Dance Evolution, nanar vidéoludique ?

03 déc. 2010
Testé par sur
Disponible sur
2
  • Éditeur Konami
  • Sortie initiale 10 novembre 2010
  • Genre Musical

Si vous comptiez sur Dance Evolution pour mettre en avant le potentiel de Kinect, vous risquez d'être déçus. Consistant avant tout à atteindre des zones indiquées à l'écran, le tout avec une certaine approximation, Dance Evolution est très loin d'utiliser le capteur de Microsoft à sa juste valeur. Et ce n'est pas l’incrustation pixelisées, pourtant sympathique, qui y changera quelque chose. En revanche, le titre peut tout de même divertir, notamment grâce à sa playlist, aussi courte et médiocre que fofolle, et à la place que laisse le jeu à l'improvisation. Une improvisation qui a aussi son désavantage : pour peut qu'on ne joue pas le jeu, le titre paraît beaucoup moins sportif qu'un Dance Central. Au final, apprécier Dance Evolution, c'est un peu comme apprécié un nanar : c'est possible mais il faut être dans le délire.

Quoi de mieux adapté au lancement de Kinect qu'un jeu de danse ? C'est ce qu'a dû se dire Konami. Et quand on évoque "danse" et "Konami", on pense évidemment à DanceDanceRevolution, série faisant encore aujourd'hui les beaux jours de l'éditeur. Et ça tombe bien puisque ce sont les développeurs de cette franchise qui se sont penchés sur ce Dance Evolution. Avouons qu'il y avait de quoi être un minimum enthousiaste, mais qu'en est-il réellement ?

Univers pop et graphismes plutôt réussis sont de la partie.

Un jeu dédié à Philippe Nikolic ?

S'il y a bien quelque chose qu'on ne peut reprocher à Dance Evolution, c'est de manquer d'identité. Tout d'abord, il y a cet univers, complètement pop et qui ferait passer les années 90 et leurs boys band pour une période musicale tout ce qu'il y a de plus saine. Entre les décors, les explosions, les personnages top "fashion" et les chorégraphies boostées au Red Bull, nous sommes servis. Sans compter que le jeu tient plutôt bien la route techniquement. Les personnages et environnements sont bien modélisés et les couleurs, souvent pétantes, renforcent le côté délirant du titre. Un aspect accentué par la playlist faite de soupes en tout genre. Car autant prévenir, n'espérez même pas danser sur un titre connu, non, Dance Evolution se contente d'une trentaine de titres sortis de nulle part, où parfois repris de DDR : A Geisha's Dream, Yesterday, Every Day, Every Night, Night on Fire, etc. Malgré ce manque de consistance évident, les musiques, très japonaises dans l'esprit, s'avèrent tellement mauvaises/ridicules/délirantes (faites votre choix) qu'elles finissent par nous faire rire. Le fait que vous accrochiez ou non à Dance Evolution dépend donc surtout du fait que vous soyez prêts ou non à jouer le jeu.

Les mouvements sont généralement indiqué par des cercles (à toucher) ou lignes (à suivre).

De l'amusement

Il est intéressant de comparer le gameplay de Dance Evolution avec celui du Dance Central, son concurrent direct développé par Harmonix. En effet, si les deux accompagnent la sortie de Kinect, ils semblent emprunter deux chemins sensiblement différents. Alors que Dance Central bénéficie d'une détection de mouvement assez bluffante, prenant en compte l'intégralité du corps du joueur, le jeu de Konami se veut beaucoup plus simpliste et permissif. Ainsi, le titre consiste avant tout à atteindre des points précis à l'écran plutôt qu'à bouger véritablement en rythme. Après nous être essayés à Dance Central, tout cela fait pâle figure, certes, mais ce parti pris n'a pas que des inconvénients : le fait que le jeu ne prenne pas en compte l'intégralité de nos mouvements nous permet de goûter aux joies de l'improvisation. Bah oui, le jeu ne calculant que ce qui est en rapport avec les indications, vous avez tout le temps de faire le pitre entre deux séquences de mouvements, surtout dans les niveau de difficulté facile et normal. Afin de vous aider à vous repérer et à ne pas perdre la partie (chose possible), les développeurs ont pensé à une système d'incrustation permettant au joueur de figurer à l'écran parmi la troupe de danseurs. Si l'image s'avère assez pixelisée, l'idée ajoute un plus indéniable en matière d'immersion.

Des silhouettes vertes nous disent les poses à tenir.

Mais un challenge trop limité

Une représentation du joueur qui permet aussi de pallier le temps de latence parfois important entre ce que vous faites et ce qui se passe à l'écran. Nous pensons plus particulièrement à tout ce qui concerne les suites de pas, qui tiennent plus de l'approximation que d'autre chose. Globalement, le jeu donne l'impression d'être très permissif sur la fidélité des mouvements, mais aussi des poses à exécuter par moments. Si cette facilité donne au jeu une accessibilité qui plaira au joueur lambda, une fois couplé à la part d'improvisation nécessaire, vous vous rendez rapidement compte qu'une certaine dose de motivation est nécessaire pour danser pleinement et transpirer. Contrairement à un Dance Central basé sur une rigueur permanente, Dance Evolution peine à motiver le joueur fainéant. On aurait pu espérer que le multijoueur à deux sur le même écran (ou quatre en ligne) soit plus motivant, mais le manque de précision du capteur fait que les joutes ne repose plus que sur l'amusement et non sur le challenge. Dommage.
Les Plus
  • Le côté nanar débile
  • Assez joli
  • La place laissée à l'improvisation
  • L'incrustation du joueur
  • Le fait de pouvoir jouer à deux simultanément en local
Les Moins
  • Le côté nanar débile
  • Gameplay trop approximatif et permissif
  • Playlist bien trop légère
  • Quelques titres connus n'auraient pas été de refus