Thief

04 mai 2014
Testé par sur
Disponible sur
3

Voleur du dimanche

Thief est aussi bon que mauvais. Si certains pesteront contre l'accessibilité du titre, son manque de réalisme, son côté minimaliste et son level design scolaire, d'autres s'en accommoderont et pourront trouver l'expérience juste sympathique. La note se destine donc à ces derniers. Les joueurs chevronnés peuvent enlever un point, voire deux. Globalement, Thief donne tout de même l'impression qu'il peine à rivaliser avec les incontournables présents sur PC, 360 et PS3.

Depuis son annonce, Thief a plus suscité la crainte que l'enthousiasme. À vrai dire, par son existence, le titre est symbolique de l'époque pour deux raisons. Premièrement, il représente l'occidentalisation récente du catalogue de Square-Enix. Ensuite, il symbolise la "casualisation" régissant le secteur depuis des années. Tel le roi de voleur, Thief arrivera t-il à retomber sur ses pieds ?

L'histoire

Thief vous place dans la peau de Garrett, une sorte de Roi des voleurs. Alors qu'il effectue un job avec son apprentie Erin, il déplore que cette dernière fasse preuve de violence en tuant les gardes qui jonchent sa route. C'est pourquoi il dérobe son arme sans qu'elle ne s'en rende compte. Arrivés dans un manoir, les protagonistes assistent à une étrange cérémonie accompagnée de phénomènes surnaturels. Alors qu'Erin tente de reprendre son arme des mains de Garrett, celle-ci tombe au cœur des flux mystiques. Garrett tente de la secourir mais finit par perdre connaissance. Un an plus tard, le héros se réveille et apprend une triste nouvelle : la ville est touchée par une terrible maladie.

Si le scénario de Thief semble convenu, il est toujours plus intéressant que le background du jeu. Qu'il s'agisse des environnements mêlant styles victorien et gothique, ou des personnages pas franchement inoubliables (le coup du héros à capuche, ça va un moment - voire jamais), Thief ne fait pas dans l'originalité. En fait, vous avez vite l'impression d'avoir affaire, sur le plan artistique, à un espèce de sous-Dishonored, voire de sous-Skyrim. À cela s'ajoutent quelques soucis d'immersion liés à des sautes de luminosité ou à un mixage sonore qui laisse dubitatif : entendre des personnages parler alors qu'ils sont à l'intérieur d'une bâtisse, comme si de rien n'était, en voilà une drôle d'idée !

Les butins peuvent être revendus et des compétences peuvent être améliorées.

Le principe

Côté gameplay, Thief semble parfaitement ancré dans notre temps. Un peu trop d'ailleurs. Vous demandant de parcourir la ville en toute discrétion, le jeu n'oublie jamais de vous guider. Effets de surbrillance omniprésents, intelligence artificielle limitée, gameplay minimaliste... Thief en devient un peu ridicule. C'est d'autant plus vrai que les effets visuels ne sont pas forcément discrets (l'ombre bordant l'image lorsque Garrett se dissimule, au secours). De même, les chansonnettes des gardes effectuant leurs rondes agacent plus qu'autre chose. Pour revenir au jeu en lui-même, la plupart des actions (escalader, ouvrir une porte, voler, actionner un mécanisme, etc.) s'effectuent à l'aide de deux touches. Devant tant de simplicité, un peu plus de dynamisme aurait été bienvenu, avec des courses-poursuites par exemple. Pour ce qui est des affrontements, ces derniers s'avèrent peu palpitants au corps-à-corps et la visée assistée de l'arc peut heureusement être désactivée. D'ailleurs, la plupart des assistances sont paramétrables dans les options. Dommage que les succès/trophées n'aient pas été pensés en conséquence, l'absence de l'utilisation d'artifices n'étant pas assez valorisée.

Le level design est très scolaire, ce qui peut ennuyer le adeptes de l'infiltration.

Pour qui ?

À en juger par les vociférations de notre Maniak sur la tribune de Gamatomic, une chose est sûre : Thief n'est pas à conseiller aux adeptes du jeu d'origine ; ni aux joueurs chevronnés qui ont l'habitude de pester contre les jeux "casuals". En fait, c'est même plutôt l'inverse : le jeu se destine aux joueurs du dimanche ayant soif d'accessibilité et d'ambiance gothique. À noter, toutefois, que le jeu est moins intéressant sur PC, 360 et PS3 : avec des ténors comme Dishonored, impossible de rivaliser (accessibilité ou non). Dans sa version next-gen (et compte tenu des faibles sorties), l'achat peut éventuellement être considéré.

Le test a été effectué en mode Difficile. Une difficulté personnalisable est aussi de la partie.

L'anecdote

Je ne vais pas vous mentir : il était compliqué de mettre une note à Thief. Tandis que les adeptes de la série auront envie de poser une bombe dans les locaux d'Eidos Montréal, d'autres plus permissifs pourront trouver le titre sympathique. À vrai dire, a contrario de Maniak, le big boss de Gamatomic a trouvé l'expérience amusante (NDRC : parce que voler n'a jamais été aussi simple !) (NDM : c'est bien le problème !). Pour ma part, je me contenterai de dire que je n'ai pas non plus vécu un calvaire. Après Castlevania : Lords of Shadow 2, c'est déjà ça !
Les Plus
  • Jamais frustrant, et donc jamais véritablement un calvaire
  • Relativement mignon
  • Sur One/PS4, à la rigueur...
  • Les joueurs du dimanche apprécieront
Les Moins
  • Un gameplay minimaliste et peu dynamique
  • Les différentes aides
  • Une direction artistique assez peu inspirée