Titanfall

07 avr. 2014
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3

Choc des titans, simple satisfaction des joueurs ?

Titanfall n'est pas mauvais. A vrai dire, le jeu brille par son dynamisme et sa mise en scène "in-game" (appels des titans en tête). De même, l'idée de créer deux campagnes multijoueur était plutôt audacieuse en matière de narration. Hélas, l'absence d'histoire digne d'intérêt, de cinématiques mises en scène mais, surtout, de vraie thématiques en adéquation avec le concept du jeu empêche Titanfall d'être véritablement marquant. Le jeu est un immense paradoxe : misant tout sur l'immersion (d'où l'absence de cinématiques), il oriente son gameplay vers une accessibilité déconcertante, pas forcément proche d'une simulation de robots. Trop peu exigeant, le jeu pâtit d'autant plus de son manque de contenu, que ce soit les cartes (une petite dizaine) ou les modes de jeu. Au final, si l'expérience est divertissante, elle se révèle un peu trop éphémère. Pas une catastrophe, mais une petite déception.

Titanfall a suscité l'impatience des joueurs pour deux raisons. Premièrement, le titre fait office de première grosse exclusivité Microsoft depuis la sortie de la Xbox One. Ensuite, il constitue surtout l'un des premiers jeux next-gen censés mettre à profit la technologie au profit d'un concept novateur. Mais c'était sans compter le portage du titre sur 360. Du coup, révolution ou déception ?

L'histoire

Pour révolutionner le FPS, Titanfall aurait dû jouer sur tous les tableaux. Et même si la révolution promise était marquée du sceau du multijoueur, il est regrettable que le scénario du jeu soit quasi-inexistant. Dépourvue d'enjeux dramatiques, l'histoire de Titanfall se limite en réalité à son background : deux factions, l'IMC et la Milice, qui s'affrontent dans une lutte titanesque, avec des robots de 20 mètres de haut. C'est un peu léger pour marquer le monde ludique, sauf si le gameplay s'annonce à la hauteur.

Les pilotes peuvent grimper partout, y compris sur les titans.

Le principe

De ce point de vue, Titanfall s'avère assez convaincant. Uniquement constitué de batailles multijoueur y compris dans le mode campagne - particulièrement court soit dit en passant - l'expérience fait la part belle à un sentiment de liberté assez grisant. Car plus, peut-être, que l'interaction avec des colosses de métaux, c'est bien l'accessibilité du gameplay et ce qu'elle implique qui impressionnent. Soyons clairs : Titanfall permet à votre pilote de grimper où bon vous semble, en sautant et marchant sur les murs avec une facilité déconcertante. Il résulte de cela un dynamisme hypnotique, accentué par la présence de bots (synonymes de chair à canon pour les débutants) et des titans. Ces derniers ont plusieurs fonctions : armures gigantesques dans lesquelles votre pilote peut se réfugier et guerroyer, il peuvent également suivre votre avatar ou être pleinement autonomes. Malgré des parties limitées à 6 vs 6, Titanfall ne manque jamais de dynamisme, surtout que l'arrivée des titans orchestrée par le joueur est particulièrement spectaculaire.

Comme pour les pilotes, l'équipement des titans peut être personnalisé en fonction de votre niveau.

Le multi

Pourtant, bien que le spectacle soit présent, l'orientation multijoueur de Titanfall n'est pas exempte de reproches. Globalement, le jeu ne propose pas assez de challenge pour convaincre les joueurs les plus chevronnés. La présence d'un pistolet à la visée automatique ainsi que celle de bots à éliminer donne au titre un côté trop permissif. Car avec ces choix et l'omniprésence du système d'expérience - faisant office de carotte idéale pour les débutants -, les développeurs mettent de côté les joueurs en quête d’exigence. Ainsi, on s'imagine mal, une fois les titans, l'équipement et les atouts récupérés, poursuivre l'expérience indéfiniment. C'est un peu le paradoxe de Titanfall, qui se veut révolutionnaire, mais s'ancre trop dans la mouvance actuelle pour atteindre l'intérêt des plus grands. L'ironie de la chose, c'est que l'un des derniers fleurons du multijoueur old school sur console, Halo, lui reste bien supérieur en matière d'addiction, de contenu et surtout de gameplay.

Les titans bénéficient de caractéristiques spécifiques (vitesse, défense, etc.)

Pour qui ?

Titanfall est surtout destiné aux joueurs du dimanche possédant une Xbox One ; ces personnes qui jouent relativement peu, s'amusent simplement et qui seront susceptibles de profiter du titre au fil des week-end. Titanfall s'adresse donc à la majorité des joueurs possédant un travail et/ou une famille. Pour ceux qui s'interrogeraient sur l'aspect esthétique du jeu : le graphismes ne font pas office de vitrine technique et ne sont pas spécialement impressionnants. Achetez donc le jeu en connaissance de cause, sans quoi vous risqueriez d'être déçu.

Vous choisissez l'endroit où tombe votre titan.

L'anecdote

Titanfall et parfois épique. Ainsi, en tombant du ciel, un titan peut infliger des dégâts (ce qui est toujours gratifiant). De même, en fin de partie, un dernier défi s'offre à vous : éliminer les ennemis restant ou fuir à travers un vaisseau (si vous faites partie de l'équipe perdante). Sympathique, même si cela contribue à l'impression que la victoire n'est souvent que secondaire. Dernier plaisir : s'éjecter d'un titan quand celui-ci s'apprête à exploser. Sensations garanties.
Les Plus
  • L'approche de la verticalité, assez géniale
  • Le dynamisme
  • Les titans, qui peuvent être utilisés comme méchas ou comme IA
  • La mise en scène qui les accompagne
Les Moins
  • Pas hyper joli
  • Le manque de contenu
  • Pas assez exigeant pour les "gros" joueurs