Trolls de Troy : un jeu à la hauteur de la BD ?

24 févr. 2008
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Grosse déception que ce Trolls de Troy. La réalisation technique est archaïque et bâclée, le public visé est très mal ciblé. Certes, l'humour de la série est bien présent dans le jeu, les références culturelles sont amusantes, mais le gameplay a vraiment été laissé de côté. Vous imaginerez sûrement ce que ce jeu aurait pu donner dans les mains de développeurs plus habiles et plus respectueux de ce monument de la bande dessinée. Si vous êtes fan de la série, rien ne vous empêche de vous lancer dans l'aventure en toute connaissance de cause, mais si l'univers vous est inconnu, ce jeu n'est vraiment pas le meilleur moyen de le découvrir.

Trolls de Troy : la Cité de la Mort Rose est l'adaptation vidéoludique, éditée chez Mindscape, des bandes dessinées Trolls de Troy. Vu le succès fulgurant des aventures de ces sympathiques croqueurs d'hommes, une grosse pression repose sur les épaules des développeurs de Belle Productions. Sont-ils parvenus à faire honneur au génie du tandem Arleston-Mourier ?

Voici vos deux héros. Et un clin d'oeil à un manga.

La jeunesse à la rescousse

L'aventure est différente de celles développées dans les dix tomes que compte pour l'instant la série Trolls de Troys. Néanmoins, tous les personnages principaux, tels Teträm, Waha et Pröfy, sont présents. Vous êtes amenés à diriger tour à tour deux enfants trolls : Gnondpom, et son amie Tyneth. Il s'avère qu'un méchant humain a décidé d'envahir le village troll de Phalompe de fleurs roses maléfiques pour se débarrasser définitivement de ses encombrants ennemis. Le parfum de ces fleurs annihile tout instinct guerrier chez les trolls, en expédiant leurs esprits dans une ville virtuelle : la cité de la mort rose. Heureusement, Gnondpom et Tyneth résistent à ce poison et vont tout faire pour tenter de sauver leurs amis.

Une phase "anti-morosité" : cliquez sur toutes les hallucinations pour retrouver votre gaieté.

Un point & clic à l’ancienne ?

Il s'agit d'un jeu d'aventure. Vous cliquez pour déplacer le personnage, pour ramasser et utiliser des objets, pour actionner des mécanismes et réaliser des quêtes. Dans l'esprit, rien de plus classique et de plus simple. Seulement, voilà, la prise en main est loin d'être intuitive et agréable. Par exemple, pour se déplacer, il faut vraiment cliquer à répétition tout au long du trajet afin d'éviter d'être bloqué par un tonneau, un rocher ou un cadavre. Autre exemple : les combats qui parsèment le jeu sont pénibles et répétitifs au possible. Vous évitez l'attaque de l'ennemi en vous déplaçant, puis c'est à votre tour d'attaquer en chargeant avec le clic droit, puis en frappant avec le clic gauche au bon moment. Le combat se termine au bout de trois à six assauts de ce genre. Dernier exemple : les phases "anti-morosité", qui symbolisent le combat entre l'esprit de notre héros et la contamination rose, sont beaucoup trop fréquentes et hachent vraiment l'aventure.

Vous pouvez vous déplacer à dos de pétaure.

Une réalisation technique catas-troll-phique

Première surprise lorsque vous réglez les paramètres du jeu : la résolution forcée de 800 par 600. Cela semble impensable pour un jeu récent. Sur un écran classique à tube, ce n'est pas dramatique, mais sur un écran LCD, le rendu est assez dégradé puisque qu'il s'éloigne significativement de la résolution native du moniteur. Il est possible de lancer le jeu en mode fenêtré, mais l'affichage est dans ce cas très réduit par rapport à ce que peut offrir l'écran, surtout s'il est de grande taille. Ensuite, les personnages en trois dimensions sont très mal intégrés dans les environnement fixes en deux dimensions. Pire encore, ils sont complètement inexpressifs à cause de l'absence totale d'animation faciale. C'est très choquant lors des dialogues, qui sont par contre plutôt réussis, avec des voix bien choisies. Inutile donc de chercher la moindre synchronisation labiale : votre personnage récite son texte sans émotion, tel un ventriloque. Enfin, les bugs pullulent : disparitions de textures, retours à l'écran d'accueil, retours au bureau windows. Sur certaines configurations, un bug entraine même la fin pure et simple de l'aventure en bloquant une quête. Il semble qu'il faille attendre un hypothétique deuxième patch pour résoudre ces dysfonctionnements.

Non, ce n'est pas une berceuse.

Un humour décapant

Le seul point fort du jeu est son humour omniprésent, fidèle au style d'Arleston et de Mourier (le troll Gnondpom et la troll Tyneth !). Les clins d'œil sont très nombreux et éclectiques : Manau et sa Vallée de Dana, Le Seigneur des Anneaux, le R.E.R., La Guerre des Etoiles, le Marsupilami, les Stroumpfs, Casimir et l'Ile aux Enfants, Blanche-Neige et les sept Nains, les M&M's, etc. Rien ni personne n'est épargné ! Par contre, il y a un réel décalage entre le public visé par le jeu, plutôt jeune et peu regardant sur la qualité et sur la jouabilité, et la maturité nécessaire pour profiter de ces clins d'œil et des aspects un peu "adultes" du jeu, comme les giclées de sang, les chansons barbares, voire les noms de certains personnages (le "vieux qui pue de la gueule", par exemple).
Les Plus
  • L'humour fidèle à la série
  • Les dialogues et le choix des voix
Les Moins
  • La réalisation technique
  • Les nombreux bugs
  • Le gameplay poussif