Forza Horizon, le Colorado comme si vous y étiez

06 nov. 2012
Testé par sur
Disponible sur
4

Forza Horizon réussi où on ne l'attendait pas. Loin d'être un épisode au rabais, il constitue l'un des meilleurs titres automobiles de cette fin d'année. Délaissant le circuit GT pour se focaliser sur une ambiance atypique, le titre de Turn 10 a tout d'un moteur parfaitement huilé. Entre son système de progression exemplaire, la sensation de parcourir le Colorado en toute quiétude et sa technique excellente, Forza Horizon satisfera quiconque recherche un jeu de course de qualité. Côté conduite, le jeu conserve la difficulté modulable de ses prédécesseurs et si les adeptes d'arcades y trouveront leur compte, ceux bénéficiant d'un volant à retour de forces devraient trouver un challenge à leur niveau. Un must have.

Forza Motorsport est assurément l'une des licences les plus juteuses de Microsoft. Avec presque un jeu par an, le constructeur américain semble avoir compris que rien ou presque n'est plus fort qu'un fan de sport automobile... Ajoutez à cela des DLC à foison et vous obtenez une véritable poule aux œufs d'or. Avec Forza Horizon, Turn 10 tente d'empêcher toute lassitude en poussant la série vers d'autres... horizons (oui, c'était facile).

A défaut d'avoir droit aux conditions climatiques, des pistes sur terre sont de la partie.

Woodstock version bagnole

Ce qui est incroyable, c'est qu'alors qu'on pensait la licence sur la voie de la stagnation, Forza Horizon balaie cette sensation dès les premières secondes. Techniquement d'abord, le jeu est une référence pour la console de Microsoft. Entre la profondeur du champ hallucinante et la modélisation parfaite des différents véhicules, difficile de trouver quelque chose à redire. Reprenant le concept de monde ouvert à la Test Drive Unlimited, le jeu profite d'environnements parsemés d'éléments variés (hélicos, feux d'artifices, arbres, public, pancartes en tous genres, etc.), si bien que l'on se croirait devant une version motorisée de SSX. Certes, les zones d'habitation manquent de vie et un très léger clipping se fait (très rarement) remarqué, mais le jeu est globalement exemplaire. Un constat qui trouve écho dans l'interface aussi sobre que stylisé (la marque de fabrique de la série) ainsi que dans la "narration" mettant en scène votre progression au fil du jeu. Pour faire simple : Forza Horizon vous met dans la peau d'un nouveau venu cherchant à gravir les échelons d'un festival musico-automobile appelé "Horizon". Il se dégage donc du titre un côté "rock" et dépaysant, que vous entrevoyez dès le menu principal.

Lors des courses urbaines nocturnes, les phares des voitures sont le meilleur moyen de se repérer dans la circulation.

Une recette alternative

C'est de ce côté dépaysant que Forza Horizon tire sa ligne de conduite. Sorte de bac-à-sable de Turn 10, le jeu vous fait parcourir le Colorado afin d'y trouver des défis en tous genres, allant des courses classiques à leurs homologues urbaines (avec de la circulation) en passant par des sessions contres vos rivaux ou contre des engins plus atypiques (hélicos, avions, montgolfières). Si cela sent le déjà vu (montgolfières et autres joujoux mis à part), le rythme et la progression sont si bien calibrés qu'il est difficile de décrocher une fois la partie lancée. Il faut dire qu'à l'instar des épisodes estampillés Motorsport, le jeu propose un challenge modulable en fonction de vos envies et compétences. De ce fait, il convient aussi bien aux adeptes d'arcade que de simulation. C'est dans ce refus de prendre la tête au joueur que Forza Horizon trouve tout son intérêt. Même pour ce qui est de la progression, bien que le jeu reprenne le système de niveaux déjà vu dans DIRT et consorts, le jeu profite d'une liberté salvatrice : libre à vous de parcourir le Colorado afin de défier les personnes se trouvant sur votre route, rejoindre des épreuves, dénicher des bolides ou défoncer des pancartes afin d'avoir une ristourne chez le garagiste. Certes, les niveaux (symbolisés par des bracelets) débloquent des épreuves mais rien ne vous oblige à faire ces dernières dans un ordre spécifique, ni même de participer à chacune d'elles. Enfin, un système de combos/points est présent, vous permettant d'asseoir votre réputation en réalisant des défis sur la route (frôler des véhicules, rouler sur deux roues, faire des drift, etc.). Ainsi, l'ennuie ne guette jamais.

Entre les différents défis et les nombreuses voitures à glaner, Forza Horizon promet de longues heures de jeu en solo.

Pas de la musique de kéké

Chose amusante : l'aspect musical du scénario (les écrans de chargement laissent entrevoir des groupes fictifs jouant à des festivals) se poursuit dans la bande son. Benni Benassi, Digitalism, New Order, Empire of the Sun, Friendly Fires, Phoenix, Santigold, The Naked and Famous, Two Doors Cinema Club, Arctic Monkeys... de nombreux groupes sont répartis sur trois stations de radio (Bass Arena, Pulse et Rocks). Forza Horizon donne donc cette délicieuse sensation de parcourir le Colorado au volant d'un bolide dont les vrombissements du moteur se mêlent à une bande son du quotidien. C'est d'autant plus vrai que les différentes stations sont animées par des présentateurs aux voix françaises, renforçant ainsi l'immersion. Finalement, la seule chose que nous puissions éventuellement reprocher à Forza Horizon sur le plan sonore, c'est de ne pas jouer le jeu des festivals jusqu'au bout : il aurait été amusant, par exemple, d'entendre quelques artistes en arrière plan, comme s'ils jouaient sur une scène. Rien de bien grave en comparaison de la liberté offerte par le titre, qui se prolonge d'ailleurs dans le mode multijoueur. De ce point de vue, le jeu surfe logiquement sur la veine communautaire de ses prédécesseurs (vente de véhicules et partage de photos et motifs en tête). Côté structure, rien de bien original puisque le pan multijoueur reprend grosso modo l'interface des volets habituels. Qui s'en plaindra ?
Les Plus
  • Techniquement à la hauteur
  • L'ambiance
  • Une liberté grisante
  • Des hits musicaux en veux-tu en voilà
  • Un système de progression exemplaire
  • La difficulté modulable
  • Un multi efficace
Les Moins
  • Le concept même du jeu bride la diversité visuelle
  • La gestion de la météo sera vraisemblablement pour la prochaine génération