Far Cry 2 se paie une tranche de savane

30 nov. 2008
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Globalement, Far Cry 2 est une réussite. Bien sûr, ses lacunes sont importantes, comme l’illustrent la longueur et la redondance de ses trajets ou encore la médiocrité de son intelligence artificielle. Néanmoins, ses qualités sont indéniables. Voilà un titre riche qui ne demande qu’à être mis entre de bonnes mains. L’expérience de jeu qu’offre Far Cry 2 dépend essentiellement de la manière dont vous comptez l’utiliser. Si votre but est uniquement de le parcourir comme n’importe quel FPS, passez votre chemin. Si au contraire vous comptez mettre sa liberté d’action et ses mécanismes au service de votre imagination, vous risquez d’en redemander.

Far Cry premier du nom a sans aucun doute gravé son nom dans l’histoire des jeux de tir en vue subjective. Crytek avait, à l’époque, su créer un titre aussi passionnant à jouer qu’intéressant techniquement parlant. Quatre ans plus tard, c’est désormais sous la houlette d’Ubisoft Montréal que son très attendu successeur voit le jour. Sobrement intitulé Far Cry 2, ce nouvel épisode quitte les tropiques et leur climat humide pour vous faire goûter à la sècheresse de la savane Africaine. Une technique encore plus au point, davantage de liberté d’action et un gameplay plus riche sont au programme de ce safari aux allures de chasse à l’homme. Cette fois, ne vous attendez pas à combattre des mutants, mais plutôt à plonger dans l’impitoyable réalité d’un conflit Africain.

Vous allez surement vous faire des amis...

Bienvenue dans la jungle

Au fin fond de l’Afrique se trouve un petit pays d’une cinquantaine de kilomètres carrés, divisé en deux parties distinctes, Leboa-Sako et Bowa-Seko. Une contrée étouffée entre une savane aride et un désert vierge. Cette petite monarchie, dont la population n’est pas vraiment dense, est en proie à de violents affrontements. La guerre fait rage entre deux factions, l’APR et l’UFLL, qui luttent pour la suprématie sur fond de trahisons, de sabotages et autres embuscades. Au centre de ce conflit, un homme tire les ficelles. Son nom, le Chacal, en dit long sur ses méthodes. Trafiquant d’armes de son état, il approvisionne les deux camps en matériel de mort, et nourrit ainsi un véritable génocide. C’est sans compter sur votre arrivée dans le pays, sensée changer les choses. Votre but premier est l’élimination du Chacal, et vous devez pour cela offrir vos services de mercenaire aux deux factions pour vous rapprocher petit à petit de votre mission. Il faut cependant composer avec la malaria, cette maladie qui vous ronge et vous oblige à sans cesse trouver des médicaments. Loin de son prédécesseur très largement ancré dans la science-fiction, Far Cry 2 se veut beaucoup plus réaliste, en offrant un contexte plausible et une mise en scène immersive, dont le développement total vous propulse dans cet environnement de jeu conséquent pour une durée d’au moins trente heures.

Ici, le chaos et la destruction sont souvent des finalités.

C’est mon choix

Dans Far Cry 2, tout est une question de choix. Qu’il s’agisse des missions primaires ou secondaires, vous avez l’entière liberté du déroulement. Ainsi, certaines missions de destruction ou d’assaut peuvent aisément se négocier de manière frontale et agressive. A l’inverse, il est souvent préférable d’appréhender une mission d’assassinat ou de sabotage de manière furtive, en choisissant en l’occurrence une approche de nuit. De la même manière, vous n’êtes pas obligé de suivre le déroulement de l’histoire dans un ordre précis. Libre à vous de choisir des missions annexes, à l’image des missions armurier, qui octroient par la suite l’accès à de nouvelles armes ou à des améliorations. Tout ceci se moyennant au prix de diamants gagnés à l’issue de missions réussies. Certains objectifs, comme trouver des médicaments pour soigner votre malaria, sont néanmoins obligatoires et ne peuvent être repoussés, sous peine de faire un malaise en pleine action et de devoir reprendre la mission plus tard. En dehors de cet impératif, la liberté est totale. Des partenaires, mercenaires eux aussi, sont là pour vous guider et vous donner des solutions alternatives sous forme de sous-objectifs durant l’accomplissement des missions principales. Leur intérêt ne se limite heureusement pas à ça. En effet, si vous surestimez votre puissance de feu et que votre barre de vie descend à son niveau le plus bas, vos partenaires viennent vous ramasser au sol et vous aident à terrasser les quelques ennemis restants. Sauf si bien sûr ces derniers sont morts lorsqu’ils vous appelaient à l’aide en vain.

En plus de réparer les jeeps, le personnage se soigne sous vos yeux.

Mad Max 4 : l’enfer de la route

Pour réaliser les missions dans un environnement aussi vaste, il est bien entendu nécessaire de se déplacer. C’est d’ailleurs l’essentiel du temps de jeu. Certains trajets durent au bas mot jusqu’à vingt minutes. Un véritable voyage, pendant lequel vous devez faire face à des voitures kamikazes, mais aussi et surtout à des points de passage contrôlés par les milices, ou il faut dans la plupart des cas tuer tout le monde pour pouvoir passer. Le pire, c’est qu’au retour, non content de refaire la route en sens inverse, d’autres ennemis auront pris leur place. Ce qui amuse et défoule en début de partie devient un réel calvaire après plusieurs heures de jeu. Inutile de préférer les trajets en bateau, le schéma et le même. Pas la peine de non plus de descendre de voiture pour contourner discrètement le barrage, sauf si vous n’avez pas peur de vous faire attaquer à la voiture bélier. Quelques stations de bus sont disséminés sur la carte, elles font gagner un temps précieux et économiser des munitions, mais une fois arrivé à destination, il faut reprendre un véhicule et repartir dans le cycle infernal. De plus, la majorité des véhicules ont été largement éprouvés et tombent en panne au bout de quelques impacts de balles, cela obligeant à s’arrêter pour réparer par le biais d’une action contextuelle. Pire encore, quand aucun véhicule n’est disponible ou que le votre est ruiné, le périple doit se poursuivre à pied. Cependant, tout n’est pas négatif, des "planques" sont placées à plusieurs points de la carte, il est possible d’y stocker des armes, de sauvegarder et d’y trouver des engins en état de marche. Ce qui a le mérite d’aérer un peu les trajets ou de les stopper pour les reprendre une fois la motivation revenue.

Allumer le feu !

Tout feu, tout flamme

Le plus surprenant, c’est certainement l'immersion permise par Far Cry 2, véritable "simulateur d’Afrique". Tout fourmille de détails, à l’image des animaux qui se prélassent dans la savane, des bruitages de la jungle, de la richesse des couleurs. Le cycle jour/nuit est lui aussi tout à fait réussi, et le soleil couchant donne parfois l’impression de se trouver devant une photographie. La composition des environnements est soignée, très peu de zones sont laissées mortes sur la carte. Sur cinquante kilomètres carrés, un panel complet du continent Africain est proposé, allant du désert à la jungle, en passant par la savane, sans même oublier les sommets escarpés. Le moteur physique fait lui aussi un très bon travail. La gestion du feu alliée à celle du vent offre d’énormes possibilités pour, par exemple, couper une route ou un pont aux ennemis en y mettant le feu. Ce n’est qu’une des nombreuses utilisations du feu, mais ce dernier est parfaitement intégré au gameplay et promet de belles surprises. Le végétation repoussant automatiquement et progressivement après coupe est aussi très spectaculaire à voir. Tout ceci est proposé sans aucun temps de chargement ni aucune transition, l’impression de se promener dans un environnement réel est de ce fait particulièrement marquée. La réalisation technique est néanmoins loin d’être irréprochable, puisque le déroulement des missions est très souvent entaché par le manque d’intelligence des ennemis. L'IA est imprudente et agressive plutôt que rusée. Le mode multijoueur est quand à lui très moyen et ne relance nullement l’intérêt du jeu une fois la campagne terminée, tant il est classique et même banal. Dommage, à plus forte raison puisque l’éditeur de cartes offre un potentiel énorme.
Les Plus
  • L’immersion
  • La réalisation technique
  • La liberté d’action
  • Une bonne durée de vie
Les Moins
  • Une intelligence artificielle médiocre
  • Les trajets trop longs et pesants
  • Le multijoueur baclé