Mario Party : du sang 9 pour la série ?

05 mars 2012
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2
  • Éditeur Nintendo
  • Développeur Nintendo
  • Sortie initiale 2 mars 2012
  • Genre Party Game

Premier Mario Party développé sans Hudson, Mario Party 9 a du mal a trouver le bon équilibre en termes de gameplay et de contenu. Le déplacement à bord de véhicules rend la série relativement bancale entre coopération et rivalité. De plus, bon nombre de mini-jeux sentent le réchauffé et font trop appel à la chance. Malgré une réalisation graphique agréable et de bonnes références à l'univers du plombier ici et là, ce neuvième épisode du party game de Nintendo déçoit. Pour célébrer le dixième épisode (sur Wii U ?), il serait bienvenue de pouvoir choisir les règles de la mouture qui vous paraît la plus fun voire de pouvoir faire un mix. Enlever les épreuves qui vous semblent futiles et ne garder que les plus amusantes sur les plateaux serait au moins une option à envisager.

Fin 1998, les joueurs japonais découvrent sous le sapin Mario Party, épisode mythique d'un genre désormais bien répandu : le party game. Développée par Hudson, la série a fait des émules, aussi bien chez Nintendo avec huit épisodes sortis de la N64 à la Wii que chez SEGA avec Sonic Shuffle sur Dreamcast. A l'heure où le regretté Hudson met la clé sous la porte, Mario et sa clique débarquent dans un neuvième jeu développé par Nd Cube, compagnie regroupant la plupart des employés d'Hudson ayant bossé sur les Mario Party. Mario Party 9 ou le renouveau de la licence ?

Vous venez de ruiner un magnifique monochrome de Whiteman...

Réunion de famille

Cinq ans après Mario Party 8, il est appréciable de jouer au party game du plombier sans un horrible aliasing qui pique les yeux en permanence. Affiné pour l'occasion, le moteur graphique demeure coloré et les animations davantage travaillées. A défaut de faire dans l'originalité, les plateaux de jeux évoquent plusieurs jeux phares de Nintendo. Vous retrouvez ainsi les traditionnelles jungle, mine, plage, forêt et autres maison hantée. Même principe de fan service pour le bestiaire, le titre n'hésitant pas à cumuler les références à divers épisodes de la mascotte de la firme de Kyôtô. Citons par exemple la chenille "Wiggler" de Super Mario World, la pierre "Whomp" de Super Mario 64, les pingouins de Mario is Missing sans oublier des grands classiques comme la plante piranha de Super Mario Bros et les "Spikes" de Super Mario Bros. 3. Enfin, il est de bon ton de souligner que le jeu s'affiche en 16/9, la moindre des choses en 2012. Fini le vilain 4/3 de Mario Party 8 avec ses bandes noires sur les côtés.

Le mini jeu "Rebonds Cotons" : la plate-forme avant tout.

Super Star Academy

Quand on s'intéresse au cœur du jeu, c'est là que le bat blesse. Premier constat, les éléments clés (pièces, capsules...) permettant de désigner le vainqueur ont été supprimés. A la place, Mario Party 9 instaure une règle simple : la récolte de petites étoiles. Celui qui en récupère le plus sur le plateau est le gagnant ou la Super Star. Point barre. Très lassant, ce principe n'est même pas bouleversé par la nature des plateaux en eux-mêmes. En effet, ces derniers offrent peu d’événements majeurs pouvant changer la donne en cours de partie. Pire, chaque plateau possède un ennemi (le fantôme Boo, le requin Sushi) ou une modification de la carte (la montée de la lave) qui vous volent la moitié de vos étoiles d'un coup si vous n'avez pas de chance aux jets de dés.

Savoir qui pourra frapper Whomp est uniquement une question de chance.

777

La frustration, c'est d'ailleurs ce qui ressort du gameplay de ce neuvième épisode. Certes, le facteur chance a toujours été un concept inhérent au party game. Mais quand vos facultés de joueur sont mises en retrait par rapport au hasard pur, vous n'avez pas envie de relancer le jeu très souvent. Beaucoup trop de mini-jeux font clairement appel à dame chance comme le combat contre Whomp. Trop peu d'entre eux mettent vos réflexes à l'épreuve tels "Rebonds Cotons" et "Ruée Glacée", tous deux orientés plates-formes ou les combats contre les douze boss de moitié et fin de niveaux. Disons que sur les 82 épreuves présentes, la moitié est sans intérêt car peu inspirée et/ou trop portée sur la roulette russe. Et l'utilisation du Wii Motion Plus n'aurait pas été de refus afin de rendre le jeu plus intéressant.

Les déplacements se font désormais en véhicule, le conducteur étant le capitaine d'un instant.

Mario Kart Party

Autre nouveauté de ce Mario Party 9 : les déplacements en véhicule avec les autres joueurs. Vous conduisez et jouez chacun votre tour mais la voiture (ou un autre moyen de locomotion selon la carte) est commune. Une caractéristique qui une fois de plus fait intervenir votre facteur chance et celui des autres. Ce choix place le jeu à mi chemin entre la coopération et la compétition. Qui plus est, cela ne comble même pas les faiblesses de rythme que connaît la série depuis plusieurs épisodes. Il y a toujours des passages à vide en cours de partie. Mais ne voyons pas tout noir non plus. Pour quelques soirées entre amis, le dernier Mario Party demeure une option envisageable ; surtout si vos amis ne connaissent pas du tout la licence. En revanche, le mode solo, comme à chaque fois, est à ranger aux oubliettes. Combattre contre la chance est déjà un calvaire. Lutter contre l'IA devient instantanément rageant. Ce mode est malheureusement un passage obligé pour celui qui souhaite débloquer Shy Guy et Kamek, les deux personnages bonus.
Les Plus
  • L'ambiance graphique colorée
  • Les nombreuses références à Mario et l'univers Nintendo
  • Certains mini-jeux efficaces
Les Moins
  • Le gameplay à mi-chemin entre co-op et compétition
  • Un mode solo anecdotique
  • L'importance de la chance dans les épreuves
  • La non utilisation du Wii Motion Plus
  • Le rythme de jeu toujours en dents de scie