Dragon Ball Z : Extreme Butoden

09 nov. 2015
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Super décevant ?

Dragon Ball Z : Extreme Butoden est globalement une déception. Proposant à la fois trop peu de contenu pour les fans de la série et un gameplay trop simple pour les adeptes des productions Arc System, le jeu a en plus la mauvaise idée de limiter son multijoueur à un mode local. C'est dommage, car le titre reste dynamique et assez grisant. Seuls les joueurs susceptibles d'y jouer à plusieurs (et donc d'investir avec d'autres personnes) pourront réellement se laisser tenter. Espérons qu'une suite arrangera tout cela.

Dragon Ball Z : Extreme Butoden était censé être le fruit d'une belle collaboration : celle entre Bandai et Arc System Works, à qui l'on doit des jeux comme Guilty Gear ou Blazblue. Les fans de Dragon Ball Z auraient dû être aux anges...

L'histoire

Si Dragon Ball Z : Extreme Butoden ne mise visiblement pas sur son scénario, il convient néanmoins de parler de sa structure narrative. Le jeu d'Arc System se limite au strict minimum, à savoir à des plans fixes inutilement bavards quand on sait que son mode Histoire résume de façon grossière la trame de Dragon Ball Z. Par exemple, vous passerez automatiquement du combat contre Cell à celui opposant Goku à Petit Bou. Oui, ça craint.

Pour faire illusion, le titre segmente son mode Histoire en vous proposant de suivre des péripéties alternatives, dédiées à des personnages spécifiques. Si vous commencez par l'équipe des héros, il vous est ensuite possible de choisir des personnages secondaires comme Krilin ou Vegeta. Tout cela reste bien évidemment anecdotique au regard du matériel qui était à disposition, et il aurait peut-être été appréciable qu'Extreme Butoden passe carrément outre l'aspect scénaristique.

L'autre pan majeur du solo est le mode Aventure. Dans ce dernier, Li Shenron a détraqué l'espace-temps, et un tas de personnages venus du passé et du futur se retrouvent à cohabiter. Cela vaut aussi pour les méchants, et Goku se doit donc de retrouver une énième fois les boules de cristal pour éviter le pire. Pas forcément original dans le fond, ce mode propose de remplir des défis pour glaner des personnages de soutien ainsi que des crédits afin d'acheter des capsules pour personnaliser votre combattant. Une quête assez vaine puisque leur usage n'est indispensable que pour les combats les plus corsés.

Le mode Aventure vous fait choisir vos missions à travers un parcours.

Le principe

Le vrai souci, c'est que Dragon Ball Z : Extreme Butoden peine également à convaincre en matière de gameplay. Le faible nombre de personnage - 25 jouables - n'est pas un problème en soi. Au contraire, certains auraient pu trouver cela rassurant, à condition que le gameplay et quelques subtilités soient au rendez-vous. À vrai dire, le jeu semble vouloir jouer sur tous les tableaux et finit par se tirer une boule d'énergie dans le pied. D'un côté et a contrario des autres jeux de la licence (tous assez accessibles et généreux), Dragon Ball Z : Extreme Butoden ne mise pas sur son contenu. De l'autre, il propose un gameplay plutôt simpliste, qui ne séduira pas les adeptes des jeux de combats et encore moins ceux qui veulent se remémorer les meilleures productions d'Arc System.

Tout se fait donc dans la plus grande simplicité, avec des combos très faciles à mémoriser. Et pour cause : chaque personnage propose plus ou moins les mêmes enchaînements de touches, et seul leur représentation à l'écran est susceptible de changer. Vous n'avez donc jamais la sensation de varier les styles de jeu d'un protagoniste à un autre. Les rares subtilités résident finalement dans les mécaniques annexes : la présence d'une jauge d'énergie pouvant être rechargée, la possibilité d'exécuter des mouvements spéciaux nécessitant du Ki ou encore la présence d'un système de "switch" et de soutien entre les différents membres de votre équipe. De quoi égayer un peu les joutes de ce Extreme Butoden, sans pour autant les rendre totalement grisantes en solo, si ce n'est dans un mode Championnat du Monde proposant un vrai challenge.

Il est possible de projeter votre adversaire dans les airs en effectuant certains combos.

Le multi

Comble du comble, Dragon Ball Z : Extreme Butoden ne propose qu'un mode multijoueur local. Pour être honnête, cela condamne presque le titre. C'est bien à travers son multijoueur que le jeu pouvait trouver refuge, grâce à ses combats à la fois très accessibles et hyper dynamiques. Comme souvent avec les adaptations de mangas à succès, les affrontements à plusieurs se basent avant tout sur le dynamisme de l'action et le fait que tout se joue à un rien. De ce point de vue, Extreme Butoden remplit son contrat, avec son lot de boules d’énergie et d'esquives faciles à réaliser. Il est même possible de contrer une Attaque Ultime par une autre et il est donc dommage de ne pas pouvoir profiter d'un mode multijoueur plus consistant pour rendre tout cela plus compétitif, surtout que le mode local nécessite évidemment une cartouche pour chacun des deux joueurs.

Extreme Butoden est intrinsèquement très court, d'autant qu'il n'y a pas de mode en ligne.

Pour qui ?

Seuls les fans de Dragon Ball Z qui ne possèdent qu'une 3DS pourront se laisser tenter par ce Dragon Ball Z : Extreme Butoden. Héritier des Butoden sortis sur Super Nintendo, le jeu peine globalement à procurer des sensations et même les plus nostalgiques risquent d'être déçus. Si vous possédez une Vita, des titres comme Battle of Z restent à la fois plus nerveux et plus complets. Tout aussi simple, ce dernier intégrait quelques idées bien senties et, surtout, un excellent mode multijoueur coopératif.

Le jeu est sauvé par son dynamisme et son sens du spectacle. Des duels de Kamehameha sont présents.

L'anecdote

Cela faisait bon nombre d'années que j'espérais voir les jeux Dragon Ball Z ressusciter à travers une vraie belle 2D ; et j'ai longtemps espéré qu'Arc System soit de nouveau sur un tel projet. Quelle déception de voir que le développeur s'est tourné vers une accessibilité exacerbée ! Heureusement, le jeu reste une petite réussite sur le plan technique, avec des personnages à la fois imposants et détaillés, des effets visuels réussis et une mise en scène très dynamique. Seule la 3D relief est en retrait.
Les Plus
  • Plutôt joli
  • Mise en scène assez dynamique
  • Quelques idées grisantes et qui parleront aux nostalgiques (contres d'attaques ultimes, etc.)
  • Le multi local
Les Moins
  • Le contenu plutôt limité
  • Un gameplay simpliste
  • L'absence d'un mode en ligne : impardonnable
  • Si c'était pour faire ça, autant ne pas mettre de mode Histoire...