La nouvelle Fable 2 Peter Molyneux

11 nov. 2008
Testé par sur
4
  • Éditeur Microsoft
  • Développeur Lionhead
  • Sortie initiale 24 octobre 2008
  • Genre Rôle

Bienvenue en Albion. Lionhead Studios vous invite à replonger le temps d'une épopée dans l'univers féérique du nouveau bébé de Peter Molyneux. Fable II a été de longs mois le terreau des plus folles attentes d'une communauté de joueurs séduits par le premier du nom. Mais il a aussi été l'objet d'encore plus folles promesses d'un géniteur dont le charisme n'a d'égal que son bagou. Albion n'attend plus que son héros, armez-vous de votre épée de bois et de votre pistolet à bouchon et préparez-vous à changer la face d'un monde manichéen haut en couleur.

Une mystèrieuse boîte à musique est à l'origine de cet attroupement.

Petit garçon deviendra grand

Vous qui avez joué à Fable, vous ne serez pas surpris de vous voir débuter l'aventure dans les guenilles d'un enfant d'une huitaine de printemps. Petite nouveauté, la gent féminine peut enfin opter pour un avatar à son image, plein de charmes et de grâce. En compagnie de votre grande sœur, vous commencez déjà à modeler l'image de votre quartier de Bowerstone, capitale d'Albion. De menues tâches à accomplir dans l'objectif de se procurer une mystérieuse boite à musique magique, voilà votre programme d'apprenti héros. Lors de ce didacticiel déguisé, vous vous imprégnez déjà de toute la dimension fantasy de cet univers coloré. Les dialogues sont vivants et de plutôt bonne facture, les habitants vaquent à leurs occupations et donnent cette étincelle de vie à l'ensemble qui procure cette sensation déjà rencontrée quatre ans plus tôt. Fable II ne fait certes pas partie de l'élite graphique des jeux sur Xbox 360 mais son cachet artistique et sa mise en scène parviennent à gommer assez naturellement les petites imperfections. L'immersion est bel et bien au rendez-vous avec une bande sonore orchestrale vraiment réussie ; la magie opère dès les premières minutes. D'ailleurs, quelque chose vous dit que ce chien qui vous suit partout risque fort de devenir dans les années à venir votre plus fidèle ami.

Bloodstone, une ville à proximité des Marégores où il ne fait pas bon vivre.

Sacré nom d'un chien !

A l'image de votre enfance, l'introduction est passée comme une lettre à la poste. Tourmenté par des faits bien sombres, vous voilà adulte et bien avisé de votre objectif. Votre motivation est une des plus puissantes : la vengeance. De ces univers fantasy naissent rarement des scénarios très élaborés, Fable II ne fait pas exception et cède à un classicisme maîtrisé pour mieux se concentrer sur son vaste univers. Accompagné de votre fidèle compagnon, ce chien errant qui ne vous a plus quitté depuis votre septième printemps, vous commencez votre exploration par le lac de Bower pour un retour vers la ville qui vous a vu grandir. Et déjà, en fonction de vos décisions d'enfant, vous constatez de l'impact d'un simple choix sur un quartier tout entier. Vous prenez alors conscience de toute l'étendue de votre influence. Passant par différents étals afin d'ajuster votre équipement, vous partez enfin dans les contrées d'Albion prêt à en découdre avec tous les belligérants qui se dresseront sur votre chemin. L'univers est vaste, donc pas question de se perdre et si le jeu ne propose pas de carte précise, un chemin lumineux (paramétrable dans les options) vous indiquera le trajet le plus court pour rejoindre la destination choisie. Pour les moins explorateurs, sachez qu'après avoir découvert un lieu, vous pouvez simuler le voyage par un temps de chargement un tantinet longuet. Plutôt du genre aventurier ? Vous pouvez donc arpenter chaque plaine, chaque sentier autant que faire se peut, épaulé par votre chien fidèle. Si vous savez l'éduquer convenablement en lui lisant des ouvrages spécialisés, il sait dénicher pour vous les trésors enfouis sous terre ou dissimulés dans la végétation. Plus qu'un simple gadget, vous nouez une vraie relation avec votre chien et les aléas de la quête principale risquent de la mettre à rude épreuve.

Sous le pont de Bowerstone se dissimule une entrée mystérieuse...

Flattez moi

Vous êtes un héros ou un tyran, vous le savez. Ne reste qu'à le faire découvrir aux habitants d'Albion. Pour cela, LionHead a concocté une roue d'expressions assez fournie pour communiquer avec le peuple. Regroupées par genre, vous pouvez à loisir interagir avec n'importe quelle personne. Pour mieux évaluer vos chances d'influencer un habitant, consultez son profil psychologique et cernez ses goûts et ses principaux traits de caractère. Ainsi, rien de plus simple que de vous faire apprécier d'un commerçant pour bénéficier de sympathiques réductions ou bien de flatter l'objet de votre désir pour arriver à vos fins. Quelles sont-elles vos fins ? Le mariage et une descendance évidemment. Car oui désormais, vous pouvez engendrer la vie, mais sachez que même si vous pouvez explorer à loisir vos tendances bigame, il vous faut du temps et de l'argent pour entretenir votre/vos famille(s). Et ceci sans compter sur l'indiscrétion d'irascibles maîtres chanteurs qui vous demanderont de rondelettes sommes d'argent en échange de leur silence sur votre infidélité. Si vous choisissez la voie vertueuse, il n'est pas rare, et ce dès le milieu de la quête principale, en fonction de votre renom acquis, de voir les trois quarts de la population avec un cœur au-dessus de la tête en signe de dévouement amoureux. Dès lors, n'espérez plus rester tranquillement chez vous car vos différentes demeures seront de véritables moulins. De même, partout où vous passez, la foule est présente et vous encercle telle une star de cinéma cernée de paparazzis.

Albion, un mode autant féérique et chatoyant...

Le roi de l'immobilier

Dans Fable II chaque propriété est à vendre et si votre bourse est à la hauteur de vos ambitions de businessman, vous pouvez devenir propriétaire de tout Albion. Bien sûr, comme beaucoup d'hommes d'affaire, vous partez de rien, et devez gagner vos premiers florins à la sueur de votre front en allant taper l'enclume du forgeron, fendre les souches du bucheron, servir des pintes de bière à la chaine dans la taverne du coin, ou bien même protéger la ville en tant que mercenaire. Les possibilités de gagner de l'or sont nombreuses et si certains jobs se font par le gameplay propre du jeu, d'autres se matérialisent par des minis-jeux plutôt bien pensés, bien qu'un poil rébarbatifs. Une fois que vous avez commencé votre conquête immobilière, l'argent glané par vos profits sur commerces ou par le loyer de vos locataires, les sommes recueillies toutes les cinq minutes dans le jeu deviennent de plus en plus conséquentes et vous permettront peut-être au bout de quelques années de vous payer le château de FairFax à pas moins de un million de pièces d'or. Sachez également que pour les plus fainéants dont les débuts seraient difficiles financièrement, vous pouvez toujours guetter les différentes soldes qui fleurissent régulièrement dans toutes les boutiques d'Albion.

...que sombre et lugubre.

Montjoie, Saint-Denis !

Que ce soit pour une quête ou pour une simple exploration, vous êtes amené régulièrement à pourfendre du troll, des hobbes, des balverines, des bandits, des morts-vivants, bref, un bestiaire plutôt honnête mais somme toute assez standard. A votre disposition, un panel d'armes de mêlée et de distance, avec, entre autres, des épées, des haches, des coutelas, des hachoirs, des arbalètes, des tromblons, sans compter sur les sorts magiques. Chaque action est gérée par un bouton ce qui rend les combats dynamiques, variés et simple d'accès. Vous pouvez à loisir occire quelques hobbes à la hache tout en tenant à distance une poignée de bandits au tromblon et entre deux, faire un barbecue de balverines avec le sort "brasier". Si le jeu souffre de quelques bugs de collisions, notamment avec le chien, cela n'entache pas les joutes qui, étonnamment, ne souffrent pas trop de la répétitivité du système. Seules de rares chutes de la vitesse d'affichage sont à noter lorsque le nombre d'ennemis explose à l'écran. Chaque ennemi terrassé libère des orbes de différentes couleurs en fonction de la manière dont il a été mis à mort, orbes bleues pour la force, orbes jaunes pour l'adresse, orbes rouges pour la volonté (magie) et orbe verte pour l'expérience générale. Ce choix de progression est assez permissif et vous propose une grande liberté d'évolution. Vous pouvez très bien miser sur la force brute en début d'aventure puis basculer vers la magie si la situation le requiert ou même améliorer de front toutes les spécificités.
Les Plus
  • Une bande sonore enchanteresse
  • Un univers féerique et vivant
  • Des combats dynamiques
  • Le système d'évolution et d'expérience
  • Le chien
  • Des dialogues convaincants
Les Moins
  • Une quête principale trop courte
  • Les bugs de collision
  • Une population trop pot de colle
  • Un scénario trop classique
  • Des chargements longuets
Résultat

Vous l'avez attendu longtemps, et finalement il est là, gravé sur cette galette de plastique prête à être engloutie par le lecteur de votre console. Fable II était attendu au tournant, un peu à l'instar de tous les hits et si à nouveau, une fois n'est pas coutume, il n'est pas le chef d'œuvre annoncé et déclamé par son géniteur, il n'en reste pas moins un excellent Action-RPG. Seuls quelques bémols comme la réalisation graphique, la platitude du scénario ou les bugs de collision viennent le gêner dans son ascension vers le panthéon des jeux. Son univers est dépeint de manière admirable, la bande sonore envoutante et la liberté offerte, bien que factice sur les environnements, offre une expérience unique aux joueurs qu'il serait dommage de rater. Si la quête principale n'offrira guère plus qu'une dizaine d'heures de jeu pour les moins rapides, les quêtes annexes et l'aspect bac à sable sont capables de vous piéger une bonne quarantaine d'heures, sans compter de la possibilité de continuer votre périple après la fin de l'histoire. Bref, tout le loisir de devenir le plus grand héros d'Albion de tous les temps.