Batman Arkham City, un envol radieux pour l'homme chauve-souris

28 oct. 2011
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A l'inverse d'un Star Wars 2 : Le Pouvoir de la Force, Rocksteady a su accomplir avec brio en deux ans ce que LucasArts a échoué sur la même durée, à savoir réaliser la digne suite d'un premier volet déjà très bon. Là, les défauts du grand frère ont été balayés d'un simple revers de main afin de laisser place à une aventure grisante, originale, longue et entourée d'une bande-son et d'une ambiance hors du commun. Batman Arkham City se hisse donc sans problème au sommet du panthéon des jeux de super-héros. Batman, la cape flottant au vent, les mains sur les hanches et l’œil sur la ville peut être fier de lui, car son avenir dans l'industrie vidéoludique s'annonce plus que radieux.

Il y a deux ans sortait Batman : Arkham Asylum. Jeu d’action sombre mettant magistralement en scène le célèbre Chevalier Noir, le petit bébé du studio anglais Rocksteady avait frappé fort. Aujourd’hui, Batou enfile une nouvelle fois son costume ultra moulant avec la ferme intention de botter l'arrière-train des pires criminels et de lever le mystère entourant cette inédite ville-prison qu’est Arkham City.

Hugo Strange, un chauve qui ne souris pas.

Une nuit agitée pour Batman

Quelques mois après les évènements survenus dans l’asile d’Arkham, son ancien directeur, Quincy Sharp, est élu maire de Gotham et met en œuvre un projet étonnant. Il consiste tout simplement à déplacer tous les criminels de Gotham et tous les pensionnaires de l’asile de fous dans une seule prison de haute sécurité dénommée Arkham City. Seulement, ce n’est pas une prison comme les autres. Effectivement, celle-ci est en réalité une partie de la ville de Gotham entourée par de gigantesques murailles. Personne n'y entre à l'exception des nouveaux détenus, et personne n'en sort. A l’intérieur, c’est la loi de la jungle qui prédomine. Pas de cellules mais des ruelles sombres et dangereuses. Pas de contrôles de sécurité mais des gardes armés patrouillant dans des hélicoptères dotés de tourelles parées à la moindre incartade. Pourtant, ceux-ci n’interviennent que très rarement. Face à ces conditions plus que précaires et une absence quasi totale d’autorité, les résidents forment des gangs et s’affrontent violemment. A la tête de ces derniers, on retrouve certaines figures charismatiques de l’univers de Batman tels que le Pingouin, Double-Face ou encore ce cher Joker. Se sentant concerné par cette situation inhumaine, Bruce Wayne se déplace afin de tenir une conférence de presse visant à dénoncer cette nouvelle super prison. Malheureusement pour lui, il se retrouve kidnappé par les hommes d'Hugo Strange, psychanalyste de génie contrôlant Arkham City selon les désirs du maire. S’échappant très vite et revêtant dans la foulée son habit de justicier, l’homme chauve-souris va devoir en une nuit déjouer les plans de Strange, élucider de nombreux mystères et mettre une bonne dérouillée à toute la vermine sévissant dans ce décor de misère et de violence. Alors, accrochez-vous bien à votre bat-manette, car avec Batman Arkham City, la nuit risque d’être longue !

Encore plus nombreuses que dans le précédent volet, les énigmes de l'Homme-Mystère n'ont pas fini de vous faire cogiter.

Une durée de vie conséquente

Autant vous le dire d’emblée : Batman Arkham City est long, très long même. Tout d’abord, en faisant le jeu d’une traite, c’est à dire uniquement les missions principales et en outrepassant les quêtes annexes, les énigmes de l’Homme-Mystère et les missions de Catwoman, vous en avez pour un tout petit peu moins de dix heures. Durant ces missions principales, il vous arrive de croiser à maintes reprises le Joker accompagné d'Harley Quinn, Mr Freeze, le Pingouin, Ra’s Al Ghul, etc. Les missions secondaires permettent quant à elles de faire intervenir d’autres protagonistes issus de l’univers de Batman : Bane, Deadshot, le Chapelier Fou, Zsasz, le Veilleur, et bien d’autres encore. Bien orchestrées et étalées dans toute la ville, finir la totalité des quêtes de chacun d'eux vous occupera pendant un bon bout de temps. Mais ce qui participe le plus à l’immense durée de vie dont jouit cette nouvelle aventure du chevalier noir, ce sont les énigmes de l’Homme-Mystère. Au nombre de 440 et éparpillées aux quatre coin du terrain de jeu, toutes les faire représente un temps considérable. Pas toujours simples, elles vous poussent bien souvent dans vos derniers retranchements, aussi bien en terme de réflexion que de précision. A cela s’ajoute les défis proposés par ce personnage tout de vert vêtu. Variés, sympathiques mais pas évidents, ils sont accessibles depuis le menu principal et augmentent également la durée de vie. Préparez vous à passer de longues heures dans l’espoir de décrocher le maximum de médailles à chacun d’entre eux. Enfin, vous avez la possibilité d’incarner la ronronnante et féline Catwoman lors de quatre petites missions, représentant en tout et pour tout environ une heure et demie. Cependant, elle aussi a ses propres défis et ses propres énigmes. Vous l’avez donc compris, si vous désirez atteindre les 100% de progression, comptez au bas mot 40 heures pour tout faire, tout retourner, tout résoudre, tout entendre.

Catwoman s'avère être extrêmement agile et griffante. Mieux vaut ne pas l'énerver.

Un Batou plus efficace que jamais

Côté gameplay, le studio britannique a plus qu’assuré. En effet, déjà que le précédent volet était bien garni en combos et gadgets en tout genre, de nouveaux font leur apparition dans Batman Arkham City, et ce pour notre plus grand plaisir. Les enchaînements inédits que Batman peut exécuter le rendent encore plus plaisant à contrôler. Agile, rapide, sans pitié et discret, ce cher Batou n’a jamais été aussi puissant et violent. Mêlant phases d’infiltration où l’élimination silencieuse est recommandée si vous ne voulez pas finir en gruyère et combats au corps à corps pur et dur, il y en a pour tous les goûts. Les bourrins comme les stratégiques sont forcément contentés et en redemanderont assurément encore et encore ! On prend même du plaisir à tout simplement se déplacer, étant donné que cela se fait à l’aide du grappin et en planant. Survoler cette ville-prison gigantesque est tout à fait exquis, il faut le reconnaître. La bat-ceinture est encore plus fournie qu’avant. Dotée des dernières innovations, celle-ci est constituée de plusieurs objets fort pratiques. Du batarang téléguidé à la tyrolienne tout en passant au gel explosif, vous avez sous la main un arsenal varié et améliorables à souhaits tout comme vos capacités ou votre combinaison. Le système de progression débute par le passage à tabac de racailles, entraînant des points qui peuvent alors être utilisés pour acheter une amélioration. Il en va de même pour Catwoman. Possédant elle aussi ses propres améliorations, ses propres attaques, son propre équipement et sa propre façon de se déplacer et d’attaquer, vous découvrez alors une toute autre façon de jouer. Complet de A à Z, le gameplay de Batman Arkham City ne souffre donc d’aucune lacunes.

Au milieu de ces environnements délabrés au possible, Batman affiche une tenue comme neuve... Du moins, pour un temps.

Des décors de misère travaillés

Encore une fois, les petits gars de Rocksteady ont frappé fort en offrant à leur dernier titre des graphismes relativement réussis. Sans toucher à la perfection, force est de constater que les environnements sombres, ou teintés de couleurs pâles et désincarnées sont bien accomplis. Collant impeccablement à l’ambiance mature et brutale du jeu, la patte graphique permet une immersion encore plus poussée. Les tablettes de chocolat de Bruce sont saillantes, la chair brulée de Double-Face est criante de vérité, l’aspect bidonville d’Arkham City est complètement fouillé et exploité dans les moindres recoins. Et ainsi de suite. En passant par les flammes vacillantes des brasiers de fortunes aux égouts à l’eau verte et viciée tout en observant depuis une corniche les ennemis avec la vision spéciale, vous n’aurez jamais de mal à distinguer quoi que ce soit. Bien entendu, il vous arrive de tomber quelques fois sur des textures floues, baveuses ou même rigides : un mur, un panneau d’affichage, une affiche de propagande, un parterre de fleurs desséchées, etc. Certes, ce n’est pas rare, mais honnêtement, on y passe outre mesure très facilement grâce à l’ambiance et le gameplay explosif qui finit de vous amadouer pour de bon et force à fermer les yeux sur ces quelques erreurs. Quoiqu'il en soit, il est évident que les graphismes ont bel et bien évolué depuis le précédent épisode de notre justicier de la nuit préféré, et c'est ça le plus important.

Ce cher Batou n'a pas de temps à perdre et n'y va pas avec le dos de la cuillère. Génial !

Une atmosphère bien approfondie

Batman Arkham City, c’est avant tout une ambiance, un univers, un contexte. Cet univers si riche est extrêmement bien utilisé et vous apprenez ainsi au gré de votre avancée des détails sur certains évènements, certaines relations entre untel et untel. Sans oublier qu’à chaque personnalité rencontrée, sa biographie se débloque et vous permet d’en savoir plus. Ainsi, même les néophytes, ceux qui découvrent le monde de Batman peuvent toucher à la grandeur de celui-ci. Quant à l’ambiance, que dire hormis qu’elle est sombre, brutale, violente et adulte à souhait ? La voix froide et autoritaire d'Hugo Strange résonnant dans toute la cité de part les haut-parleurs disséminés un peu partout, Zsasz vous susurrant des paroles démentes au téléphone, le Joker vous harcelant sans répit pour que vous veniez lui rendre visite, les enregistrements du Chapelier Fou vous glaçant le sang, le sentiment d'être seul contre tous... Autant de choses favorisant cette ambiance unique que propose cette dernière aventure du super-héros milliardaire. S'émancipant des films mettant en scène Batman, le jeu se permet des libertés qui n'apparaîtraient sûrement pas dans un produit de l'industrie cinématographique. Avec un Homme chauve-souris se remettant en question et un final aussi inattendu qu'extraordinaire et poignant, les joueurs que nous sommes ne peuvent qu'apercevoir en ce Batman Arkham City le meilleur jeu de super-héros jamais sorti à ce jour. Faisant honneur à l'histoire de ce personnage si charismatique et haut en couleur, le dernier bébé de Rocksteady est a coupé le souffle, vous tenant captivé tout le long. Respect.
Les Plus
  • Arkham City, un terrain de jeu planant
  • De nombreux super-vilains présents et bien exploités
  • Les énigmes et défis de l'Homme-Mystère
  • Catwoman
  • Une fin spectaculaire
Les Moins
  • Le fait que Catwoman ne soit disponible qu'avec un code à usage unique
  • C'est tout !