XIII

21 déc. 2003
Testé par kassad sur
Disponible sur
3
  • Éditeur Ubisoft
  • Développeur Ubisoft
  • Sortie initiale Automne 2002
  • Genres Action, Aventure

UbiSoft sort maintenant régulièrement des jeux de qualité (Rayman 3, Splinter Cell, Prince of Persia) XIII n’échappe pas à cette tendance. On a au final un FPS largement supérieur en qualité à la majorité de la production abondante dans ce domaine. Qui plus est, un jeu qui fleure bon la BD (et qui pourrait d’ailleurs servir de support pour une édition américaine de l’oeuvre). XIII est certes classique mais sa réalisation est impeccable. Le dosage savant d’action et d’infiltration offre quelques heures de bonheur à celui qui l’a entre les mains et c’est bien là l’essentiel.

Inconscient, blessé à la tête, un homme gît sur une plage, recueilli par une charmante sauveteuse, l’homme constate avec horreur qu’il a tout oublié. Son nom, son passé, il ne lui reste qu’un mystérieux chiffre XIII tatoué sur la poitrine. Des bribes lui reviennent, un bateau, des coups de feu puis plus rien. Malheureusement pour lui le temps de la réflexion sera de courte durée, à peine a-t-il repris connaissance que sa bienfaitrice se fait abattre et XIII doit déjà fuir et courir à la recherche de sa mémoire.

Un FPS au pays des phylactères

XIII est un First Person Shooter basé sur les 5 premiers épisodes de la BD éponyme de Vance et Van Hamme. Van Hamme, scénariste prolifique, auteur d’autres best-sellers tel que Thorgal ou Largo Winch, a crée avec XIII une histoire complexe d’espionnage et de conspiration dont le héros emboîte progressivement les morceaux à mesure qu’il recouvre la mémoire. Tout commence avec l’assassinat du président des Etats-Unis dont XIII est l’auteur présumé. Son objectif (donc le votre puisque vous l’incarnez) dans le jeu sera d’abord de prouver son innocence et ensuite de trouver les véritables commanditaires de l’assassinat. Même si le scénario d’origine n’a pas été suivi à la lettre, le jeu en reprend les principaux événements et protagonistes et vous amènera à visiter les différents lieux présents dans les 5 premiers albums.
 

Cel Shadé de près

Basé sur le moteur d’Unreal II, peu reconnaissable ici, XIII possède un cachet et des graphismes inédits. Inédite en effet, l’idée d’utiliser le cel shading dans un FPS. Cette astuce graphique, étrennée sur la Dreamcast avec Jet Set Radio consiste, en gros, à donner un aspect "anime" en soulignant les arêtes des polygones d’un trait noir. Les textures de XIII paraîtraient bien mornes et uniformes et ses modèles bien anguleux sans cet artifice qui dote le jeu de graphismes agréables et ce, sans débauche d’effets hype et gourmands en ressources. Résultat, non content d’être beau, le jeu tourne impeccablement, beaucoup mieux que Unreal II, et ce même sur des configurations modestes.
 

Le premier FPS pour les sourds

XIII possède donc une véritable identité et rend idéalement hommage à son média d’origine. Le concept du jeu BD est poussé jusqu’au bout puisque en plus du cel shading, des onomatopées viennent rythmer l’action et des cases apparaissent régulièrement à l’écran pour vous informer de la réussite d’une action ou du déplacement de vos adversaires. Par exemple vous aurez souvent droit au gros plan d’un headshot bien placé ou encore vous verrez apparaître des bruits de pas au détour d’un couloir, sympa et très utile. D’autant que XIII n’est pas un FPS bourrin où il s’agit de foncer tête baissé, les passages actions étant régulièrement entrecoupés de niveaux infiltrations parfois cotons à terminer.
 

Discrétion imposée

Des passages d’autant plus difficiles que l’on progresse par checkpoint, on se demande alors rapidement à quoi peu bien servir la touche de quicksave prévue par les développeurs. Portage console mal dégrossi ou rallonge artificielle de durée de vie ? Heureusement, les 34 niveaux qui composent le jeu sont assez courts et après un niveau particulièrement stressant vous aurez souvent droit à une séquence défouloir bienvenue. L’influence de Splinter Cell se fait clairement ressentir sur les phases d’infiltration. Il est en effet possible d’assommer ses adversaires, d’ouvrir les portes avec un passe où encore de cacher les corps d’ennemis abattus, vous pourrez également vous servir d’un otage comme bouclier humain pour vous sortir de situations difficiles. Ne vous attendez pas pour autant à avoir beaucoup de choix dans la progression puisque la méthode (infiltration ou action) vous sera toujours dictée au début des niveaux.
 

Original mais très classique

En effet, XIII est un jeu très linéaire et finalement les variations ne se feront que dans le choix des armes, et encore puisque l’utilisation de tel ou tel arme vous sera suggérée par ce que vous trouverez sur votre chemin. Ainsi par exemple, le grappin ne pourra être utilisé qu’aux endroits expressément prévus par le scénario. Autre exemple, dans un endroit où il vous faudra neutraliser des gardes pour pénétrer dans un bâtiment, vous trouverez un nombre de chaises ou de cendriers (utilisables pour mettre KO un ennemi) à peut prêt identique au nombre de gardes. Tout cela reste très convenu, les développeurs ont très professionnellement intégré au jeu les ingrédients à la mode, tous les petits trucs qui plaisent sans que l’on sente souffler un véritable vent de folie sur le jeu. Finalement derrière l’originalité de son habillage, XIII est un FPS tout ce qu’il y a de plus classique.
 

Bad Guys and Gunpower

L’arsenal est varié sans être pléthorique mais vous trouverez à peut près tous les outils modernes de meurtres. De toute façon vous finirez par vous choisir une arme de prédilection. Mention spéciale au passage pour la bonne vieille arbalète avec lunette de visée qui n’est pas sans rappeler ce bon vieux Half-Life. Vous pourrez interagir un minimum avec le décor et au besoin casser certains objets sur le crâne de vos adversaires afin, dans votre infinie bonté (et surtout parce que vous y êtes obligé), de les neutraliser sans les tuer. L’IA des ennemis est très correcte et en tout cas remplie son office. Vos adversaires sont sensibles au son, à la vue ou lorsqu’ils repèrent le cadavre d’un de leurs coéquipiers. Un garde qui vous surprend sur une map "infiltration" n’ira pas systématiquement donner l’alarme, il essaiera souvent de vous supprimer avant. Une fois le combat engagé, les ennemis essaient au maximum d’exploiter les éléments du décor, se planquent derrière des rochers, s’accroupissent ou vont droit au carnage en se jetant sur vous.
 

La lecture à plusieurs

Pour finir parlons du mode multijoueur, une inscription rapide sur le gameservice d’Ubi Soft vous permettra d’accéder aux serveurs du jeu. Les modes de jeu proposés à la base ne sont pas vraiment palpitants et n’offrent qu’assez peu d’intérêt par rapport à la concurrence. Du Deathmatch bien sûr, un Capture the Flag très banal et un mode Sabotage avec classes de personnages et objectifs à détruire. Le seul mod original est aussi celui qui tape dans le fun puisque La Faucheuse propose rien de moins que courir après la mort avec un fusil de chasse (activité joyeusement suicidaire s’il en est). Les maps sont globalement assez petites et peu intéressantes. Ainsi, comme nombre de ses prédécesseurs, le multijoueur de XIII ne devrait pas connaître une durée de vie très longue à moins que des mods qui exploitent certaines particularités du jeu (les onomatopées, les cases, etc.) n’apparaîssent.
Les Plus
  • Les graphismes originaux
  • L’utilisation des cases et des onomatopées
  • La base, une bonne histoire
  • Le mix infiltration/action
  • Un jeu bien fini
Les Moins
  • La linéarité du jeu
  • Le multi pour l’instant un peu terne
  • Un gameplay très classique