ce premier épisode méprisé un jeu de stratégie tout à fait sympathique, en solo comme en multijoueur, doté de jolies innovations (le système de waypoints, l'IA très réussie) qui constituait une alternative agréable à ce qui se faisait à l'époque, c'est-à-dire rien excepté l'antédiluvien (1995) Warcraft 2 qui méritait bien un peu de repos. Presque 3 ans plus tard, les développeurs de Pandemic retentent le coup avec ce Dark Reign 2, le gratifiant d'un moteur graphique impressionnant (celui de Battlezone 2), comparable à celui de Ground Control sur de nombreux points, et… Et rien d'autre, ou presque.
 

Un scénario flamboyant...

Nettement moins compliquée et intéressante que la trame de Dark Reign 1, ce deuxième épisode brille par une histoire dont la complexité ferait donner des Oscars à n'importe quel film de Van Damme. Nous sommes au 26e siècle, et la Terre est au bord de l'invivable. Les gens de l'ACJ (pour Autorité de Détention Jovienne, JDA en VO) vivent dans d'énormes dômes, alors que les Sprawlers vivent dans les… Sprawls, c'est-à-dire tout ce qui n'est pas un dôme, exposés aux radiations solaires que l'ozone n'arrête plus et à l'air ultra pollué. Et bien sûr, devinez quoi, l'ACJ sont les méchants et les Sprawlers en quelque sorte les gentils opprimés, chacun devant en l'occurrence éliminer l'autre pour pouvoir confortablement fuir la Terre vers la Lune. Et il ne peut en rester qu'un. Passionnant.
 

C'est joli...

Pas à dire, pas à discuter, les graphismes de Dark Reign 2 sont plutôt superbes pour un jeu de stratégie et permettent quelques prises de vues intéressantes, sous plein d'angles différents, tous utiles selon la situation. C'est là qu'on s'aperçoit des premières limites du soft : les angles de vues sont prédéfinis. Vous pouvez pointer vers les quatre points cardinaux uniquement, mais au moins vous pouvez régler l'angle par rapport au sol comme vous l'entendez, du quasi parallèle au plancher des vaches à la vue verticale standard du jeu 2D moyen, un mode de vue qui n'a d'ailleurs aucun autre mérite que celle d'exister, car vraiment rarement utilisé ou utilisable.
 

Presque pas de mais.

Oui, les graphismes de Dark Reign 2 sont quasi parfaits comme essaient d'en témoigner les screenshots. Reflets des unités sur l'eau, jolies explosions, animations sympas, bref c'est pas mal du tout. Il est juste dommage que les animations des projectiles ne soient pas totalement fluides, mais ça ne détériore pas la qualité graphique, c'est donc peu important au final ; il fallait néanmoins le préciser. Les models de vos unités sont eux aussi très réussis, surtout de près, et très bien texturés. En revanche, l'animation des unités d'infanterie est relativement limitée, mais ceci est sûrement dû à des raisons techniques, car il est vraisemblable que des animations fluides auraient fait ramer le jeu compte tenu du nombre d'unités d'infanterie que vous êtes susceptible de posséder à un moment donné.
 

ACJ vs. Sprawlers.

Pour en revenir aux deux races que vous pourrez contrôler, elles sont relativement proches l'une de l'autre, tant par leurs capacités que par ce qu'elles peuvent construire, en bâtiments comme en unités. L'ACJ est une race ultra-technologique dont toutes les unités (infanterie et véhicules) sont équipées de boucliers déflecteurs, qui donnent en quelque sorte deux vies à vos armées (un peu comme les Protoss de Starcraft) et ont divers gadgets technologiques amusants, qui s'avèrent au final peu utiles. Quant aux Sprawlers, ils n'ont pas ces deux vies mais compensent par des résistances accrues et une puissance de feu plus importante ; leur technologie n'est néanmoins pas en reste et bénéficie du même genre de gadgets marrants que l'ACJ, qui restent cependant totalement classiques, voire largement inutiles.
 

Monotone.

Vos missions se résumeront généralement à l'annihilation -– d'une manière ou d'une autre -– des forces d'en face, avec parfois quelques fioritures comme détruire un objectif spécifique, récupérer un ou des prisonniers… Rien de bien folichon, rien de bien original et c'est assez déplorable compte tenu de la qualité technique du jeu. Quant à vos unités, elles n'apportent strictement rien au genre. Quelques types d'infanterie, parfois aéroportée, parfois camouflée, 2-3 types de tanks (légers ou lourds), des artilleries, deux types d'avions (chasseur et bombardier), des unités réparatrices… Quant aux bâtiments, rien d'original non plus : tourelles, usines, casernes, base principale, raffineries, centres producteurs d'énergie, l'usine à unités ultimes, ou encore l'usine à vacheries qu'on balance sur la vermine d'en face.
 

Marrant.

Bref, le jeu est marrant, mais toujours banal. Surtout que l'IA n'est pas très futée, et qu'il vous suffira d'ultra-défendre une ou deux zones de votre base pour que rien ne passe. Même si le jeu est un peu ennuyeux, le gameplay lui-même est relativement sympathique et bien bourrin, ça pète de partout-c'est cool-on se marre bien. Tout va plutôt vite et il ne faudra pas être à la traine si vous voulez avoir une chance, malgré la stupidité de l'IA que nous avons déjà évoquée. Une stratégie de construction standard sera d'ériger centre de commande, centrales électriques, usines, casernes, puis d'upgrader le centre de commandes, construire des tourelles à des endroits tactiques, et voilà, fin de l'histoire. Pas très subtil en solo, mais assurément les stratégies ne seront pas les mêmes en multijoueur, et c'est tant mieux.
 

Addons.

Ca fait quatre pages qu'on vous rabâche avec le fait que le jeu est totalement banal mais nous ne pouvons faire fi d'un de ses uniques atouts : l'ajout de mods et maps de manière très simple, ce qui pourrait largement contribuer à améliorer la durée de vie. Un éditeur de maps très complet est également dispo, vous permettant de créer maps multi ou solo. Il y a aussi un lecteur de MP3 intégré, un Tetris pour patienter entre deux parties sur WON, ou encore un visionneur intégré qui permet d'obtenir plus d'infos sur les unités que vous pouvez construire, sans parler de l'add-on "caméra" qui rajoute des touches de changement d'angle. Bref, les add-ons constituent une option bien agréable, sans laquelle le jeu serait probablement très vite tombé dans l'oubli malgré ses indéniables avantages par rapport à ses concurrents. Là au moins, on peut encore dire "wait & see". Vous pourrez trouver tout ce qu'il faut sur le site officiel.
Les Plus
  • Les graphismes
  • L'ambiance sonore
  • Les add-ons, mods & bonus en tout genre
Les Moins
  • Le grave manque d'originalité
  • Missions monotones
  • L'intelligence artificielle
  • La VF minable sur tous les plans
Résultat

Dark Reign 2 s'avère être un jeu sympathique, péchant par un manque d'originalité flagrant dans un genre qui sent déjà gravement la naphtaline, et où des jeux comme Shogun ou Ground Control sont des bouffées d'air frais totalement bienvenues qui changent du traditionnel et du déjà-vu. Ce 2e épisode se distingue néanmoins par des graphismes impressionnants et une ambiance sonore d'ailleurs fort agréable (musique de bonne qualité). Par contre, la VF que nous avons testée était un vrai ratage, avec des voix et textes débiles, des fautes de syntaxe immondes, voire même des oublis de traduction. Il s'agissait néanmoins d'une pré-finale, donc la version finale n'a peut-être pas ces défauts. Les voix n'ont en revanche certainement pas été changées, et c'est immonde ; mais bon, on a tellement l'habitude avec les VF… Au final donc un jeu sympa, au gameplay faible, basique et très banal. A n'acheter que si vous êtes collectionneur.