Dead Space vous embarque pour l'infini de l'au-delà

14 nov. 2008
Testé par sur
Disponible sur
4
  • Éditeur Electronic Arts
  • Développeur EA Redwood Shores
  • Sortie initiale 24 octobre 2008
  • Genres Action, Aventure

Enivrant et captivant, Dead Space joue la carte de l'action et ça marche. L'histoire est bien ficelée, rappelant les films de science-fiction des années 80 sur certains plans. Grande première également, car le jeu suit un nouveau système de narration sur plusieurs médium : "L'IP3". Disponible en DVD et bande-dessinée, chaque élément raconte les prémices de ce désastre. Vous comprendrez qui est le Capitaine Mathius, pourquoi l'artefact est ici, quelles sont les motivations qui engendrent tant de chaos. Le titre mérite amplement son PEGI 18+, donc âmes sensibles s'abstenir. Pour les autres, le cauchemar ne fait que commencer.

Avec son optique de renouveau, Electronic Arts propose un survival-horror dans la lignée de Resident Evil, atmosphère science-fiction en sus. Dead Space démontre que, dans l'espace, personne ne vous entend crier. Ni vous entretuer d'ailleurs. A croire que les étoiles sont les clous du cercueil.

Les graphismes de haute voltige donnent du cachet à l'intrigue.

La porte des Enfers a bien changé

Un étrange artefact a poussé les membres de L'ISG Ishimura aux folies les plus atroces, aidés par des monstres difformes : les necromorphs. Isaac Clarke, simple ingénieur, va devoir atterrir avec ses compagnons de galère sur cette étrange plate-forme. Et si possible arranger les choses. A peine arrivée que vous ne contrôlez plus rien, le scénario prend forme et l'inquiétude cerne vos premiers pas. Servi par des graphismes maîtrisés, l'ombre et la lumière cohabitent sur des marres de sang, écritures tribales ou tripes fraîchement lacérées. Car si le visuel flatte la rétine par ses détails (armure, les couloirs du vaisseau), il en va de même pour le côté sanguinaire de la chose. Des flaques jaunâtres présagent du pire, alors la visée (via R1) est constamment enclenchée. D'une vue à l'épaule empruntée à la référence du genre, s'installe la paranoïa, où se sentir suivi et tourner le stick analogique droit à 360 degrés devient un réflexe. Mieux vaut éviter toute agression inutile, d'autant plus que la jauge de vie (représentée le long de la colonne vertébrale) a tendance à fondre comme sang au soleil lors des combats rapprochés.

Le lance-flammes est une arme aguicheuse mais trop gourmande en munitions.

Bizarre, vous avez dit bizarre ?

Vos adversaires, mutants dorénavant, peuvent feindre la mort pour appliquer la guillotine si un moment d'inadvertance passait par là. Mieux vaut choisir l'arme adéquate pour éviter l'éviscération : choc laser, sulfateuse, trancheur ou charge télékinétique peuvent être encore plus efficaces grâce à la stase (ralenti une donnée précise) et la télékinésie (lorsque les munitions se font rares). En glanant ou achetant dans votre stock des points de force, il est possible de renforcer ces petits bijoux, soit le nombre de munitions, les dégâts infligés ou le temps de recharge, tout comme votre armure, c'est-à-dire augmenter la barre de vie et la réserve d'oxygène. Toutefois, les chuchotements guettent chacun de vos pas. Une ombre grimpe dans un conduit. Un éclat de rire morbide annonce la venue d'un adversaire... Ou pas. Et c'est ça qui fait la force de Dead Space. L'ambiance sonore et visuelle se marient à la perfection, permettant une atmosphère gore et choquante (suicide, auto-mutilation) qui frappe juste. En perpétuelle réflexion, la fuite est quelques fois votre seule alliée. Dopant votre adrénaline et accélérant les battements de cœur d'Isaac, sans oublier les vôtres.

Rester calme et concentré pour vaincre ce colosse de chair.

La fin est proche !

Vous ne faites plus qu'un avec cet homme. Dépassé par les évènements, son souffle coupé par la course est ressenti, sa peur et sa rage sont comprises. Si l'action se déroule principalement dans des couloirs étroits ou des salles contaminées, certains passages entraînent l'ingénieur vers des attractions saugrenues, comme le basket-ball galactique ou le stand de tir. Parfois, il est nécessaire de bondir de parois en parois quand la gravité le permet, afin de dégager le passage de déchets radioactifs. Tout aussi stressant, sortir du vaisseau, la réserve d'oxygène qui défile, jamais à l'abri de la suffocation ou d'un adversaire qui hurle sous vos tirs est un exercice récurrent. Dehors, tout est sourd, les bruits sont moins équivoques et mettent en garde. L'univers est tacheté d'espoir, reste à savoir pour qui. Une aventure épique jouée dans de bonnes conditions (noir complet et casque si possible), permet de savourer pleinement les aléas de cette équipe de secours. Mais ne vous y trompez pas : Chacun à sa raison de venir toquer dans l'antre de la bête...
Les Plus
  • L'atmosphère est pesante
  • Des graphismes à la hauteur de la licence
  • L'histoire est complexe, vive l'IP 3
Les Moins
  • La vitesse d'affichage qui s'écroule de temps à autres
  • Les dégâts sont parfois mal localisés
  • Le jeu se termine en une quinzaine d'heures