Crime Life Gang Wars : on représente !

16 déc. 2005
Testé par sur
Disponible sur
1
  • Éditeur Konami
  • Sortie initiale 10 novembre 2005
  • Genre Action

Crime Life reste donc dans le ghetto des jeux sortis sans raison autre que le bénéfice. Ce n’est pas avec sa maniabilité bourrine, voire douteuse, qu’il nous convaincra d’entrer dans les bagarres sans grands intérêt qu’il propose. Les personnages rencontrés n’apportent rien à ce scénario pauvre, simple prétexte à des scènes que l’on revit sans cesse. Réservé aux 18 ans et plus sur la jaquette, il est néanmoins destiné aux plus jeunes d'entre nous amateurs de Rap. Espérons juste que ça ne leur donne pas de mauvaises idées. Sa durée de vie, allongée par les incessants allers et retours, ne convainc pas plus et l’action pure ne dépasse pas la dizaine d’heures. Le manque d’intérêt du titre vous forcera plus à éteindre la console qu’a répéter les finish disponibles. En fait, Crime Life excelle dans un domaine : il va forcer nos chères têtes blondes à aller faire leurs devoirs.

On ne peut pas cacher le fait qu'il y ait une recrudescence de jeux violents situés dans les "quartiers". Ce n’est pas pour célébrer les évènements qu’a connu la France il y a peu que les éditeurs sortent de tels titres. C’est plus pour attirer un public pas si démuni que ça qui s’identifie aux chefs de gangs. Alors pour toi, public visé, Crime Life te permet d’être le caïd que tu vénères tant. Avec ce jeu tu vas pouvoir conquérir les trottoirs du voisin et même casser la tête de ceux qui ne baissent pas les yeux quand tu les croises. Tout ça en attendant que ta mère t’appelle pour manger, bien sûr.

Gal quand tu pointes ton poumba...

Boyz in da hood

Le jeu commence plutôt mal : une déclaration du chef de la police qui s'avoue dépassé, puis enchainement sur un bel écran noir informant que depuis quelques années les gangs ont causé la mort de pas mal de gens. Sans autres informations, le DjeunZ devant sa télé pourra trouver ça chouette. Mais intéressons nous plutôt au héros du jeu, Tre, jeune désoeuvré de la zone, qui traine et cherche à occuper ses journées. Son quartier est chaud, comme la braise, et il n'y fait pas très bon vivre. Mais comme tout galérien, il comprend vite qu’il vaut mieux s’attacher à un gang sous peine de passer le plus clair de son temps en chaussettes. Comme notre ami n’a pas de chance jusqu’au bout, les gars de son quartier sont sur le déclin, se faisant même jeter des pierres par les retraités de la cité d’en face. Après avoir maudit sa mère pour ne pas être né ailleurs, il jura par ses grands dieux qu’il allait mener son clan à la victoire, pour apporter paix, tranquillité, hummer surbaissé et crack aux enfants de son quartier. C'est en conquérant les zones voisines et ennemies à coups de caillasses que Crime Life: Gang Wars nous permet de partager une certaine vision de la vie urbaine.

Les jeunes de nos jours, ils sont tristes

Visiter pour mieux régner

La première des choses à faire lorsque l’on veut contrôler une ville, c’est de la connaître. Cependant, même si Crime Life au départ donne un sentiment de liberté façon GTA et une diversité dans les quartiers visités, on sent vite se resserrer autour de soir le carcan des missions. Celles-ci ne subissent pas d’organisation pré-établie et laissent pressentir le n’importe quoi qui nous attend. La différence notoire avec GTA est qu’ici il n’est pas possible d’utiliser les véhicules, ni de les brûler d’ailleurs. De ce fait, la ville est rétrécie, fort heureusement, car toute l’action se déroulera à pied. Il existe un système de souterrain pour faciliter les déplacements et connecter les diverses zones. Au final, le sentiment de liberté se transforme vite en univers carcéral à grande échelle, un ghetto en quelque sorte. C’est donc ça un ghetto ?

Regardez bien cette scène, elle revient très fréquemment

Le pouvoir des mots, le choc des couteaux

Ce qui va différencier Crime Life du célèbre titre de Rockstar, ce sont les combats. Pas aussi riche que dans The Warriors, les bagarres sont néanmoins intéressantes grâce à un système de combo géré par une barre d’adrénaline. Avec de la pratique, vous pourrez lancer des attaques destructives et souvent très violentes. Trop même. Une fois sonnées, vos victimes sont à votre merci pour un finish brutal mais sans la moindre goutte d’hémoglobine. C’est qu’il ne faut pas salir nos vêtements supers chers non plus. Bien sûr, on casse des nuques, on ouvre des gorges, mais même si ces coups finaux sont assez nombreux, on en a vite fait le tour, et ils n’apportent pas un grand intérêt non plus. Alors quoi de mieux que se battre avec des armes de voyous ? Tout ce qui traîne devient potentiellement mortel entre vos mains. Les armes blanches sont aussi de rigueur telles que les couteaux ou les tonfas récupérés sur le corps des hommes des forces de l’ordre. Les bagarres générales à 20 sont légion, et il faut bien avouer que l’IA est à la hauteur. On est vite remis à sa place d’un coup dans la nuque. Par contre la dure appréciation des distances fait que l'on tape souvent dans le vide. Ces passages sont la pépite du jeu, mais ils sont ternis par une caméra qu’il faudra replacer à la verticale sous peine de ne rien comprendre à la mêlée.

Eux, c'est D12, ils ont fait la bande son et s'habillent bizarrement.

Et la technique, bien ?

Les graphismes, pas soignés pour un sou, donnent une impression d’incohérence pour ce titre qui se veut fidèle à la réalité. Les textures monotones et souvent moches semblent plus tirées d’un village d’ardèche que d’une grande ville américaine. Les personnages, quoique très bien animés, sont découpés à la serpe et la répétition des modèles cassent vraiment la crédibilité que l’on pourrait concéder au jeu. La bande son façon Rap US version radio ne sera que pour les fans du genre qui ne se lasseront jamais d’entendre ces rythmes derrière de grosse voix locales. Les bruitages sont complètement ratés et rendent risibles les coups spéciaux assénés aux ennemis. Voila qui donne la touche finale au loupé de cette guerre des gangs.
Les Plus
  • La bande son séduira les amateurs qui auront même droit à un inédit de D12
Les Moins
  • Violence gratuite
  • Le gameplay n'évolue pas d'un iota durant tout le jeu
  • Les graphismes n'ont rien d'excitant
  • On court et on court et on court tout le temps
  • Les missions sont inintéressantes et répétitives